Souvenirs d’Autos (144) : Coup de Bol avec une Golf

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Voici un souvenir d’Autos envoyé par le Premier Ministre de POA, Monsieur Cédric Fréour.

Golf GTI

 

C’est un samedi matin de juin comme on les aime, surtout à 11 ans : il fait beau, déjà chaud et avec ce lundi de pentecôte qui conclut le week-end, ce ne sont pas deux mais trois jours sans collège qui s’annoncent ; bref des vacances avant les vacances.

D’autant que l’Île aux Moines nous attend. Avec ma sœur de 7 ans, nous ne connaissons que « le continent », on a l’impression de quitter la France ; première fois sur une île ! L’imagination galope. On se voit sur un immense paquebot. On rêve de palmiers. Peut-être même de chasse au trésor…  On n’a pas osé nous dire que la traversée – en bac !- ne durait que 5 minutes et que le Morbihan était à deux pas ; nous vivons à Nantes…

En revanche, impatient comme nous et afin de ne pas perdre de temps au réveil à descendre au garage, mon père a garé la voiture dans la rue pour la nuit. Ma mère en a même rempli le coffre ; maillots, provisions… À part les valises, rien ne manque : « il n’y aura plus qu’à filer après le petit déjeuner ! » Tout le monde applaudit, d’autant que ma mère prendra le volant ; des deux c’est celle qui conduit le moins, mais pas le moins vite : souvenir de Nantes–Bordeaux effectués en moins de 3 h alors que l’autoroute ne débutait qu’à Niort… On sera avant midi à l’Ile aux Moines !

9h du matin. Armés de quelques valises mon père et moi descendons. On passe le palier, nous voilà sur le trottoir et… Merde. « Où est la Golf ?! »

Précision importante : la voiture soudainement introuvable était en effet une Golf. Et pas n’importe laquelle. Une GTI ! Celle dont « les lettres brillent trop sur la calandre » ; dixit mon père qui aimait beaucoup la VW mais en détestait le manque de discrétion. Il avait raison. Au commissariat, on lui lancera ce qu’on savait tous : « Les GTI cela se volent comme des petits pains. Vous n’avez pas de garage ? ». Ambiance.

Mais le week-end n’est heureusement pas foutu. Mon oncle, sympa comme tout, nous prête illico sa Mazda 323. Elle roule évidemment moins vite mais elle est toute aussi accueillante et plus silencieuse. On s’en rend compte au retour du Morbihan, lorsque l’on décide de quitter la « quatre voies » surchargée comme tout, pour lui préférer les petites routes.

Une habitude paternelle pour s’épargner le stress des bouchons. On bifurque. On flâne. On se remémore ces trois jours. On se projette aussi silencieusement, hélas, dans le lendemain ; une interro de Math en ce qui me concerne qui me foutait déjà la pétoche…  Quand, au détour d’un village, ma mère et moi, bercés par le paysage, sortons tout le monde de ces rêveries en criant : « La Golf ! C’est la Golf ! Là ! Papa arrête-toi ! C’est la Golf. Fais demi-tour. » Mon père hésite : « C’est impossible. Vous rigolez ?! ».

On insiste car, sur le bord de la route, à quelques mètres de ce qui ressemble à un garage automobile, est bel et bien garée une Golf tellement identique à la nôtre que nos maillots de bains sont éparpillés sur la plage arrière… Seule la plaque est différente : un « WW » est collé dessus.

Il faut en avoir le cœur net. Mon père sort son trousseau de clé. Mais à quelques pas cela n’est déjà plus nécessaire : il reconnaît ses cartes routières…  D’ailleurs la voiture est ouverte. Le Neman est brisé. « Vous avez raison, c’est la Golf ! » nous dit-il en remontant dans la Mazda. Une chance sur combien de tomber sur notre voiture ? Personne n’a jamais fait le calcul. Cela vient simplement d’arriver. Incroyable.

Prévenus immédiatement les gendarmes aussi ont du mal à y croire. Mais l’évidence est là. Et ils nous autorisent à en reprendre le volant… Sur le champ. On sent même une sorte d’empressement. Embarras palpable. Pourquoi ne pas attendre le retour du ou des voleurs ? Les prendre la main dans le sac ?

À cet instant les questions n’ont pas de réponses claires. Nous apprendrons plus tard, par une connaissance à la PJ, que le garage devant lequel la Golf a été retrouvée était un « indic’ ». J’apprends un nouveau mot !

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

 

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (144) : Coup de Bol avec une Golf »

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  1. guy

    cette jolie histoire qui se termine bien me rappelle des souvenirs ; ma GTI s’est fait délester de son auto-radio mais la voiture est restée sur place, puis uin peu plus tard, j’ai retrouvé le barrillet de serrure dans le caniveau mais la voiture n’avait pas bougé.

    les GOLF GTI portaient chance !

    il y a cependant un truc rigolo ; le directeur de la concession VW de la Roche sur yon s’appelle…. FREOUR, Pascal FREOUR pour être plus précis. simple homonymie sans doute !

