Souvenirs d’Autos (229) : Une GS break spéciale, très spéciale

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Cette histoire, que dis-je, cette épopée, ce moment de vie réelle, ce suspens torride m’a été envoyé par Pierre Boivin qui a la grande qualité de vivre dans le passé (car « c’était mieux avant », bien sûr !)

Nous sommes par une fraîche après-midi automnale, sur la LINO dijonnaise (rien à voir avec le revêtement de sol que l’on adore, il s’agit du périphérique), en voiture, mon cher et tendre et moi-même.

Tous deux ultra-passionnés par l’automobile et tout spécialement les Citroën, nous avons le chic pour repérer des vieilles chevronnées qui passent dans notre spectre visuel.

Tout à coup, alors que nous remontons Dijon par les extérieurs à vive allure, que voit-on en contrebas au loin ? Une GS break noire. J’entends mon ami s’exclamer alors :

  • Oh tu as vu ça ? Je veux aller la voir ! Il faut qu’on la trouve ! Viens, on prend la prochaine sortie !

Soit, allons-y gaiement ! Je ne suis pas le bon candidat pour refreiner les envies de voiture…

Être un couple de passionnés a ses avantages, et aussi ses inconvénients.

Cela dit, après quelques pérégrinations, nous trouvons le camp de gens du voyage, plutôt axé ferraillage, avec quelques autos à vendre, dont la GS.

Je passe les détails, mais après de longues discussions et négociations, ainsi qu’une nuit de sommeil pour y voir plus clair, on décide d’acheter l’engin et d’aller le récupérer.

Quelques centaines d’euros et un remorquage plus tard, la voilà à la maison, cette bien curieuse GSpécial break noire inexistante au catalogue, le noir n’avait pu être disponible que sur commande spéciale !!

N’en sachant pas davantage, on reçoit un SMS de notre ami le ferrailleur de Dijon, qui nous donne les coordonnées de la dame chez qui l’auto a été repêchée initialement, afin de pouvoir récupérer les papiers et un bout d’historique.

C’est là que l’histoire devient croustillante, puisque mieux qu’un historique papier, la dame nous a raconté toute l’histoire de la voiture.

Cette dame, n’est autre que la fille d’un ancien employé de l’ambassade des États-Unis à Paris. Mort quasi-centenaire, le monsieur était employé là-bas dans les années 70, et la GS lui avait été commandée (en noir, naturellement) par l’ambassade, comme véhicule de fonction.

Lorsqu’il a pris sa retraite, il a racheté la GS à l’ambassade, a déménagé à Dijon, et roulait très occasionnellement avec.

Un beau jour de 1991, sa fille et son beau-fils rentrent des États-Unis pour le voir.

Le beau-fils demande à beau-Papa s’il peut emprunter la GS pour aller faire deux courses à Dijon. Sauf qu’en chemin, il cartonne l’auto !

Le patriarche prononça alors cette phrase définitive :

  • Faites-moi réparer ce pare-chocs, et qu’on ne touche plus à ma GS !

En nous racontant cette histoire, la fille de ce monsieur nous dit avec un sourire nostalgique et son accent américain savoureux :

  • Oh, ce fut vraiment pour ainsi dire, l’incident diplomatique, haha !

Toujours est-il que depuis 1991 et jusqu’à la mort de l’ambassadeur, la GS n’a plus roulé. Mais elle a été stockée amoureusement en garage, sous bâche, ce qui explique son état de préservation remarquable, et son kilométrage gargantuesque de 23.000 km !

Après recherches, nous apprendrons également qu’à part cette GS, la seule phase 1 noire connue au bataillon n’est autre que la berline de Tante Yvonne, l’illustre femme du Général de Gaulle, si cher à POA.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos….  On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

14 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (229) : Une GS break spéciale, très spéciale »

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  1. Damien

    Bravo Pierre et J. Très beau récit …et vraiment très chouette auto … . Bonne continuation dans le plaisir des autos^^ la bise à vous deux … Damien

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  2. chapman

    Mon frère a eu une GSpéciale break. J’aimais beaucoup la conduire même si je n’étais pas fan de la position de conduite. C’était une auto très douce et curieusement assez performante en regard de son moteur peu fourni en chevaux vapeur.
    Tellement Citroën avec son tableau de bord si particulier, son frein à main au tableau, sa radio entre les sièges, son clignotant qui ne revenait pas…
    Et son chauffage génial, en deux temps trois mouvements l’air chaud arrivait, magie du refroidissement par air. Par contre elle aimait bien l’essence la gourmande.
    Effectivement, on ne la voyait pas en noir. Celle de mon grand frère était bleu roi.

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    1. Damien Bournier

      Bravo et Merci Pierre !, très chouette récit pour une très chouette GS … bises à toi et à J.

