Sauvons les derniers 6 cylindres Français !

Par Patrice Vergès. Depuis fin 2013, il n’y a plus de 6 cylindres françaises. A cause des gros malus de 4000 à 6500 euros qui frappent ces moteurs plus polluants, Renault, Peugeot et Citroën n’en proposent plus. Heureusement, Philippe Giai est là pour sauver le patrimoine.

G 1 - copieBien campée sur ses imposants 19 pouces optionnels, sa C5 Tourer V6 a toutes les options

Si vous n’avez pas eu une voiture à moteur 6 cylindres à 50 ans, on peut dire que vous avez raté comme votre vie. Sans pasticher Ségala, on peut néanmoins trouver que c’est regrettable. Un moteur à 6 cylindres qu’ils soient en ligne ou en V, apporte une onctuosité de fonctionnement, un couple, une sonorité soyeuse et veloutée que le meilleur 4 cylindres au monde n’offrira jamais. En cette période forcenée de downsizing, on n’est pas prêt de les revoir. Et c’est bien dommage.

80 ans de fidélité au double chevron

Philipe Giai est concessionnaire Citroën depuis plus de 30 ans à Valréas à deux pas de Montélimar. Un concessionnaire très actif qui vend 600 VN et 800 VO par an avec un taux de pénétration de 20% contre 13% pour la moyenne des concessionnaires Citroën. Dans la région, on n’achète pas une Citroën mais une Giai. D’ailleurs, il a fait réaliser par la société G3D, le logo Giai chromé qu’arborent toutes les voitures qui sortent de sa concession. Chez les Giai, on la passion de la marque de père en petit- fils puisque c’est son grand père qui a crée l’agence Citroën en 1935.

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 Philippe Giai a un double chevron qui palpite dans sa poitrine

Philipe a crée au sein de sa concession un petit musée dédiée à la marque au double chevron qui comprend notamment les 6 cylindres produites par la marque. Mais revenons à notre moteur 6 cylindres. Il a été très déçu quand Citroën a arrêté la C6 notamment en V6 tout en supprimant la motorisation 6 cylindres de la gamme C5 uniquement proposée en 4 cylindres aujourd’hui. Une voiture qu’il adore et dont il loue la confortable suspension hydractive tout comme ses clients d’ailleurs qui, après avoir essayé une DS5 dont ils sortent avec le dos meurtris, reviennent à la C5.

Construction spéciale

Philippe a alors tenté d’acheter une C5 V6 diesel neuve animée un très beau V 6 3 litres double turbo 24 soupapes de 240 ch fabriqué par Ford et monté également sur les Jaguar. Il n’y en avait plus dans le réseau. Il a tenté sa chance auprès de la direction régionale Citroën. Pas mieux. Tenace, il a appelé l’usine de Rennes où est construite la C5 pour bénéficier d’une fabrication spéciale. Pas possible, lui a-t-on répondu. Mais quelques mois plus tard, un responsable de l’usine de Rennes, l’appelle pour lui dire qu’ils ont trouvé un moteur V6 diesel et qu’il est possible de lui concocter une C5 V6 spécialement pour lui.

« Je l’ai choisie en Tourer en finition Exclusive Plus avec toutes les options possibles : toit panoramique, peinture spéciale Bleu Bourrasque, superbe cuir Criolo, boîte auto, etc ». Sa voiture lui revient à 54 000 euros, une somme à laquelle il faut rajouter les fameux 4000 euros de malus. Il en est enchanté !

G 04 - copie Le V6 HDI était fabriqué par Ford. Un très beau biturbo de 240 ch

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A Valréas, on n’achète pas une Citroën mais une Giai

Une prochaine fois je vous raconterai l’histoire extraordinaire de la Giai Spécial. Barquette sportive sur base Peugeot dont la caisse est très inspirée des Darl Mat d’avant guerre. C’est son grand père qui l’a construite en 1946 et avec laquelle il a couru jusqu’aux années 50. Puis elle a disparu jusqu’en 1985 où Philippe l’a retrouvée (voir photo). Si le propriétaire de cette Giai Spécial n’a pas voulu lui vendre, en revanche, il a consenti à lui prêter quelques mois pour qu’il en fasse la réplique aussi vraie que la vraie. Nous l’essaierons un jour si vous le voulez bien. Philippe regrette amèrement que la marque au double chevron abandonne peu à peu sa suspension hydractive et tout ce qui faisait sa spécificité technologique. « Si André Citroën vivait toujours, on n’aurait pas des boîtes DSG à double embrayages comme les Audi mais au minimum des boîtes à triple embrayages ! » conclue t-il avec un humour teinté d’un brin de nostalgie.

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 La vraie Giai Spécial sur base Peugeot a été construite par son grand-père en 1946.


 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Sauvons les derniers 6 cylindres Français ! »

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  1. BREZOUT-FERNANDEZ

    Cher Monsieur. Responsable des « Concours d’État et de Restauration » au sein de la FFVE, je vais présider le concours de Clermont-Ferrant le samedi 2 juillet. Une barquette Peugeot se présente à nos investigations. Elle est de couleur bleue, immatriculée dans le 63 et ressemble à la voiture photographiée en fin de l’article ci-contre. Connaissez-vous cette auto ? Est-ce la voiture originale ou s’agit-il de la réplique qui en a été faite ? Merci de tous les détails que vous pourrez me faire connaître sur cette auto. pour la FFVE, R-L BREZOUT-FERNANDEZ

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  2. Teddy

    Il n’y a pas à sauver le 6 cylindres français car celui proposé par PSA, comme il est justement dit dans l’article, provient de Ford!
    Mais il n’y a pas à mon sens d’intérêt à proposer de nouveau des 6 cylindres chez PSA. L’avenir tient dans l’hybride rechargeable et pourquoi pas dans l’hybride Air!
    Pour l’image de marque, certes, un beau V6 essence, c’est un atout considérable. Mais PSA est loin d’avoir les moyens pour investir dans une telle technologie.

