Nissan Navara Pick-Up NP300 : la tradition a du bon !

Par Patrice Vergès. Avez-vous déjà conduit une voiture d’il y a 30 ou 40 ans dont l’essieu rigide dodeline au gré des bosses et secoue ses passagers sur revêtements cabossés ? Hier, c’est aujourd’hui, en Nissan Navara pick-up !

Avec 5,33 m de long et 1,82m de haut, la version double cabine impose le respect

Avec 5,33 m de long et 1,82m de haut, la version double cabine impose le respect

On peut connaître en 2016 ces joies d’hier en conduisant un pick-up dont le train roulant est quasi-identique à celui de nos grands-mères sur 4 roues. Rappelons que ces véhicules destinés à porter de lourdes charges et se mouvoir en tout-terrain font appel à une architecture rappelant davantage celle d’un poids lourd que celle d’une voiture de tourisme. Comme ses condisciples, le récent Navara NP 300 fait appel à un robuste châssis en échelle et un solide essieu arrière tout ce qu’il y a de rigide pour mieux supporter la charge. Ne nous plaignons pas trop puisqu’en version double cabine essayée, ce Nissan se distingue par une suspension arrière rigide spécifique à 5 bras à ressorts hélicoïdaux moins cruelle pour les reins que les lames de la version simple cabine plutôt destinée à un usage professionnel. Mais, ça secoue encore !

Un engin polyvalent grâce à sa double cabine et sa benne de camion

Un engin polyvalent grâce à sa double cabine et sa benne de camion

Exempté de Malus

Avec des ventes en progression (14 000 en 2015), la catégorie des pick-up intéresse de plus en plus d’acheteurs autant pour leurs loisirs que pour leurs besoins professionnels. Qu’ils soient exemptés de malus écologique, contrairement aux 4X4, n’est certainement pas étranger à cette embellie des ventes.

Si ce gros bestiau de 5,33 m et plus de 2 tonnes est traumatisant pour se garer en ville où il dépasse de partout, il apparaît plus à son aise sur route grâce à la puissance de son nouveau moteur diesel signé Renault, un 2,3 l double turbo plus économique que l’ancien.

Dans cette version, il annonce la jolie puissance de 190 chevaux (il y a aussi un 160 ch) qui permet des relances costaudes malgré son poids. Néanmoins, il se révèle plus économique que le précédent V6 puisqu’il n’avale qu’une moyenne de 8 litres aux 100 de gazole ce qui n’est pas exagéré au vu de son gabarit.

Le nouveau moteur diesel d'origine Renault délivre 160 à 190 chevaux selon les versions

Le nouveau moteur diesel d’origine Renault délivre 160 à 190 chevaux selon les versions

En fait, volume et dodelinement de l’essieu arrière assimilés, le Navara est plutôt plaisant et assez facile à conduire surtout s’il est équipé en option (2100 euros) de la boîte automatique à 7 rapports dont le seul vice est de « glisser » beaucoup. Elle enlève du tonus à la mécanique et rajoute un gros bon litre supplémentaires de gazole aux 100 km. Mais sa conduite plus fluide apporte un voile de la douceur à cette brute épaisse.

Idéal pour tracter

Le Navara se meut seulement en deux roues motrices, mais si le revêtement devient glissant, si le profil du chemin devient ardu, si on a besoin de davantage de traction pour tirer un bateau (jusqu’à 3500 kilos !), il suffit d’enclencher manuellement les 4 roues motrices. Grâce à sa garde au sol surélevée à 22 cm, le NP 300 peut avaler n’importe quelle ornière les doigts dans le nez ! Dommage que les 4 roues motrices ne s’enclenchent pas automatiquement en fonction de la détection d’une perte d’adhérence.

En double cabine, le Navara offre l'habilité d'une petite berline (cuir optionnel)

En double cabine, le Navara offre l’habilité d’une petite berline (cuir optionnel)

La planche de bord et l'équipement sont dignes de ceux d'une berline

La planche de bord et l’équipement sont dignes de ceux d’une berline

Même en version double cabine, la benne mesure quand même 1,58 m de long ce qui permet de charger de longs objets (jusqu’à 1052 kilos). De nombreux accessoires permettent de mieux les protéger (couvre bagages souple ou dur voire jusqu’au hardtop qui le transforme en véritable break). Les budgéter lors de l’achat, car on ne peut plus rien laisser dans sa benne vu les temps qui courent

Esthétiquement, l’engin est sacrément frimeur et par son volume, il appelle le respect surtout en version double cabine et finition Tekna posée sur ses imposantes jantes de 18 pouces chromées. Ce n’est pas parce qu’on travaille avec, qu’on doit se priver de luxe avec un GPS, de feux à leds, de sièges chauffants, radar de recul, climatisation, etc.

Dans son créneau, le Navara se heurte à de nombreux rivaux nommés Ford, Mitsubishi, Toyota, VW et le Renault Alaskan qui en est dérivé. Mais il ne manque pas d’arguments notamment avec sa garantie de 5 ans et 160 000 km et un look qui détournera les yeux. La gamme débute à 29 960 euros pour la version 160 chevaux simple cabine (King Cab) jusqu’à 41 210 euros pour le double cabine 190 ch double turbo. Mais à ce prix, on a deux voitures en une !

Nissan propose une large gamme d'accessoires pour mieux transporter les objets dans la benne

Nissan propose une large gamme d’accessoires pour mieux transporter les objets dans la benne

La version simple cabine offre deux petites places de secours

La version simple cabine offre deux petites places de secours

L’avis des Petits Observateurs !

3 commentaires au sujet de « Nissan Navara Pick-Up NP300 : la tradition a du bon ! »

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  1. Jean-Bernard

    Le Nissan n’est pas le seul à secouer ses passagers comme vous le remarquez; Tous les pick-up secouent du moins à vide. Ce n’est pas leur plus gros défaut qui est qu’ils sont ingarable en ville où aucune place de parking n’est assez longue pour eux. Ça ma dégoutté de mon Ford Ranger !

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  2. James

    Il y avait bien pire. j’ai roulé longtemps avec un Toyota qui sautait de bosses en bosses avec son essieu rigide à lames dures comme du béton en ville. Mais c’est vrai que comme ce Nissan , c’était deux voitures en une. C’est une bonne formule !

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  3. Mat Ador

    C’est concis, net et précis, une fois encore Bravo Patrice.
    Il serait peut-être bon d’insister sur le fait que ces véhicules statutaires et solides qui exhalent un sentiment de sécurité sont paradoxalement parfois délicats à conduire sur la route notamment par conditions d’adhérences précaires, parce que rustiques de conception. CQFD.

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