Souvenirs d’Autos (170) : Mes meilleurs copains et nos mobylettes

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Un Souvenir envoyé par Pierre. Souvenir qui me touche beaucoup… car il ma rappelle ma propre adolescence…

Cette chronique est dédiée à mes copains. Une bande bruyante, drôle, unique et géniale. Ce sont toujours mes amis. En 1976, nous avions 15-16 ans, et nous avions tous l’idée programmée, de s’acheter une Mobylette.

Quelques semaines travaillées pendant 2 étés, je m’achetais une 103 Peugeot, 1300 francs, je me souviens.

Livret d’épargne vidé, nous étions bientôt les fiers et heureux propriétaires d’une belle Mob.

Nos ainés, je me souviens, nous toisaient, crâneurs sur leur 102 Peugeot et Mobylette bleue.

Ah les ruraux ! Nous apportions nous, une touche résolument moderne, décalée ! Allons donc !

Nos mob étaient rouges et oranges, jaune pour le Cady de Catherine.

Fini les cigarettes Gitanes ou Gauloises. L’époque était aux Camel ou Marlboro.

Port ostentatoire, le paquet de clopes dépassait de la poche gauche de notre veste en Jean

Nous portions des Stan Smith (Les vraies Stan Smith). Un mélange Rock et Cool attitude.

Le blouson skaï à col fourrure résista un temps toutefois. Nous avions aussi changé de bar, Chez Gisèle nous ouvrait ses portes, devenant notre camp de base.

Philippe, en seconde à Lyon, avait les cheveux en brosse, portait épingles à nourrice et graffitis _no futur_ sur son treillis.

Clash et Sex Pistols étaient ses références. Autant dire un martien dans ce coin. Ce qui nous avait valu un beau début de bagarre dans un bal perdu.  Grand moment ce soir là. Poursuivis par les solides gaillards du hameau…

On s’est enfuis, tous entassés dans la Méhari blanche et bondissante de Hubert. Quelle déroute.

Laissant la-bas nos mobylettes (Kway sous la selle) planquées loin du lieu furieux.

Nos casques ? Nous ne les portions pas souvent, trop ringards.

En 1978, Max et Minus (Serge), nos héros inséparables, pilotaient des Honda CB 750 Four.

Quatre Pattes, vieil or métallisé, guidons bracelet et freins à tambour. Merveilleuses Machines.

Ils racontaient leurs virées poignée en coin. Ligne d’échappement râpée. Les chromes étaient bleus, morts.

Brise-fers, leurs aventures nous passionnaient. Nous reprenions leur parler et leurs expressions.

Les bécanes souffraient. Des pilotes passionnés toujours à ferrailler avec le bitume.

Bientôt, le look et la frime sympathique de notre bande avaient vécu. Nous étions laminés, balayés pour la nouvelle vague.

Tito (Jean-Christophe)et sa bande avaient mis la barre haute, très haute.

Ils roulaient en Yamaha 500XT. Le progrès faisait rage, époque moderne. La classe !

Le Dakar avait fait des émules, pas moins de 5 machines tournaient dans le village.

Je me rappelle encore le bruit des monocylindres. Inoubliable.

Bécanes devant le bar, Ton Equipe était Belle Tito.

La vision de ces années m’apparait très nette encore aujourd’hui.

J’ai traversé une époque riche et vraiment heureuse.

Merveilleux Souvenirs de Mobylettes et Motos gravés dans ma mémoire et rassemblés là sur cette photo de groupe

À Tito et Minus, nos frères d’armes partis trop tôt.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (170) : Mes meilleurs copains et nos mobylettes »

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Gaspard

    J’ai eu les mêmes ! Même âge, même 102 (puis 104, la frime, tout en rêvant des Malaguti du voisin), puis, vers 25 ans, « monté » à Paris, premier boulot, je me suis offert une Yamaha XT 500, géniale sur le périphérique, et sur les routes corses. On a eu de la chance. Merci pour ce petit coup de nostalgie joyeuse.

    Répondre
  2. Docteur_Oliv

    Le plus sympa de cette rubrique : Les photos « hors d’age » mais garanties 100% d’époque !
    PS : Pour le Titre je vois 8 PEUGEOT pour 1 Motobécane ! Pour celui qui n’a pas eu de « Mob », ça n’est pas qu’un détail !!
    PPS : Sur une 4 Pat il y a 1 ou 2 disques à l’AV et 1 tambour à l’AR seulement

    Répondre
  3. Pierre_

    Merci de vos commentaires.
    Bienvenu au cercle des Quinquas Observateurs et Amis Attachants.
    Pierre_
    Correction: .. de NOUS acheter une mob.
    .. LE Peugeot 103.

