Pourquoi l’Amérique est-elle le pays du bagnolard ?

Michaell Oualid à vécu à Détroit de 2012 à aujourd’hui. Il explique à P.O.A le rapport « plus détendu » des américains avec l’automobile, loin des considérations anxiogènes des européens.

Michael Oualid est un expert automobile pas comme les autres. Ingénieur et designer ayant commencé sa carrière chez PSA, il crée à Paris en 2006 un centre de « réflexion avancé »pour Volkswagen dont la mission est de comprendre les attentes futures des conducteurs. Composé de designer, d’artistes, de développeurs web, d’économistes, ce « think tank » original a notamment anticipé l’arrivée des applications dédiées à la mobilité. En 2012, il est appelé à Detroit pour lancer une nouvelle marque américaine, Equus, qui produit la Bass 770 une supercar dans l’esprit des Muscle car des seventies.

L’avis des Petits Observateurs !

28 commentaires au sujet de « Pourquoi l’Amérique est-elle le pays du bagnolard ? »

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  1. Romain_T

    Super vidéo, merci !

    Juste histoire de chipoter, le coups de la super bagnole au prix de la clio, ça fait un peu image d’épinal, non ?
    Le prix de l’entrée de gamme pour la malibu, c’est $23000. Et pas sûr que ce soit dans la version qui séduirait le petit observateur moyen, en fait ça monte à environ $35.000.
    Le F150, véhicule le plus vendu, ça va grosso modo de $25000 à $50000.
    Je serai curieux de connaître leur « panier moyen » rayon bagnoles … Les indigènes que j’ai pu fréquenter y consacraient un peu plus que le prix d’une Twingo (pas forcément un échantillon représentatif) 😉

    Ah et la Bass 770 de chez Equus, c’est $289.000 … Mais heureusement on peut y mettre plus grâce au programme bespoke.

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  2. Designland

    Je n’ai pas vécu aux US, mais j’ai eu l’occasion de ressentir quelques vibrations lors d’un voyage là-bas. Il y a de la géographie (à défaut d’histoire dit-on), et ça change tout !
    La conduite est très agréable : oui, on a la sensation que le rapport à l’expérience automobile y est plus détendu. C’est relax, pas d’agressivité, ni en ville, ni sur la route (ça arrive aussi quand même, je sais). Mais le comportement du conducteur américain est y beaucoup plus plaisant. La boite auto généralisée y est aussi pour quelque chose… ça « lisse » un peu les comportements, justement. Un collègue avec qui j’ai échangé, possède en effet 3 voitures: 2 américaines et une BMW. Je vais essayer de rendre ses mots: « Une voiture aux US, c’est souvent une carrosserie avec juste un gros moteur dedans ». Il voulait souligner qu’une européenne était plus étudiée, plus optimisée, plus aboutie, plus subtile et plus « techno ». Il prenait beaucoup de plaisir à passer ses vitesses, comme chez nous ! Je ne sous-entend pas que si l’amérique est le pays du bagnolard, celui-ci ne serait amateur que de succédanés d’autos, certes puissantes parfois, mais pas très sophistiquées. Parce que le pays est différent, l’expérience de l’auto y est différente, et les attentes des utilisateurs aussi. S’ils sont plus bagnolards que nous, c’est tout simplement parce qu’ils n’ont pas le choix, je crois.

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  3. tony

    Pour moi il serait interessant de savoir combien de mois de travail represente le vehicule le plus vendu. Car il est plus facile d’etre bagnolard si c’est moins. Ensuite quel est la performance des transports public? Imaginez la france avec des transports public 2 fois moins performant et vous comprendrez que l’automobile y aura une plus grande importance, ce qui est par exemple le cas en Italie…

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  4. Frédéric à Montréal

    Merci pour cette discussion. Très intéressant… mais avec des bémols! Les États-Unis sont loin d’être homogènes. Il y a des quartiers ou même des villes où il n’y a pratiquement pas de voiture américaine, que des européennes, des japonaises et des coréennes. Et il y a des états ruraux où il n’y a pas un concessionnaire de véhicule importé à 200 kilomètres.

