Qui sera le grand gagnant de la voiture autonome ?

Michael Oualid, ministre de l’éducation de POA, est un expert automobile* international pas comme les autres. Aujourd’hui,  directeur du département automobile de l’ESTACA, il porte un regard à contre courant sur la voiture autonome. S’il ne conteste pas son développement, il pose la question de savoir à qui va réellement profiter cette technologie ? Une réflexion qui méritait bien un interview exclusif de P.O.A.

Michael Oualid : Ingénieur et designer ayant commencé sa carrière chez PSA, il crée à Paris en 2006 un centre de « réflexion avancé »pour Volkswagen dont la mission est de comprendre les attentes futures des conducteurs. Composé de designer, d’artistes, de développeurs web, d’économistes, ce « think tank » original a notamment anticipé l’arrivée des applications dédiées à la mobilité. En 2012, il est appelé à Detroit pour lancer une nouvelle marque américaine, Equus, qui produit la Bass 770 une supercar dans l’esprit des Muscle car des seventies. Depuis juillet 2015, il est en charge de la branche automobile de l’ESTACA, école de formation d’ingénieurs.  Michael dirige également le think tank « inteligence for alternative et research « et anime le blog free car project.

L’avis des Petits Observateurs !

22 commentaires au sujet de « Qui sera le grand gagnant de la voiture autonome ? »

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  1. CRO

    Concernant la proposition de Michael, j’ai une réserve. Selon moi, la voiture modulaire existe déjà : c’est le concept industriel de la plateforme MQB de VAG. Avec les mêmes composants, ils conçoivent des citadines et des Suv, avec le motorisation d’hier (diesel) et de demain (électrique), tout en passant par l’hybride rechargeable. La voiture est un objet affectif (aujourd’hui), et reste associée à des souvenirs, des références sociales et diverses. Ainsi, par la palette des marques VAG, de Porsche à Skoda, en passant par Audi, VW, tout le monde peut s’y trouver son compte.
    L’offre automobile est ainsi cristallisée : les critères d’analyse sont à la marge, sur la mousse des tableaux de bords, ou la justesse des assemblages,… (désolé, M. le premier ministre)

    La conduite autonome sera donc une option premium à venir, après le détecteur de ligne aujourd’hui (…)
    Pour les nouveaux entrants (Apple,…), la conduite autonome qui reste un accessoire, sera un moyen pour offrir du service (logique d’intégration, idem grandes surfaces) : des déplacements individualisés gratuits ou pas (cible : personnes sans permis, dont les jeunes…), sans possession de véhicule, mais on est loin de l’objet affectif et de transfert de la voiture d’aujourd’hui, et de la raison d’être de POA, la passion automobile…

    Apple et les autres doivent connaître l’adage :
    « l’outil conditionne l’usage »
    Donc, après nos communications (utilisation des bras et têtes pour les smartphones), c’est à nos déplacements de passer à la moulinette du big data (utilisation des jambes) .
    Conduite autonome = déplacement individuel en utilisant son smartphone (sinon, y a le bus)

    La question de la conduite autonome est donc plus large, qui est de savoir à moyen terme, dans quelle société l’automobile trouvera sa place, et pour quelle fonction?

    Vive les automobiles anglaises et Go POA !

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  2. Georges PIAT

    J’espère seulement que les constructeurs vont écouter un peu plus les clients car cela ne semblait pas vraiment à l’ordre du jour ces derniers temps. On l’a vu avec la disparition de la roue de secours qui a laissé perplexes beaucoup d’automobilistes. Idem avec la radio et le lecteur CD. Cela ne fait pas que des heureux. Par contre, les « start and stop » et autres gadgets qui ne sont pas plébiscités par tout le monde, loin de là, émaillent ça et là nos planches de bord.
    Quant à la voiture à 5000 Euros, ce devait être le prix de la première Logan je crois mais, à l’époque, on a pensé que cela tuerait le marché de l’occasion.

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  3. Stéphane. NC

    Et c’est là qu’une voiture électrique peut offrir le plus de souplesse -pour reprendre l’exemple de Johnny- par ses spécificités structurelles (une Tesla en est un bel exemple) et la possibilité de paramétrer à distance (encore Tesla qui se met d’ors et déjà à jour et propose des « upgrade » comme un Smartphone). D’ailleurs si nombre d’opérateurs de marché rêvent de voir M Musk reprendre Apple et Apple reprendre Tesla….ce n’est certainement pas pour rien.

    Model S -encore elle!! C’est dingue ça!!- qui chatouille les teutons. Malgré leurs dénégations & silences, il s’annonce plus ou moins officiellement des ripostes germaniques….après s’être pris 10 ans dans la vue.

    Pour en revenir au sujet, je suis très attentif à l’avenir de nos libertés individuelles et celles de nos enfants. Liberté, liberté chérie….