    Répondre
  4. JOSEL

    J’ai jamais eu de mob, mes parents voulaient pas. Trop peur que je me rappe la joue sur une plaque d’égout.
    Donc piéton ou usager des transports, c’est pas mal aussi.
    Mais par contre le pietonnisme a son avantage quand on est dans une bande de copains brailleur et fou du guidon, ils me prêtaient leurs pétoires, j’ai donc essayé pas mal de tréteaux et sans me gaufrer en plus!
    De très bon souvenir communs, merci de nous les avoir rappelés!

    Répondre
  5. Chapman

    C’est drôle, c’est comme si j’avais fait partie de cette bande. Quelle belle insouciance que cet âge et que cette époque. Et le 103 quelle bécane !! Moi qui circulais en ville, j’avais légèrement tourné le petit bec du pot d’échappement pour pouvoir l’atteindre avec le talon de mon pied droit pour, en appuyant, « rétrograder » le variateur et reprendre la pêche. La technique s’était répandue comme une traînée de poudre parmi les copains possesseurs de Peugeot à variateur (n’oublions pas l’affreux 104 et son très chic démarreur électrique).

    Répondre
    1. Chapman

      Euh le démarreur électrique c’était peut être le 105 arrivé beaucoup plus tard. Les époques se télescopent un peu mais c’est vrai qu’il était moche ce 104. Pas un jeune de notre âge n’acceptait d’en avoir un. Seul le 103 trouvait grâce à nos yeux !

  6. Georges Piat

    Quel beau texte, on s’aperçoit en le lisant qu’on est tous frangins les amis et cela fait chaud au coeur.
    Mille mercis…

    Répondre
  7. Thierry

    Orange qu’elle était la mienne …
    Orange la M50 gagnée à un concours par une vieille dame, et du coup …. aussitôt remise en vente chez le concessionnaire Motobécane du coin.
    Orange et 1000 francs tout juste, avec ses suspensions avant et arriere.
    Orange et ma fierté de l’acheter … pas longtemps car :
    Oh rage …. elle n’avait pas le vrai variateur pour monter les côtes, et j’avais la seule Mob du coin, belle, neuve, Orange et inefficace !

    Un truc de concours …. non commercialisé d’habitude ! Du coup par vengeance, après avoir bossé quelques mois, je me suis offert sa cousine, avec jantes alu. et vrai vario pour monter les côtes ! Deux mois plus tard je devenais bagnolard avec une Polo …. il en était fini des Mobylettes !

    Répondre
  8. Gérald

    Très bel hommage !
    Par contre chez nous nous disions tous un 103 ! c’était « The » cyclo ! MVL version route et SP pseudo trail !
    Mais près de l’Italie nous étions beaucoup en Piaggio Ciao, (on prononçait tchao, ou tchow ) mes premières et dernières armes en mécanique, on démontait tout et on remontait tout de travers, mais avec le look ; garde-boue coupé et chromé, kit polini, serpentin… et ngk pour l’allumage ! On le gardait dans la poche pour pas se le faire voler, on rigolait bien.
    D’ailleurs à ce sujet je me rappelle que nous démontions les caches chromés de abris JCDecaux pour les placer en bas du réservoir du 103, pour cacher le cadre, c’était pile-poil la dimension, peut-être un mystère résolu pour les gars de la maintenance…

    Répondre
  9. Michael

    Merci pour cet épisode dont je me souviens aussi très bien.
    Sauf que dans ma petite bourgade de province, j’étais une espèce de dissident avec Honda Camino vert pomme !! Pour ceux qui s’en souviennent, le Camino était un engin à variateur avec pot d’échappement super silencieux à l’époque où tous mes copains cherchaient à se faire remarquer en « libérant » l’échappement de leur « tonnerre de feu » pour faire rougir les fille…
    Lutte philosophique plus que physique (heureusement je n’étais pas de taille) et au final beaux souvenirs de compétition le samedi sur le stade de foot…
    Arghhh mais c’était au siècle dernier, au secours !!!

    Répondre