Dans la famille Mustang 🇺🇸, je demande la fastback …

Par Patrice Vergès. Dans la famille des Ford Mustang des sixties, il y avait le coupé, le cabriolet et la berlinette fastback. C’est la plus fascinante des Mustang des années 1965/1969, les plus prisées des Mustangophiles.

Avec son pavillon profilé s’inspirant des Ferrari 250 GT, la fasback est la plus désirable des Mustang

Il y a plus de deux ans, nous vous avons présenté la Jaguar E de Gérald qui continue à satisfaire ses rêves d’adolescent.  » A l’école j’étais déjà fou de voitures et passais mon temps à les dessiner sur mon cahier. Trois me fascinaient. La Porsche 356, la Jaguar E et la Ford Mustang. Je l’avais découverte au Tour Auto 1964 qu’elle avait remporté. Je l’avais revue dans le film de Claude Lelouch « Un homme et une femme. Surtout j’avais vu courir (en 1967) Johnny Hallyday au volant de cette voiture ». En effet, en 1967, notre « Jojo » avait effectué une honnête saison sportive au volant d’une Mustang de l’écurie Ford France

Aujourd’hui, ces trois voitures sont dans son garage (plus quelques autres) dont cette superbe Mustang Fastback 1966 en état concours. « Je ne voulais qu’un modèle fastback dont je trouve la silhouette beaucoup plus belle que celle du coupé ». C’est la plus chère des Mustang de collection avec son dessin de pavillon inspiré de celui des Ferrari 250 GT 1957 Il faut savoir que la Mustang n’est pas une voiture rare puisque un million ont été produite rien que les deux première années de sa production

La caisse étroite possédait une poupe plate alors que le millésime 1967 arborait un panneau en creux.

Voiture à la carte

Lancée en avril 1964, la Mustang a connu un succès colossal auprès de la jeunesse. Elle lança la mode des « pony cars » qui consistait à glisser un gros moteur dans une petite voiture pour en faire une sportive à peu de frais. L’engouement qu’elle suscita était autant dû à sa silhouette excitante qu’à son prix canon de 2300 dollars. A peine 10 % de plus que la fade Falcon de papa dont elle reprenait toute la structure et sa mécanique.

La Mustang transpirait l’agressivité par tous ses pores de métal ! Sa monte pneumatique est beaucoup plus large (215) qu’à l’époque !

A ce prix, avec son petit moteur 2,7 l 6 cylindres de 100 chevaux (155 km/h) et ses freins à tambour et sa suspension mollassonne, en dépit de son plumage racoleur, la Mustang n’était pas une voiture de sport. Il fallait passer par le jeu des options pour la transformer en vraie sportive. En accueillant un gros V8 de 4,7 l (289 Ci) de 210 chevaux SAE, elle déboula à 185 km/h ce qui n’était pas si mal en 1965. Mais la cliente demandait toujours plus. Au fil des ans, la Mustang ne fit que gagner de la puissance en se retrouvant en 1969 avec la possibilité d’être mue ( en option) par un big bloc de 7 litres délivrant 375 ch ! C’est à partir de ce millésime qu’elle perdit de sa magie en adoptant une silhouette alourdie avant que la crise de l’énergie de 1974 coupe les jambes au muscle-cars qui consommaient, il est vrai beaucoup beaucoup.

Le millésime 1966 de Gérald (importée des USA) est une caisse étroite par opposition à la caisse élargie (plus 5 cm) qui a caractérisé les millésimes suivants. Certains préfèrent la première génération jugée plus pure, d’autres la seconde considérée plus agressive.   C’est vous qui voyez !

Le célèbre 289 (cylindrée en cubic inch) soit 4,7 l. Légèrement préparé, ce V8 délivre 300 bons chevaux

Moteur préparé

Lorsqu’on achetait une Mustang elle était également aussi dépouillée qu’une 2 CV et il fallait passer par des kits et packs. Celle-ci a tous les packs. Le pack GT comprenant les freins à disques et les suspensions renforcées, plus la direction assistée, la climatisation, la console centrale, les jantes élargies et le 4,7 l High Performance annoncé pour 271 ch SAE. Il lui autorisait des performances d’enfer puisqu’elle frisait les 200 km/h et surtout accélérait très vite. 0 à 100 en 9 secondes, les 1000 mètres départ arrêté en 29 secondes ! Un boulet de canon en 1966 où seules une Ferrari, Maserati ou Aston faisaient mieux. Mais à quel prix !

Autant de puissance aurait quand même exigé un train roulant plus élaboré. Une suspension méchamment durcie, peu d’adhérence derrière, trop devant à cause du moteur, des pneus de 165/14 pour passer tant de chevaux agressifs, une direction encore bien trop démultipliée pour nos goûts, rendaient la Mustang spectaculaire mais épuisante à conduire vite.

Comment résister au charme visuel de cette planche de bord où tout est destiné à séduire l’œil ?