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  4. Stéphane.nc

    Sujet intéressant, d’autant que les sommes investies par les différents acteurs cités crédibilisent les réflexions en cours.

    En écoutant M Oualid, il me semble que le sujet n’est pas tant -contrairement au titre de cette excellente POAde- la voiture autonome mais comment le modèle économique dominant va pouvoir capter le consommateur- conducteur.
    Ce modèle économique c’est celui que forme le couple abonné -big data.
    Le hardware, la bagnole, ne devenant plus que l’instrument par lequel on pourra toucher « l’abonné conducteur » et le rentabiliser grâce au software qu’il aura choisi (comme un abonnement internet, TV Sat, forfait 4/3/2G, applications….) pour compléter la machine à se déplacer achetée peu cher telle que décrite par M Oualid. Comme un Smartphone -à la base est un truc fait pour téléphoner- qui génère grâce aux abonnements des revenus pour les fournisseurs de réseau, d’apps, de plateformes d’achat intégrées.
    Le constructeur deviendrait donc « un rentier » qui percevrait d’autant plus de redevance que son support sera choisi par un nombre important de consommateurs (comme pour les téléphones) ce qui permet de rester optimiste en terme de design, de technologie de mobilité qui devront rester différenciantes et attractives (cf Apple).
    Mais attention, ces plateformes de mobilité seront elles uniquement produites par les constructeurs?
    Quand on voit que Plastic Omnium propose à PSA une plateforme en matériaux composites, ne peut t’on envisager une impression 3D d’une voiture à l’avenir?
    Enfin, pour faire honneur à Orwell, que sera une voiture connectée sinon la négation même de l’objet de liberté (d’ors et déjà virtuelle il est vrai).
    L’acte de conduire, les lieux fréquentés, le comportement au volant, l’interaction avec les autres usagers : nos vies seront encore plus qu’aujourd’hui lues à livre ouvert par les compilateurs de ces données personnelles si précieuses (Big Data) pour le business….et pourquoi pas d’autres usages en dehors d’un Etat de droit.

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    1. Romain_T

      J’ai la même compréhension que Stéphane. Le propos de M. Oualid, c’est de transporter la voiture au monde merveilleux du Big Data, des Objets connectés, de l’internet …

      Aujourd’hui quand on dit « fournisseur d’accès », on pense opérateur Télécom, Orange & Free en tête pour la France. Et côté Californie on voit Google qui aimerait se faire une place sur ce marché en apportant sa fibre.
      Mais Michael Oualid nous explique que la prochaine étape, c’est que « fournisseur d’accès » évoque plutôt l’industrie automobile, la voiture comme moyen d’accès à la vie.
      Et dans cette nouvelle perspective, les OOT (Over The Top) ce sera IKEA et Carrouf’ plutôt que Youtube ou Amazon …

      J’avais déjà vu une interview de ce monsieur par le Premier Ministre, dans un autre media, très intéressant comme il propose un nouveau paradigme … Merci pour cette petite observation.

      PS : J’adore ce parking, plusieurs fois que l’on vous observe y déambuler, toujours un plaisir.

    2. johnny Be Good - JoM

      Belle analyse, je diverge juste sur le caractère « rentier » des constructeurs évoluant dans ce modèle; je verrais plutôt ces constructeurs dans une concurrence féroce (d’où ma remarque sur un rentier qui lui, « prospère en dormant »), fournissant un « hardware » (la plateforme auto de base, la Google car par exemple) à 5K€ (qui est fonctionnelle a minima mais ne répond pas aux désirs profonds de « l’usager », question vitale perdue de vue sauf pour 0,3% du marché de niche supra luxe, et une série de fournisseurs de services, qui créent la valeur ajoutée, satisfont les désirs, pouvant multiplier le prix de la voiture par N, son utilité individuelle par 2N, uniquement fonction de ce que je souhaiterais pouvoir obtenir de mon « char ». A titre d’analogie, au lieu de choisir mes options en « one shot » à la commande, je pourrai alors le faire et le défaire tout au long de la vie de ma voiture. La « plateforme Google » ou autre doit pouvoir répondre à mes désirs les plus luxueux, exotiques, atypiques, adaptés à mes vacances en famille comme à un usage professionnel, mais contrairement à aujourd’hui où l’on trouve de très bonnes voitures multi-usages (SUV’s), de ne pas vendre et acheter une moyenne, mais au contraire des hyper-spécialisations successives selon mes besoins. La valeur ajoutée résulte alors d’une plateforme plus élémentaire mais bien plus adaptative que nos bagnoles actuelles sur laquelle je pourrai greffer/ »dégreffer » à tout moment mes besoins et mes envies, avec un marketing de l’offre puissant, on sait faire. On peut ainsi réintroduire le PLAISIR, élément essentiel que la bagnole actuelle noie depuis des années, et « changer de voiture » sans changer de plateforme, par la modification très substantielle de sa voiture. En passant, l’identité de la voiture ne passe plus par la marque. La question devient : est-ce que ta G-car supporte l’application permettant de modifier les réglages du moteur selon l’usage que j’en aurai, ou non, et combien suis-je prêt à payer pour 1 mois d’usage de cette app, le temps de vacances en amoureux sur les petites routes corses en décapotable ou sur les autoroutes allemandes pour leur partie en vitesse libre ? Merci POA d’ouvrir et d’alimenter ainsi l’avenir d’un de nos instruments majeurs de liberté !