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    1. Franckreich

      Ok le problème de moyens on l’entend depuis 30 ans, depuis qu’il est question de remplacer le PRV.
      Le V6 HDI a montré que ce n’était pas un pb de moyens mais de débouchés prévisionnels. Les marques Françaises ne croient plus en leurs débouchés dans le HDG depuis longtemps, et de fait, ils se sont toujours plantés (faute de conviction et d’investissements suffisants sans doute). Il auraient pu demander à Audi comment ils avaient fait pour s’imposer en 25 ans d’efforts constants dans les produits et le réseau. Avec DS, l’ambition est mieux portée, mais la mode n’est plus dans vraiment aux multicylindres (à tort je trouve), une occas unique de repartir sans ce frein psychologique

  3. Stéphane.nc

    Vous êtes globalement trop pessimistes je trouve. BMW aussi abandonne progressivement son L6 atmosphérique, un chef d’œuvre pas comme feu le PRV franco-suédois.
    Jaguar, Land Rover reviennent dans le match avec de nouveaux moteurs (et pas n’importe lesquels!), de nouvelles technologies embarquées. C’est possible mais bien entendu pas en se limitant à un marche domestique saturé et pénalisé par 1/ une économie en panne 2/ une fiscalité écrasante au nom de l’environnement (qui a poussé à la vente de milliers de citadines diesel….une hérésie).

    Le come back est possible!!!

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  4. Thibaut Chatel

    C’est vachement malin ce malus dans un pays où il reste 3 marques automobiles… Moi, je crois que les hommes politiques seront contents quand il n’y en aura plus… En tous cas, merci patrice, vive le V6 et vive la France !

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  5. Fréour

    Merci Patrice,

    Philippe Giai. Quel personnage. Quelle belle histoire. Et quel hommage à la C5 V6 HDI.

    C’était jusqu’à sa disparition du catalogue la meilleure voiture statutaire hexagonale ; j’avais d’ailleurs une affection toute particulière pour elle ; le malus ne lui a malheureusement pas fait du bien, et l’on passe sur le savoir-faire aujourd’hui sans descendance. Triste.

    Pour renouer, non pas avec des V6 (à tort ou à raison ce n’est plus franchement le sens de l’histoire) mais de nouveaux rêves mécaniques, les espoirs reposent donc, plus que jamais, sur DS. Ce qui est une chance inouï en plein bouleversement énergétique !

    Ainsi, souhaitons que des Plug-In-Hybrid (essence s’il vous plaît) offrant de 200 jusqu’à 300 ch (pour moins de 2l/100 km et/ou 30g/km) livrables sur de prochaines DS5 (pour la relancer), DS6 WR et, qui sait, DS7 et DS8 ne refassent vibrer la planète – je veux dire de Shanghai à NYC en passant par Berlin, sinon on risque (dans cette économie qui ne se résume plus depuis longtemps aux frontières françaises) de se cantonner de nouveau au second rôle pour quelques générations.

    Bref, de l’innovation et de l’ambition, comme Audi, Porsche, Apple, Samsung, Rolex, Louis Vuitton, Elon Musk, Xavier Niel, Luc Besson… et, bientôt, Citroën ? On croise les doigts ! Et fermement car il y a urgence quand on voit ce que les allemands, les américains, les coréens, les japonais et, bientôt, les chinois (via Volvo) sont capables de proposer chaque jour qui passe… Ce serait dommage, une fois encore, de louper le train…

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  6. Franckreich

    Les marques françaises, et PSA en particulier, n’ont plus les moyens de leurs ambitions. Ils les avaient il y a 15 ans, en puissance relative vs. les marques allemandes. Même si nous n’avions plus depuis longtemps de marques premium, les marques Françaises affichaient toujours l’ambition de se présenter honorablement sur tous les créneaux.
    Depuis, des erreurs stratégiques considérables ont permis aux marques allemandes de réussir leur internationalisation, tout en accroissant considérablement leur assise sur le marché domestique. Ils disposent aujourd’hui de moyens tels que leur avance semble prise pour toujours. Quand on a 20 milliards à investir en R&D, on prépare un avenir encore plus rose pour les 10 prochaines années,. Je ne vois pas comment les marques de taille moyenne (ce qui inclue les Jaguar/land Rover, Volvo, Fiat, ..) réussiront à rester dans la course… voire à subsister.
    Renault (grâce à Nissan) me laisse un peu moins pessimiste.

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  7. Philippe

    Ce monsieur a bien raison concernant l’anecdote boite « triple » embrayage. Plus grave, aujourd’hui la gamme DS se résume à de la poudre aux yeux, technologiquement cela ne vaut pas tripette autant d’un point de vue motorisation que transmission et de plus Citroen ne généralise par la suspension Hydractive sur son haut de gamme. Faut pas être surpris des ventes du groupe VW ….

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  8. LOUIS Gaël

    Le problème des constructeurs Français, c’est qu’ils n’ont aucune vision d’avenir a propos de l’automobile, ils se contentent de sortir des voitures, des motorisations souvent avec 3-4 ans de retard sur la concurrence…

    La C6 a été le coup de génie de Citroen, mais ils l’ont complètement abandonné, au final je me demande si ils n’auraient pas mieux fait de la laisser a l’état de concept…

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    1. joséphus arnaud

      c est dommage, qu on est plus de beau moteur pour les voitures francaise.
      les 6 cylindres était noble, musical