  3. Pascal DeVillers

    Bonjour,

    Je confirme, GS spécial en noir ce n’était pas au catalogue , mon père en a eu deux , une bleue et une blanche .
    Par contre, je crois savoir que c’est le cauchemard des garagistes pour mettre les mains dedans , il y a peu de place .
    Sinon très bonne voiture qui a tendance à apprécier la rouille !!!
    Mon père lui, l’avait achetée après avoir eu deux DS dont une break, famille nombreuse oblige .
    En tout cas, ça c’est de l’anecdote , au départ j’ai cru que vous alliez nous annoncer que c’était une commande spéciale pour une maison de pompes funèbres …
    Pascal

    Merci Pierre

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    1. Francois

      Bonjour,
      Effectivement le noir n’était pas dans la palette des GS, pourtant il était possible de l’obtenir moyennant quelques centaines de francs supplémentaires et un concessionnaire ou une succursale ayant du poids dans les ventes. Et c’est ainsi qu’en 1975 j’ai pris livraison d’une GS X2 NOIRE ! (couleur sable d’origine mais intégralement repeinte chez Citroen avant livraison ) car les couleurs proposées alors étaient hideuses. Avec ce noir elle avait une classe unique et même l’intérieur était noir. Pas gai mais a l’époque ça faisait sérieux surtout avec les compteurs ronds sur fond allu.
      Finalement très bonne voiture, beaucoup plus fiable que ce qui était dit, entretien facile, pas de problème de rouille ( normal avec 2 couches…) j’ai parcouru 140 000 km sans aucun incident malgré une évolution moteur pour avoir des performances en accord avec les qualités routières de l’auto, Elle fut une bonne compagne de voyage ne passant jamais inaperçue avec sa couleur unique, mais c’était le but.

  4. Thierry

    Ma petite histoire à moi . . .

    En 1976, passionné par les bagnoles et surtout les GS, la faute à un certain Costa qui écrivait dans l’Auto-Journal, je tapais régulièrement des pieds, pour que mon père, propriétaire d’une Peugeot 204, la change pour une GS (qui au fil des millésimes était devenue GSpécial).
    Chose fut faites, avec l’arrivée tant attendue à la maison d’une magnifique GSpécial beige, aux plaques réalisées par pochoirs, 676-JC-03 (je m’en souviens encore).
    Première sortie, première fierté de mon père, il me conduit au lycée le lendemain même, et cale en plein carrefour, à 800 mètres de la maison ! Rrrr Rrrrr Rrrrr ! ! ! Bouchon derrière !
    Pas facile en ces temps de saisir le comportement des autos et de leurs starters manuels ! Choses oubliées de nos jours . . . Trop tu noies le moteur, pas assez tu cales tout le temps !
    C’est alors qu’un type nous dépasse dans un concert de klaxons, et gueule par la fenêtre « TU L’AS VOULU TA GS ET BIEN ASSUME MAINTENANT ET FAIS PAS CHIER ! ! ! ! »
    Je suis descendu en silence devant le lycée et mon père traumatisé n’aimera jamais cette auto vite remplacée par une Golf 1

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    1. Nabuchodonosor

      J’adore…
      Et puis, ce langage fleuri de bienvenue… Tellement France éteeerneelle…
      😉

  5. Nabuchodonosor

    Merveilleux SDA qui ne nous dira toutefois jamais si les gars de La Janais ont finis le pot de peinture noire de Tante Yvonne pour terminer la GS US ou le contraire.
    Mais chuuut, les écoutes planquées dans le ciel de pavillon pourraient encore être en service.

    On sait que Tante Yvonne avait pour habitude de transporter des volatiles dans le coffre de ses autos, aux origines du groupe de sécurité de la présidence sans doute. L’auto portant la couleur noire de son veuvage et ce faisant l’allure altière de l’officialité. Mais que pouvait-on bien transporter dans une GS break noire à l’ambassade US pour que des années après sa mise à la retraite elle demeure toujours prête à accomplir ses missions quel que soit l’âge du Capitaine ?
    Loin de l’idée des petits fours aux diners de l’Ambassadeur sur hauteur d’assiette variable, je pencherai pour l’exfiltration à tombeau ouvert d’agents de la CIA sous cénotaphe et sous couvert de valise diplomatique.

    Vous avez à n’en pas douter, mon cher Pierre, déniché la perle rare, celle qui recèle en ses entrailles encore moult secrets qu’il vous, qu’il nous reste à découvrir avec délectation. Merci pour votre SDA et mes hommages bagnolardesques à votre cher et tendre.
    😉
    Mes respects, mon commandant.

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  6. Pierre_

    Un vieil américain à Paris, ambassadeur qui plus est, et roulant en GS Break !
    Un Souvenir cocasse. Votre curiosité est récompensée, voila une auto unique.
    Merci Pierre pour ce récit original.

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