Petites réflexions à propos de la BMW Série 7

Par Patrice Vergès. Humiliée l’Audi A8, outragée la Mercedes Classe S, la nouvelle BMW Série 7 se veut la voiture la plus innovante de sa catégorie en offrant une montage de gadgets aussi utiles que futiles.

 

BMW Série 7 la clé

La fameuse clé qui fonctionne jusqu’à 300 mètres. On peut tester son niveau de carburant à distance

Renaud et l’œil magique de sa caméra reviendront sur la nouvelle BMW Série 7 car ses gadgets passent magnifiquement à l’écran notamment son stationnement à distance ou sa commande gestuelle de radio ou de téléphone ou bien le fonctionnement de sa clé « intelligente », ses tablettes intégrées ou son mur de lumière qui éclaire le sol lorsqu’on en descend. Il y a tant à dire qu’on passe un peu à coté des qualités intrinsèques de cette voiture et c’est dommage.

BMW Série 7

La nouvelle BMW Série 7, sixième du nom est plus longue de 2 cm que la précédente avec 5,10 m
Comme ses sœurs aînées, la Série 7 reprend le trait de style à renvoi ( Pan de Hofmeister) de la custode arrière qui ne favorise pas l’accessibilité

BMW Série 7 arrière

De 86 500 à plus de 130 000 euros

D’habitude, on termine par le prix, une fois n’est pas coutume, nous allons commencer par celui-ci puisque pratiquement tous ces gadgets sont optionnels. D’ailleurs, à partir d’un tarif de départ à 86 500 euros pour la 730 d, BMW France pense vendre des voitures dans une fourchette de prix de 100/110 000 euros. La majorité la choisira en version Exclusive bien plus sensuelle facturée 13 000 euros supplémentaires agrémentée de quelques gadgets notamment « L’active Comfort Drive ». Déjà vu ailleurs en particulier sur la Mercedes Classe S, mais en plus sophistiqué. Deux caméras, de jour comme de nuit, lisent jusqu’à 600 mètres le profil de la route et permettent de préconditionner la suspension en fonction de ses irrégularités. Utile pour les chapeaux de gendarme ou trous imprévus….

A l’heure où Citroën fait la bêtise de sa vie en supprimant la suspension pneumatique, BMW y vient en offrant cette fois une suspension intégralement pneumatique sur la Série 7 dont la dureté et la hauteur s’adaptent à la conduite. Mon coéquipier, collectionneur de DS, m’a affirmé retrouver dans la Béhème certaines réactions identiques à celles des Citroën. L’option 4 roues directrices peut aussi être largement préconisée car ce gros joujou mesure près de 5,10 m en version normale et 5,24 m en Limousine. Cette option facturée 1500 euros liée à la direction active améliore nettement son agilité ainsi que son rayon de braquage en manœuvre.

Sam Suffit !

Grâce à l’utilisation intensive du carbone, son poids a été réduit de près de 130 kilos. En ordre de marche, une Série 7 bien équipée frise encore les 2 tonnes qu’on ne sent jamais dans son volant. Hyper-sûre, elle reste une fantastique machine à rouler et à conserver plus effacement sa vie grâce à toutes les aides de conduite qu’elle propose mais impossibles à décrire ici. Elle gomme aussi dangereusement toute sensation de vitesse. C’est troublant, mais j’ai conduit cette voiture en même temps que la Mazda MX 5 où j’avais fréquemment le sentiment d’être en survitesse à 90 km/h et pas du tout dans la BM à 150 km/h. Pour ma part, avec ses 265 chevaux développés par son discret 6 cylindres en ligne diesel biturbo de 3 litres, la 730 d me suffirait largement en avalant les 1000 mètres en 5,8 s et pointant son double naseau de calandre (qui s’ouvre plus ou moins selon la vitesse) à 250 km/h. D’après le constructeur, ce moteur entièrement nouveau se signale par sa chute spectaculaire de ses émissions de CO² de 30 grammes (119 g/km) ce qui est énorme et sa consommation de seulement 4,5 l que nous n’avons pas vérifiée. On sait ce qu’on doit en penser. Les acheteurs de ce type de modèle qui aiment se faire plaisir préféreront la version 740 d plus musclée voire la 750 i V8 essayée de concert dont les presque 200 chevaux supplémentaires ne se perçoivent pas tant que cela à la conduite.

