Souvenirs d’Auto (29) : un cadeau nommé Camaro

Par Thibault Chatel. Début des années 80. Mon père a une nouvelle compagne qui s’appelle Catherine. Elle est scénariste, sympathique et je m’entends bien avec elle. Elle habite un bel appartement dans le VIIIe arrondissement de Paris et elle gare sa Ford Fiesta dans une ancienne écurie dans la cour. Je suis immédiatement intrigué, car à côté de la Fiesta, il y a une auto sous une bâche.

Catherine comprend assez vite ma passion et un jour me dit « viens voir ! Je vais te montrer la merveille ». Elle retire la bâche et je découvre un cabriolet Chevrolet Camaro RS 327 immatriculée en Californie.

Elle me raconte : « Je suis allée en 1967 au Etats-Unis avec mon mari, on l’a acheté neuve à San Francisco, on a fait la route pour traverser le pays et à New York, on l’a mise dans le bateau pour le Havre. Depuis, je la fais tourner de temps et temps et voilà ! ». Je n’en crois pas mes oreilles. C’est une première main et elle totalise 13 000 Milles d’origine. Elle est en état neuf !!

À l’époque, je n’ai pas le premier sou pour cette voiture que j’essaie d’oublier.

Avec Denis et François (Paco)

 En 1982 mon père est emporté par un cancer du poumon, la vie change… et je vois moins Catherine. C’est la vie.

En 1985, nous créons avec mon ami François Berthelot une société de production, Torpédo. Ça marche plutôt bien.

En 1988, François (qui chante très bien) me raconte que « La Foule » interprétée par Edith Piaf est en fait une valse péruvienne… et nous décidons d’enregistrer une nouvelle version de cette chanson en espagnol et de la passer à quatre temps. François devient « Paco » et c’est un magnifique coup de chance puisque le succès nous hisse 5 semaines N°1 du Top Cinquante ! Tout le monde danse dans les boîtes sur notre tube !

115863271

Bref, les finances vont plutôt mieux

Je rappelle Catherine et je lui demande si sa Camaro est à vendre. Elle me répond oui et nous l’achetons avec François (50 000 Francs, je crois). Il faut faire remettre le moteur en route, dégripper les freins, la faire dédouaner et la passer aux mines. Ça prend un peu de temps, c’est énervant la paperasse, mais on y arrive !

Avec Denis et François (Paco)

L’été 1989, nous louons une grande maison à Lourmarin dans le Lubéron et nous parcourons toutes les routes de l’arrière pays au volant de cette magnifique auto… qui l’air de rien pousse comme un Boeing. C’est drôle à de laisser sur place les mecs en GTI… Bien sûr, passé 100 à l’heure, il faut lever le pied, car la suspension un peu molle et les freins à tambours ne sont pas à la hauteur pour attaquer !

Cette auto est une horloge, elle ne mange pas d’huile et démarre au quart de tour. Une merveille !

Camaro Int

Quelques années plus tard, en 1990, je quitte Torpedo pour faire de l’animation. Quand deux associés se séparent, c’est un peu comme un divorce, il faut partager. La voiture reste avec François et je la regarde partir avec mélancolie… Quelques années plus tard, François la vend pour s’acheter une Stag… et depuis, je la cherche dans les petites annonces… sans succès.

À bon entendeur, salut.

Retrouvez tous les souvenirs d’auto de Thibault Chatel ici

 *Je m’appelle Thibaut, je suis né en 1959. Il se trouve que j’ai toujours adoré les automobiles… Pourquoi ? Sans doute parce que j’aime l’idée de liberté. On monte dans sa voiture, on démarre, on s’en va ailleurs. Là où il fait beau, au bord de la mer, à la campagne… peu importe. Parfois, je repense à des histoires d’enfance, d’adolescence, de jeunesse et j’ai décidé de les livrer à P.O.A.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

4 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Auto (29) : un cadeau nommé Camaro »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Tricatel

    En 1988….l’année de mon bac…je me souviens très bien de ce tube , dont la vidéo de mémoire était tournée en plan séquence sur un trottoir…donc si le jongleur faisait tomber ses balles il fallait tout recommencer….

    Répondre