Souvenirs d’Autos (147) : La Cadillac No Limit !

Par le Commandant Chatel. Début des années 90, je travaille dans le Groupe AB qui produit notamment Hélène et les Garçons, le Club Dorothée. Ce sont des années un peu folles et j’assiste de loin à la « guéguerre » que se livrent A et B, les associés.

1280px-98-04_Cadillac_Seville

Mon ami et associé, Guillaume, les présente très bien en synthétisant : «  Azoulay, c’est A comme Artiste et Berda, c’est B comme Business ».

Très sincèrement, ils s’entendent très bien et ils sont arrivés à bâtir un gigantesque groupe audiovisuel indépendant. Chapeau !

Ce qui est rigolo, c’est que Jean-Luc Azoulay aime les jolies choses, les gadgets, les nouveaux ordinateurs et les voitures américaines. Et bien sûr, il dispose d’une carte American Express de société, histoire de pouvoir faire des petits achats le week-end. La semaine, il travaille beaucoup et il reste enfermé dans son bureau de la Plaine Saint-Denis.

Le petit jeu des financiers et comptables de la boite, c’est de regarder le lundi matin combien Azoulay a dépensé pendant son week-end…

Un jour où je passe par là, je sens que le vernis craque car la carte a visiblement explosé ! J’entends :

  • Tu te rends compte !
  • Ce n’est pas possible !
  • Elle est plafonnée à combien sa carte ?
  • Elle n’est pas plafonnée ! Elle est « No limit » ! (je ne savais pas que c’était possible…)

Glurp. En ce lundi matin, l’équipe venait de découvrir, que Jean-Luc Azoulay était passé chez Jean-Charles, l’importateur d’autos américaines qui se trouvait porte de Saint-Cloud à Paris et s’était acheté la dernière Cadillac Seville pour la coquette somme de 450 000 Francs.

D’ailleurs, elle trônait sur le parking et elle était fort belle !

La fin de la conversation était encore plus comique que le début, puisqu’il fallait bien que quelqu’un se dévoue pour aller annoncer la bonne nouvelle à Claude Berda…

  • Bon, tu le connais bien, vas-y, toi !
  • Hum… il me semble que ce serait plutôt à toi…
  • Je ne crois pas…
  • Ben toi, là, tu es le plus jeune, tu es le dernier arrivé, c’est à toi de le faire…
  • Vous êtes sûr ?
  • Tout à fait !!

C’est ainsi que j’ai vu partir à l’échafaud, un malheureux qui s’est fait hurler dessus par un B furieux contre un A… MAIS, un B qui n’osait pas aller dire les choses directement à son associé…

À méditer.

9293_P_PROD_3

Cette rubrique est la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps. Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

8 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (147) : La Cadillac No Limit ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Piat Georges

    D’ailleurs ça marche toujours pour J.L. Azoulay avec « Les mystères de l’amour » et Camping Paradis ».
    Jean-Charles Automobiles importait la fameuse Pacer, sorte d’aquarium sur 4 roues, avec la portière droite plus longue que la gauche pour faciliter l’accès. Genial ! Il importait aussi la Matador en berline et break, sorte d’américaine à la sauce européenne, une belle auto… Le célèbre dessinateur Aslan dessinait les pubs pour Jean-Charles mais c’est loin tout ça… 1974 je crois me souvenir…

    Répondre
    1. Chapman

      Belles courbes chez Aslan il me semble me souvenir. Il ne dessinait pas que des américaine…… Enfin je n’ai jamais demandé la nationale de se modèles 😉

    2. Nabuchodonosor

      Vous me tendez la perche les gars. Les œuvres d’Aslan avaient l’étrange particularité de me filer le gourdon…
      Mais on s’éloigne un peu du sujet, non ?
      🙂

  2. Mustang98

    Ben l’est pas « No Limit » dans le style cette Cad’ !!!
    Pourquoi, la voyant, j’ai l’impression de regarder une Toyota Crown des années 80 ?!!!
    Avec le recul de l’histoire, on pourrait presque dire que cette Séville en refermant les années Reagan, entamait la fin du début de la Mondialisation heureuse, funeste prélude à l’effondrement de l’industrie automobile US…
    So…. quoi de mieux qu’un bout de plastique pour en acheter 2 tonnes ?

    Répondre