BMW 750Li Individual

Sur la limousine, la place dévolue aux jambes est plus grande
L’option Gran Comfort (2250 euros) permet de faire basculer le siège passager vers l’avant et gagner 9 cm supplémentaires

BMW Série 7 places arrière

J’ai pu me pavaner à l’arrière d’une BMW 750 Limousine et allonger mes jambes et jouer avec la tablette tactile pour abaisser automatiquement à distance le siège passager, ma tête délicatement posée sur un cousin en alcantara léger comme une plume. Amusant pour 2250 euros.

Une fausse grande

Si la nouvelle BMW Série 7 a une silhouette sublime très aérodynamique, la courbure très prononcé du pavillon oblige le passager arrière à se tortiller sérieusement la tête pour entrer et sortir. Enfin, malgré ses 5,10 m de long, il n’y pas beaucoup de place à l’intérieur car la console centrale bourrée de technologie prend ses aises et le faible volume accordé au passagers arrière incite à préférer la Limousine qui sera la plus vendue dans de nombreux pays. Seul un esprit vicieux comme le mien se demande si ce n’est pas fait un peu exprès…..

Une réflexion. Les pannes fréquentes que je rencontre sur mes ordinateurs ne me rassurent guère sur la fiabilité des composants électroniques. Comment va vieillir cette montagne de technologie ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que la BMW Série 7 est l’une des plus fascinantes voitures conduites en près de 40 ans de carrière.

BMW Série 7 intérieur

La commande gestuelle qui est de série gère le téléphone, la navigation, la radio, etc

BMW Série 7 planche de bord

Le design intérieur met l’accent sur le bien être mais aussi le luxe

BMW Série 7 tablette

Une tablette intégrée et rechargeable permet de commander certaines fonctions. Ça amusera les enfants !

BMW série 7 face avant

Des volets situés à l’intérieur du double haricot s’ouvrent en fonction de la conduite en changeant l’esthétique de l’intérieur de la calandre

 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

13 commentaires au sujet de « Petites réflexions à propos de la BMW Série 7 »

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  1. Olivier

    vos images sur la série 7 au salon de Francfort m’ont donné l’envie d’aller la voir chez BM (en v12 essence naturellement), en vue de l’acheter dans 10 ans quand elle sera dans mon budget (mais ce sera pile poil puisqu’elle a 10 ans d’avance !). Merci Renaud pour votre vision « apaisée » de l’automobile, c’est bien agréable de voir les voitures sous cet angle, à mille lieux des polémiques stériles !

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  2. Vincent

    C’est vrai, c’est une auto magnifique. j’aime beaucoup sa ligne plus belle que celles de l’époque Bangle. c’est vrai aussi que ce délire de gadgets électronique fait un peu peur. Mercedes était d’ailleurs revenu en arrière il y a quelques années suite aux bugs. Combien couteront les réparations ? Une Audi A8 d’occasion se vend très mal à des tarifs très bas à cause de cela.

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  3. Lambert Alan

    J’aime bien cette voiture mais elle en fait un peu trop à mon goût, question style ce qui m’à étonné est la légère chute de la malle je pense que c’est une première. Habituellement la malle est parfaitement parallèle à la ligne basse du vitrage latéral tout en étant un peu plus haute. C’est aussi un des codes historiques du profil BMW

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    1. david

      plus rapide qu’une balle !
      Rires (ah ces chiffres…)
      ps : merci encore à l’équipe POA qui nous font passer des moments fabuleux

  4. Philippe

    J’ai un avis un peu différent. Pour justifier un prix de plus de 100 000 euros sur une voiture qui n’en vaut que 50 ou 60 000 euros, le constructeur ajoute une flopée de gadgets souvent peu coûteux mais impressionnant le quidam. On sait que le prix d’une caméra ne dépasse pas quelques euros de même que celui d’un led qui fait beaucoup d’effet à l’ouverture de la porte

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  5. PIAT Georges

    Superbe voiture. Il y a beaucoup de gadgets mais c’est la vitrine technologique de la marque.
    On montre au monde entier ce que l’on sait faire…
    Je me trompe peut-être mais j’ai l’impression que le prix de vente n’a pas une grande importance vu que ce sont, en grande majorité, des véhicules de fonction. On retrouve la même différence entre avions de tourisme et d’affaires.