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  2. Nabuchodonosor

    Votre histoire Monsieur le Premier Ministre (je mets des majuscules partout, on ne sait jamais…), me renvoie à mon tendre passé, non à une histoire de friponnerie mais à une histoire de gendarmes, l’expression que vous employez « les gendarmes aussi ont du mal à y croire », ayant fait tilt dans mon esprit, me rappelant une histoire tout aussi à peine croyable.

    Le dimanche, tout est permis.
    Nous sommes dans les années 80, à l’époque florissante du Mesta 206, dit « le barbecue » pour les intimes, le permis à point n’existe, dieu merci, pas encore. Cela fait 35 ans à la louche, il doit bien y avoir prescription, donc je raconte :

    Par un dimanche après-midi des plus agréables comme peuvent l’être les dimanches après-midi à la fin de l’été, nous sommes en balade à deux motos, notre père assis sur la selle à l’arrière de sa moto que pilote mon frère et tous trois nous précèdent, ma bécane et moi… A cet instant de la narration, je dois vous confesser que mon petit frère n’avait pas encore obtenu son permis moto et que c’est pour l’initier que notre père s’est retrouvé momentanément sur la selle, à l’arrière… Vous verrez, cela aura son importance plus loin… Sur la voie rapide, en sortant des petites routes de campagne, voilà mon frère qui décide d’ouvrir en grand, de mettre la poignée dans le coin comme on dit dans notre jargon de motards et je vois mon père s’agripper de toutes ses forces autour de sa taille… Bon. Stoïque, je ne bronche pas et continue de rouler sur un filet de gaz. Il me reste également à vous préciser qu’à la halte précédente j’avais consulté ma jauge à carburant et constaté qu’il ne me restait plus beaucoup de jus. Enfin, quand je dis consulté ma jauge, pour être précis, je n’avais en fait que dévissé le bouchon du réservoir et secoué la moto de droite à gauche avec les cuisses pour estimer au pifomètre, tant à l’œil qu’au clapotis du précieux liquide, ce qu’il me restait d’autonomie… Voilà c’était comme ça que l’on faisait à l’époque et voilà pourquoi j’avais décidé de ne pas ouvrir les gaz… Quelques bonnes minutes plus tard, toujours sur la voie rapide, je distingue au loin un binôme de motards de la gendarmerie nationale en planque sur le bord de la route, puis, à mesure que je m’en rapproche, un « barbecue » sur son trépied reconnaissable, disposé devant une fourgonnette bleue. Par réflexe, je jette un œil sur le compteur et pense immédiatement à mon frangin qui, me dis-je, se sera certainement jeté sur les freins pour échapper aux affres de la maréchaussée… Aïe ! Arrivé à leur hauteur, par un second réflexe aussi naturel que le premier, je décélère doucement, essaie de conserver le poignet droit aussi immobile que possible, tente un rictus sous mon casque, garde la tête droite et serre les fesses… Je sais ce n’est pas très héroïque… C’est à ce moment-là que dans le coin de l’œil je vois mon père à pieds en grande gestuelle avec les militaires… Aïe, aïe !! Que se passe-t-il ? Tant pis, je file… Pris du remord de celui qui n’est pas tout à fait net, je m’arrête un peu plus loin, les guiboles en guimauve, respire deux ou trois grosses gorgées d’air et m’en retourne pour me mettre au clair de la situation, car dans la trop courte scène qui me revient en tête, je ne garde pas trace de mon frangin ni de la moto de mon père. Il y a quelque-chose qui cloche…
    Roulant doucement, sur un faux rythme, j’arrive de nouveau à la hauteur du « barbecue », mais de l’autre côté de la voie rapide cette fois-ci et, je scrute la scène. Soudain, en face déboule un motard à vive allure, le menton couché sur le guidon, semblant mettre tout ce que la moto a dans le ventre… La vache… Lorsqu’il me croise dans un hurlement de moteur, je reconnais immédiatement mon frère sur la moto de mon père… Aïe, aïe, aïe, on est foutu !!!

    Le dénouement sera heureux. L’un de militaires était une bonne connaissance locale qui venait régulièrement à la maison prendre le café, enfin je dis café comme je pourrais dire autre chose, il y a très probablement prescription depuis, mais on n’est jamais trop prudent… Bref, mes équipiers s’étaient bien fait arrêter en amont mais mon père avait eu la curiosité de demander à notre sympathique gradé comment marchait donc ce bidule, « le barbecue »…
    🙂
    Nabudepointnenuitpoint

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  3. 2rak

    Ha, l’évaporation des golf GTi mk1 en zone urbaine …que de souvenirs: sortir un matin avec son autoradio à la main (vous savez, celui avec la poignée) et regarder fixement l’endroit où était sa voiture … (retrouvée 2km plus loin avec en prime, un gendarme qui me montre comment démarrer et rouler avec les fils qui pendent en dehors du contact (parce que c’est une injection, il y a un truc en plus)). Plus tard, c’est en sortant de soirée et retrouvée avec le toujours sympathique coup de l’extincteur. Depuis,Je ne regarde plus jamais ce modèle en ne jetant pas un coup d’oeill furtif en dessous de la poignée de porte …

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