    Aux États-Unis, tout le monde achète sa voiture à crédit ou la loue. Bien souvent, les constructeurs n’affichent qu’en tout petit le prix du véhicule, car ce qui compte c’est la mensualité. C’est pour ça que les gens changent souvent de voiture. Et ce qui marche en ce moment en Amérique du Nord, alors que le prix de l’essence a dégringolé, c’est gros ou c’est 4×4, et de préférence les deux!

    Quant aux constructeurs français, qui sont tous partis il y a au moins 30 ans… Trop chers par rapport aux Coréens ou Américains, déficit d’image par rapport aux Allemands et aux Américains. Il resterait peut-être un petit marché de niche, mais alors une toute petite niche! La seule chance de Renault, ce serait de passer par le réseau Nissan-Inifiniti… mais sans dire que c’est une Renault! Peut-être avec la Zoé, mais il y a déjà la Leaf!

    Au Québec, le capital de sympathie dont bénéficiaient les voitures françaises, même si elles étaient parfois rouillées en sortant de chez le concessionnaire, a disparu depuis l’époque où Renault a essayé de vendre ses voitures sous le nom d’American Motors… Une horreur!

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    1. Stéphane.nc

      Effectivement l’échange est riche et digne du meilleur POA mais il s’agit avant tout- et c’est bien!!- du ressenti personnel d’un français parti vivre à Detroit. Il ne s’agit pas là -si mes oreilles ne m’ont pas trahi-d’une analyse permettant de décerner aux US le titre de pays du bagnolard.

      Quelques observations diverses :
      > 20% des crédits auto distribués en 2014 sont considérés Sub-prime.
      >Aux USA comme ailleurs une partie des jeunes se détournent de plus en plus de la voiture. Documenté dans nombre d’études & articles.
      > GM et Chrysler en faillite en 2008. GM a même été nationalisé. Des marques mythiques ont disparu (Oldsmobile)
      >Detroit une des premières grandes villes placée en faillite (en est sortie il y a peu). Avec 800 000 habitants la population a été divisée par 2 (!!) en 40 ans.
      >Une bonne part du réseau routier est en mauvais état. Y compris des autoroutes.
      > J’ai un bon ami qui a bossé comme ingénieur chez BMW dans l’Alabama. Son témoignage était proche de celui de Fred de Montréal. Des bagnoles pour beaucoup d’américains parce que pas le choix. Notamment dans ces états ruraux, loin, très très très loin des clichés véhiculés par NY, LA, San Francisco, Seattle, Miami…Et comme partout (dont la France ce qu’a rappelé Renaud) des passionnés qui retapent, bichonnent leur caisse, et une majorité de gens pour qui ce n’est qu’un déplaçoire qui doit coûter le moins possible.
      >Quant aux restrictions de vitesse et la sévérité des forces de l’ordre US…je ne vois que les australiens pour rivaliser !!

      Donc titrer l' »Amérique »….Cela me rappelle un excellent bouquin publiée par une journaliste TV japonaise(connue là bas, le bouquin a d’ailleurs été traduit en français suite à son succès nippon), vivant à Paris 6ème, mariée avec un français et qui avec humour décrivait les différences culturelles et expliquait la France et les français à ses compatriotes. Ses lecteurs nippons en savent plus sur la vie dans Paris intra-muros (et encore la vie d’une intello aisée des beaux quartiers) que sur LA France éternelle et LES français….

    2. Daniel

      « … le capital de sympathie dont bénéficiaient les voitures françaises, même si elles étaient parfois rouillées en sortant de chez le concessionnaire… »

      Toujours aussi drôles les Québécois !