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  6. Eric

    Quelle belle voiture autant par sa ligne que sa technologie. iIntéressant la remarque sur la suspension pneumatique. On se demande pourquoi Citroën l’abandonne ?

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  7. Hugues

    Je suis tout à fait d’accord avec les propos de Patrice Vergès et des deux commentateurs. Les télé ont insisté surtout sur les gadgets dont 80 % sont inutiles. Au sujet de la suspension, à l’heure où Carlos Tavarés dit que le pneumatique n’a pas d’intérêt, BMW le propose en série sur cette Série 7. BM n’est pas plus bête que Citroën. Cherchez l’erreur !

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  8. pierre

    perso. ce que j’attendais le plus dans cette 7 c’etait les nouveaux typages esthétiques, qu’on va retrouver durant les 8/10 ans dans les autres modéles de la gamme. Pas déçu …..!!
    Les feux arrière plus fins augurent d’une esthétique plus affinée des futurs postérieurs de la gamme (tendance commune chez les Premiums allemands d’ailleurs). Quand aux nouveaux revêtements, les nouveaux placages des différents interrupteurs un peu too much , ou visuels de l’interface, ils augurent tout de meme une volonté d’esthétique plus affinée et peut-être assez nouvelle dans la marque (pour suivre la mouvance AUDI….ou plaire aux clients d’Asie …. ???) .
    Concernant le pli Hofmeister, effectivement il réduit l’accès arrière (ce qui est paradoxal dans une 7 c’est certain) mais il permet avec les naseaux de calendre par ex. …..que meme en enlevant les logos de reconnaître une BMW…!! C’est si rare, aujourd’hui qu’une voiture soit reconnaissable sans hesitation, qu’on ne va pas s’en plaindre ! ……vous pardonnerez les élans du passionné de la marque que je suis, mais BMW reste pour moi avec Porsche (exeptés les SUV) , Alfa (ou Rolls…dans un autre monde) les rares voitures typées et différentes qu’il reste dans la production actuelle banalisée, et rien que pour çà …..on voudrait qu’on ne change pas nos belles !!!

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  9. michaël OUALID

    Pour éviter tout malentendu dans ce qui va suivre, je précise que je suis fan des grosses bagnoles en général et des Séries 7 en particulier.
    La prochaine grande innovation serait de retirer ces 800kg de marketing en trop (la consommation, la tenue de route et les performances n’en seront que largement améliorées) pour les remplacer par des services autrement plus rentables et modernes. Mais pour cela il va falloir revaloriser la matière grise face au roulage de mécanique bling-bling qui fait flop. Si les Grands Patrons de l’Industrie du Luxe vont rouler dans ces voitures (faute de mieux), jamais ils n’utiliseront de solutions marketing aussi peu rentables pour leurs propres Marques de Luxe. Cela fait bien longtemps qu’ils fondent leurs fortunes sur le rêve et led expériences immatériels dont leurs produits sont le reflet, alors que les constructeurs automobiles continuent de charger la mule sans réfléchir. Dans le domaine du Luxe, il n’y a rien de plus vulgaire et d’aussi peu rentable que de valoriser le produit au détriment du client.

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    1. Dubby Tatiff

      Bonjour Michaël,
      Je lis avec attention vos messages et interviews sur ce blog et me suis renseigné sur vos projets décrits sur le web. Toutefois, si je pense en saisir la teneur conceptuelle, j’ai du mal à les appréhender d’un point de vue pratique. D’une manière un peu désordonnée car le secteur automobile m’est étranger, je jetterai en vrac quelques impressions !
      – une BMW (de la même manière qu’une Audi ou qu’une Mercos), même si il s’agit d’une série 7 n’est pas un produit de luxe mais un produit haut de gamme. C’est très différent. Et à ce titre, le chef de produit de la BM série 7 obéit peu ou prou à la même grille de lecture que le chef de produit de la Golf . Inflation en taille, en performances et en technologie de génération en génération.
      – prenons le cas d’une marque comme Aston Martin qui peux prétendre au statut de marque de luxe. En pratique, ses clients commencent à lui reprocher ouvertement son manque d’innovation et son retard technologique alors que ces mêmes clients viennent manifestement acheter autre chose chez AM. Je veux dire par là que même une marque automobile de luxe ne peut pas faire l’impasse sur les codes qui régissent le marché automobile depuis ses débuts.