Tout était en option sur la Mustang, notamment le Rally Pack qui rajoutait une montre et un compte-tours. Ce modèle est aussi équipé de la climatisation comme on le remarque sur la photo précédente

Je roule la glace ouverte !

En plus, le moteur cet exemplaire a été préparé au niveau des culasses et des échappements. Il doit certainement dépasser les 300 chevaux dans un bruit somptueux et pas trop caverneux, proche de celui de la Stang de McQeen dans Bullitt.

« Je roule la glace ouverte pour mieux entendre son bruit. Quand je croise d’autres voitures, je remarque fréquemment que le chauffeur baisse parfois sa vitre pour l’écouter ». Sans vouloir jouer au vieux con, on ne fera jamais ça avec des Bolloré !

Mais on n’achète pas une Mustang pour aller vite aujourd’hui mais pour se repaître auditivement de son glougloutement et visuellement de sa beauté incendiaire. Du dessin de sa planche de bord, de son levier de vitesse coudé, jusqu’à son bouchon d’essence en passant par son imposant volant tulipé, chaque accessoire est une œuvre stylistique.

Il suffit de voir à quelle vitesse se sont vendues, en France, ( 1100 sur une année dont 79% en fastback) les nouvelles Mustang que Ford importe de nouveau, pour se rendre compte que le mythe de cette voiture est toujours présent, chez nous, plus de 50 ans après sa naissance.

Comment résister à un tel charme esthétique ?

La taille du coffre était décevante. Admirez la garniture d’époque

Gérald a eu la chance d’acheter toutes les voitures qui le faisaient rêver lorsqu’il était ado

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Dans la famille Mustang 🇺🇸, je demande la fastback … »

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  1. Patrick

    Les goûts et les couleurs… c’est une voiture qui m’à fait rêver. Prochainement, je vais peut-être sauter le pas. Et comme je ne fais rien comme tout le monde, mon goût se dirige vers le coupé ! Excellent reportage sur une voiture qui, malgré son demi siècle bien tassé, reste facilement utilisable.

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  2. Jean-Bernard

    J’adore cette bagnole dont les prix ne se sont pas trop envolés par comparaison à d’autres. Suite à cet article très bien fait, j’ai cherché le prix d’une Mustang de collection style celle de l’heureux Gérald qui a la chance d’avoir toutes les voitures de ses rêves. Entre 30 000 et 40 000 euros !. Pour ce ce prix, on n’a que la moitié, voire le tiers d’une Porsche des années 70 avec le V8 en plus, surtout quand il a une grosse prépa comme celle-ci !

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  3. Serge

    Quel souvenir ! j’ai roulé au Canada dans les années 70 en Mustang. C’était une 65 ou 66 cabrio avec le moteur 289 ( en boîte auto) j’ai encore dans les oreilles le glougloutement de son gros V8 qui buvait allègrement ses 20 litres aux 60 miles. Toute ma jeunesse. Gérald a bien de la chance !

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  4. PIAT Georges

    Il y a des voitures que je trouve belles parce qu’elles ont prit de l’âge et qu’elles me rappellent mes parents et la télé en noir blanc…
    Mais alors celle-ci, dès le début, j’étais émerveillé. Bon, c’est vrai, je trouve celle de Bullit encore plus belle mais bon, qu’est qu’on avait nous, à cette époque ? La Ford Capri ! Que j’adore également. Quelle ligne, surtout (le premier modèle).
    Super le reportage Patrice.
    Tiens, je vais me repasser un coup de Bullit sur Youtube, la course poursuite…

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  5. Dubby Tatiff

    Ce sujet sur la Mustang – On s’fait des langues en Ford Mustang, Mus à gauche, Tang à droite – me donne l’occasion de rappeler ma petite observation concernant la similitude entre le nouveau tableau arrière des Peugeot – On s’fait des … heu … cageots en Peugeot ? – et celui de cette génération de Mustang.

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    1. Amok

      Il me semble qu’au début des années 70 chez Peugeot les 504 coupé et cabriolet avaient déjà des feux arrières en trois parties.
      L’inspiration actuelle de la marque date sans doute de cette époque…

    2. Dubby Tatiff

      Ce n’est pas faux. Je viens de vérifier. Bravo pour votre mémoire !

      Ce serait donc Pininfarina qui se serait inspiré de l’arrière de la Mustang sortie en 1965 pour dessiner le coupé 504 sorti en 1969 ? 😉

  6. Claude

    Moi, au contraire, je préfère la fastback. la version 3 volumes coupé m’indiffère totalement. Dans la lignée des fastback, ma préférence va à ce millésime plus pur que la génération 67/69 déjà trop alourdie !

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  7. Nabuchodonosor

    Pouvoir s’offrir ses rêves d’enfance et d’adolescence, c’est comme s’offrir une seconde jeunesse, mais éternelle cette fois… C’est génial; Bravo Gérald.
    Born to be wild !

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