    3. michaël oualid

      c’est vrai qu’à Boston, il n’y a pas une voiture américaine. Toutes les rues ne sont remplies que d’allemandes et de japonaises, en proportion égale. C’est très étonnant.

  5. Laurent-BE

    Intéressant, mais attention à la généralisation même à Detroit qui est surement un cas particulier !
    L’américain moyen est p-e détendu question automobile, mais justement, pas si concerné que cela !

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  6. Piat Georges

    Super intéressant cet échange d’idées. Là-bas, on peut même dire que les bagnoles ont existé avant le réseau routier c’est dire s’ils aiment les autos ! Quant au rôle que tient la voiture en France, un vendeur d’autos allemandes me disait l’autre jour, quand on achète une voiture « premium », on achète souvent un statut social…

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    1. Robert

      Tout plein j’imagine.
      Même garage l’année passée :
      Rémi Cornubert.
      (Utilisez la fonction recherche en haut de la page P.O.A)

  7. Ronan

    Mon avis vaudra ce qu’il vaut mais je trouve que Michael est dur…..avoir 4 Fords ou 3 Buicks dans son allée ne fait pas de Bill un bagnolard, cela fait de lui un sur-consommateur, de même que de conduire la vieille Cadillac de grandpa ne fait pas de Brad nécessairement un connaisseur mais quelqu’un près de ses sous.
    Comparons également la taille du dit pays et affirmez-moi que Italie + France + GB + Allemagne ne serait pas un « pays » au moins aussi bagnolard avec toutes ses marques, son histoire, ses clubs, ses artisans…..n’ayons pas de complexe par rapport à nos amis Américains !!!
    NB: je n’ai pas la prétention de savoir « mieux » que M Oualid, je parle juste de mon ressenti, nous sommes bien d’accord. Il le vit en tant que pro en 2012-15, et qui plus est à Detroit, je l’ai vécu en tant que simple PO (sans le savoir à l’époque :D) pendant deux ans au début des noughties, et l’Amérique bagnolarde ne m’a ni marquée ni impressionnée.
    Bagnolarement parlant, personnellement je trouve qu’on est bien et qu’on a beaucoup de chance d’être en Europe, je n’échangerais absolument rien pour tous les dollar$ du monde. Et puis, les Américains, ils ont POA, eux?!? 😉

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    1. Nicolas

      C’est vrai que la majorité de leurs voitures ne fait pas très envie à nous européens, en effet, et je suis d’accord avec ça.

      La grosse différence se site au niveau de la connaissance technique moyenne des américains en mécanique et même électronique voiture.

      C’est à des années lumières de nous!

      D’ailleurs les outils sont très peu cher, accessibles très facilement en grande surface et de qualité professionnelle.

    2. Stéphane.nc

      +1 avec Ronan .
      Si on parle du succes des constructeurs l’Allemagne et le Japon seraient bagnolard Land!
      Si on parle de la vigueur et de l’influence de la presse auto (écrite et TV) , des manifestations bagnolardes et des artisans, la Grande Bretagne pourrait revendiquer le titre sans crainte.
      Quant à l’Italie sa passion pour la voiture n’est pas un mythe. Et la France demeure un berceau de cette industrie avec de nombreux passionnés ( POA en rencontre beaucoup).

    3. Nicolas

      Ok Stephane.nc et Ronan, mais quel est le plus gros client de Ferrari, Porsche etc.. entre l’Italie la France Allemagne et les USA?
      Et mieux encore, quel est le plus gros client Porsche boites manuelles?

    1. Daniel

      Il y a bien un Maitre de Caumont, pourquoi pas une Chantal Perrichon ?
      http://www.maitre-de-caumont.fr/wp/
      Si les voitures s’échangent ou se donnent si facilement, peut-être auraient-ils pu penser à cet ouvrier de Détroit qui a dû marcher 33 km tous les jours pendant 30 ans pour aller à son travail (pour fabriquer des voitures ?!) à la suite de la panne définitive de sa voiture ?!!!
      http://www.liberation.fr/monde/2015/02/03/l-amerique-emue-par-un-homme-qui-marche-33-kilometres-par-jour-pour-aller-travailler_1194622

    1. Fréour

      Pour des raisons financières (et logistiques, et industrielles, et de constitution d’un réseau de distribution digne de ce nom, etc.) malheureusement compréhensibles et intimement liées. Mais, en réalité, pour dire les choses comme dans les western, c’est surtout par manque de corrones depuis des lustres.

