Portrait : Frédéric et sa Triumph TR3

Depuis près de 30 ans, Frédéric partage l’existence d’une Triumph TR3 1959 avec laquelle il a parcouru près de 50 000 km. Faisons un bout de route ensemble !

Par Monsieur Patrice Vergès

Dans les Misérables de Victor Hugo, il y a un superbe chapitre intitulé « Tempête sous un crâne ». Dans la TR3, c’est tempête sur un crâne car les courants d’air tourbillonnants fusent autant de l’arrière, que du haut du pare-brise que par les portes largement échancrée. Mais ces fameux courants d’air qu’on trouverait odieux sur un cabriolet moderne ne rajoutent que du bonheur au bonheur d’avoir face à ses yeux, cette multitude de petits cadrans Smiths qui font songer à des cadrans de montres vintage et dans les oreilles, la sourde respiration des gros carburateurs SU qui gavent le 4 cylindres de 2litres.

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La Triumph TR3 ici capotée était le roadster anglais typique des fifties

Coup de foudre !

« Elle est deux ans plus jeune que moi puisqu’elle date de novembre 1959 » avoue Fréderic dont les mains jouent avec le superbe volant bois Motolita qui n’est pas d’origine. « En la voyant en 1985, j’ai eu coup de foudre et bien que ce ne soit pas une auto de ma génération, je l’ai achetée. Elle marche formidablement bien et en prés de 30 ans, excepté des problèmes d’overdrive qui ont entraîné des ennuis de boîte de vitesses, je n’ai pratiquement rien eu excepté, bien entendu, l’entretien normal. Elle était très saine, avait été bien restaurée et comptait toutes les options notamment le chauffage »

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 Journaliste, écrivain, spécialiste de l’histoire Triumph, Fréderic conduit sa TR3 depuis près de 30 ans

La Triumph de la Lignée TR est le roadster anglais typique des années 50/60. Née en TR2 en 1952, elle s’est muée en TR3 fin 1956 avant de se voir baptisée TR3 A un an plus tard lorsqu’elle a reçu la grande calandre (wide mouth) liée à une puissance accrue avant de s’effacer fin en 1961. Année où elle a laissé la place à la TR4 qui sous une carrosserie plus moderne cachait les mêmes dessous et sensiblement la même mécanique poussée pour l’occasion à 2138 cm3.

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Ses portes largement échancrées, ses ailes séparés, ses yeux exorbités lui donnaient un charme fou 

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Le gros 4 cylindres de 1991 cm3 alimenté par deux carburateurs SU délivrait 100 ch

Souple et puissant.

Bien qu’il soit dérivé d’un moteur de tracteur, le rustique 4 cylindres de1991 cm3  a de la ressource surtout à bas régime, où il reprend solidement dans un bruit sourd né de ses entrailles de fonte. Frédéric joue avec l’overdrive qui, en offrant l’équivalence de 7 rapports, décline toutes ses tessitures par l’échappement en animant la rotation du gros compte-tours. « C’est une voiture très agréable à conduire, suffisamment rapide pour la circulation actuelle et pas trop fatigante. Avec mon épouse, nous n’avions pas peur d’effectuer de longs kilométrages avec lors de sorties ou petits voyages ». Les 50 000 km effectués le prouvent. Frédéric est passionné par le sport automobile. Journaliste, écrivain, excellent photographe, il a collaboré à la revue Echappement et AutoHebdo avant de se lancer dans le métier d’éditeur. Il a signé huit beaux livres sur le sport automobile dont six consacrés uniquement aux Triumph en compétition. C’est dire s’il connaît son sujet sur le bout des doigts. D’ailleurs voici son blog :  http://fredericreydellet.blogspot.fr/

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Comment résister à cette planche de bord aux petits cadrans Smiths qui font songer à une montre

 

Il est difficile de ne pas craquer devant le physique d’une TR3. Avec ses gros phares exorbités, sa bouche gourmande, ses portes échancrées destinées au coude qui vient s’y lover, ses ailes séparées, elle exhale un charme fou à l’extérieur. Cela se poursuit à l’intérieur avec des baquets qui tiennent bien le corps, ce court levier de vitesse qui tombe idéalement sous la main, ce petit pare-brise, cette sensation d’être assis sur la route et cette planche de bord jubilatoire. En 1959, avec ses 100 ch et ses 175 km/h, c’était la reine des voitures de sport se hiérarchisant entre la MG 1600 moins rapide et l’Austin Healey 6 cylindres plus chère. D’ailleurs toutes versions, elle a été fabriquée à 85 000 exemplaires dont la grande majorité a trouvé preneurs aux USA. Les Américains en étaient fous.

Il est temps de rentrer. Fréderic installe les arceaux de la capote puis les fameux « side-screen » ou panneaux latéraux si vous préférez. Un exercice qui demande une bonne patiente par rapport à nos interminables 20 secondes d’une capote électrique de 2014. Installés, ils laissent joyeusement passer l’air. Derrière l’étroit pare-brise mangé par les gros phares, traversé de bouffées d’air frais ou chaud venues des panneaux ou de la boîte, on comprend qu’il est parfois mieux de conjuguer l’imparfait que le plus que parfait de nos voitures d’aujourd’hui.

 

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Frédéric à publié 8 livres sur le sport automobile dont 6 uniquement sur les Triumph en course

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Sa TR3 est équipée d’un gros phare de recul comme les Triumph d’usine. La trappe cache la roue de secours

 

L’avis des Petits Observateurs !

Un commentaire au sujet de « Portrait : Frédéric et sa Triumph TR3 »

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  1. Thierry

    Bravo Mr Vergés, vous nous faites a chaque fois révez avec tous les details et les anectodes de l’époque. Bravo quel culture !. Peut être bientot la TR4, TR5 ( difficile a trouver car 2940 exemplaires..), TR6, TR7, et TR8. Belle descendance…

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