  5. Patrick de Lyon

    J’imagine que dans 10, 15, 20 ans les voitures autonomes seront fiables et

    0 accident de la route, ces voitures apprehenderont les atres véhicules, les infrastructures, les autres usagés..( je rappelle que j’ai dit fiable).

    Fini la circulation en accordeon, fini les bouchons, le circulation tout le temps fluide

    Elles pouront rouler à 250km/h, sur l’autoroute sans risque. Plus de radar, plus d’assurance, plus de police, plus de carrossier

    En ville plus de feu rouge, les voitures franchiront les carrefours à fond en se croisant.

    Ce sera ça l’avantage des voitures autonomes.
    Et lorsque tu voudra conduire ta vielle voiture dépendante du conducteur, on roulera sur des circuits dédiés

    Voila ma vision de la voiture autonome

    Go poa

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  6. Frédéric à Montréal

    Je suis très partagé: j’ai un fils qui a un léger handicap physique, et sans ces technologies, qui tout à coup semblent très proches, il ne pourra jamais conduire, Du coup, c’est un immense espoir pour tous les gens qui sont dans son cas. Mais penser que la voiture ne sera alors qu’une machine à recueillir et communiquer de l’information, et une machine à consommer plus… quelle horreur… Vite, tous en Morgan ou en Saab!!!

    Je trouve le lieu de tournage très intéressant. On parle de l’avenir de la bagnole en passant devant de très belles voitures du passé.

    Je me souviens très bien de la présentation de la Equus, je crois même qu’il y avait eu ici un reportage sur le tournage de la pub dans un coin bien délabré de Detroit. Mais je ne retrouve pas, peut-être suis-je complètement dans l’erreur. En tout cas, je n’avais jamais fait le lien entre Equus et Michael Oualid, qui a toujours des points de vue percutants!

    En tout cas, tout cela est passionnant, merci et vivement la suite!

    Mais je me permets de répéter ma question… Où est ce magnifique garage???

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  7. Ronan

    J’adore quand POA interviewe des gens qui connaissent leur(s) sujet(s) sur le bout des doigts, que ce soit notre ministre du développement durable, nos amis carrossiers, des collectionneurs etc ou ici Michael Oualid, on en apprend tellement! POA est une mine d’information, j’adore.
    Ce que j’adore moins est ce virage que semble prendre l’automobile avec ce sur-assistanat et pire, les voitures auto-pilotées, vous savez ces engins dans lesquels vous n’avez qu’à vous assoir, boire votre café, regarder le paysage vous passer à vive allure et attendre d’arriver à destination. De fait, j’ai déjà essayé ce principe, ça s’appelle le train, et c’est chiant! 😉
    Vive la bagnole old school!

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  8. Robert

    Houla.
    Il faudra se dépêcher pour faire le débat sur les tableaux de bords moussés – ou pas.
    Parceque bientôt ça n’aura plus aucun sens.

    Si j’ai bien compris.

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  9. Christophe BONNIN

    La ruée vers l’or… ou qui réussira le premier à enchainer le client automobile pour mieux le déplumer.

    Si on pouvait réussir à reproduire les marges de l’industrie du smartphone à l’automobile… Même Porsche, le champion de la rentabilité dans l’automobile, serait pulvérisé. Après, l’industrie musicale, l’industrie du livre, la presse… bientôt, la construction automobile victime de l’ i – intelligence.

    Un peu à la façon de la Tesla qui se recharge pendant que la Ferrari 400 glougloute de ses 12 gamelles, j’aime bien le paradoxe de conclure ce débat sur la perfection incontesté de la Jaguar XJ !

    Je vais faire parti de ceux qui pensent que le pouvoir de la rentabilité à sans doutes plus besoin de la voiture connectée/autonome que le client lui même… Mais avec les miracles du marketing, on réussira bien à le lui vendre quand même… comme tout le reste.

    Quand on pense qu’autrefois, il suffisait de répondre aux besoins des clients !

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    1. Guillaume Capelle

      Ça risque de devenir cocasse lorsque la voiture intelligente tombera en panne et va ta proposé des pièces détachés ou une offre sur le véhicule d’un concurrent..