      Je me souviens de conversations répétées au cours des années 2000, ici ou là-bas, qui plus est avec des responsables de marques US éminentes, qui se demandaient également pourquoi une si longue absence ? Un vrai bonheur à entendre. L’un deux était même extrêmement titillé pour ne pas dire passionnée par l’aventure DS : « La DS3 elle se vendrait mieux qu’une Mini me disait-il ! Dites leurs de revenir  » Floriane est témoin que le message est passé plusieurs fois…

      En tout cas, pour DS, les US sont clairement indispensables ; c’est en Amérique qu’une marque premium gagne réellement en grandeur et en revenu… Tavares le sait. DS le sait et en parle même un peu. Reste à fixer une date. 2017 ? 2020 ? Cela dépendra des finances… Croisons les doigts ; avec cependant une inquiétude : plus on attend, plus le marché sera encombré : Audi et Porsche y ont des ambitions démesurées, Infiniti revient dans la course, Alfa et Maserati se lancent l’année prochaine et Cadillac est piqué au vif à… domicile. Bref, pardon d’être aussi trivial mais « va falloir envoyer du lourd ».

      Question à Frédéric de Montréal : le Québec pourrait-il être une base d’essai ? Un sorte de laboratoire ? DS aurait-il ses chances en incluant naturellement le SUV DS6 chinois ?

      En tout cas l’Amérique fait rêver, et écrire, et parfois plus que de raison. Merci Michael et Renaud pour cette parenthèse enchantée à Détroit sans quitter Paris.

      Go POA

      Cédric

    2. Gaëtan

      Je trouve qu’il y a d’ailleurs là une sorte de paradoxe : les constructeurs français n’ont de cesse de justifier leur choix stratégiques de modèles/gammes par la nécessité d’être adaptables au marché mondial, sauf qu’on constate rapidement que, pour eux, mondial = Chine, pas les US.
      Le marché américain fait peur car il paraît trop préempté par les constructeurs locaux, trop mature, trop saturé. Pourtant, je suis sûr que la french touch aurait une belle carte à jouer en termes de positionnement là-bas. Les japonais on bien réussi eux ! Et n’oublions pas que si les allemands en sont là où ils en sont aujourd’hui, c’est aussi qu’il n’ont pas eu peur d’aller très tôt sur le marché US.

    3. CRO

      La plus produite des voitures en France, la Yaris hybride est exportée aux US de mémoire… (?) à confirmer

    4. Teddy

      Merci à notre Premier Ministre pour cette analyse pleine de vérités! Le manque de corrones, c’est certain. Le problème aujourd’hui avec DS c’est qu’il y a la volonté d’aller ouvrir des DS store dans les grandes métropoles américaines… mais il n’y a pas de cash chez PSA. D’ailleurs d’après la presse spécialisée, l’offensive du plan produit (renouvellement de la DS3 entre autres) n’est pas attendue avant au moins 2017 pour l’Europe occidentale…
      Et concernant les allemands, oui ils ont osé et ça marche plutôt bien (mais Volkswagen a tout de même quelques difficultés)… Alors croyons au potentiel de la french touch!

    5. Guillaume Capelle

      @CRO

      C’est une variante spécifique,
      Au USA il on la Yaris « Made in France » qui est fournie avec un 1.5L essence.
      et pour l’hybride c’est Prius C (ou Aqua pour le japon) qui est un chassis de Yaris mais avec un design différent et qui importé du Japon.