Saga des voitures moches (2) : Alfa 6

Alfa 6  : rien de neuf !

Poursuivons notre saga des voitures les plus moches. Comme les autres marques, Alfa Romeo a eu son vilain petit canard qui s’appelait Alfa 6. Sortez vos mouchoirs !

par  Monsieur Patrice Vergès

L’Alfa 6 est une voiture oubliée au sein de la gamme Alfa Romeo et c’est tant mieux. Si la vieille marque italienne a longtemps produit des véhicules excitants, à partir des années 70, par manque de moyens, ses productions ont commencé à perdre leur sex-appeal. Tout en cherchant un repreneur qui s’appela Fiat, Alfa Romeo devait pourtant continuer à lancer de nouveaux modèles pour survivre, ceci avec trois fois rien. Depuis la disparition de la 2600, la firme milanaise au nom encore emblématique avait laissé partir les amateurs de 6 cylindres rapide chez Audi ou BMW. Mi 1979, la marque italienne dévoila enfin cette fameuse grosse Alfa qui devait tailler des croupières aux insolentes teutonnes. 

Pas très Romeo cette Alfa !

Quand cette berline de prestige tant espérée fut présentée tout le monde déchanta grave. Visuellement, elle avait une malformation physique qui sauta vite aux yeux. Comment dire ? Par rapport à sa longueur de 4,76 m, elle semblait trop étroite, étriquée avec ses pare-chocs trop lourds sur son corps trop frêle. Mal formée serait plus approprié avec un capot trop long, un habitacle trop court, un cul trop en porte à faux, le tout mal posé sur des voies bien trop étroites. Tout était trop ou pas assez !

Comment Alfa avait pu commettre cette anamorphose mécanique ? En utilisant pour faire des économies la plate-forme et la structure de l’Alfetta née en 1972 portée à 2,60 m d’empattement tout conservant les voies étroites imposées par l’utilisation de son l’habitacle et de ses ouvrants. Si à l’extérieur ses formes de surcroît banales choquaient l’étroitesse se ressentait encore plus à l’intérieur avec une largeur aux coudes de 1,27 m seulement. Nous passerons sur l’intérieur dont les généreux placages bois ne masquaient pas les garnitures de piètre qualité et la couleur incertaine des tissus mous notamment le beige virant au vert de gris après quelques mois d’utilisation avec en cadeau les empreintes digitales des doigts imprimés en noir sueur du conducteur. Nous ne nous appesantirons pas sur le tableau de bord tarabiscoté aux cadrans cubiques ni sur le volant au moyeu vicieusement torturé indignes d’une maison qui avait dessiné la sublime planche de bord des coupés 1750 GTV.

6 carburateurs !

Sous cette esthétique grotesque se cachait un beau 6 cylindres en V double arbres tout en alu de 2,5 l de cylindrée alimenté par six carburateurs donnant l’intéressante puissance de 160 ch. Hélas, malgré ses qualités musicales, cette mécanique, ne sauva pas l’Alfa 6. Celle ci vécut dans l’indifférence générale épaulée par sa sœur 90 en 1984, année où elle adopta une injection Bosch qui résolut les problèmes nés de ces 6 carburateurs simple corps impossibles à régler. Cet acharnement thérapeutique et mécanique permit à l’Alfa 6 de survivre comme un légume jusqu’à 1988 où elle fut débranchée après seulement 12 280 exemplaires produits dont environ seulement 500 vendus la France. Je me souviens d’en avoir vu une dans la rue. Le moment de peur passé, je l’ai photographiée. Gardez vos mouchoirs pour la prochaine !

Si la planche de bord fait illusion sur une photo, en réalité à cause de matériaux de qualité médiocre et d’un assemblage hâtif, c’était un bruyant nid à poussière….
 
 
 
Trop longue, trop étroite, trop haute avec des portes à faux trop longs, l’Alfa 6 souffrait d’avoir été bâtie sur la plate forme de l’Alfetta de dimensions bien inférieures
 
Une Alfa 6 était si rare, que j’en ai photographié une dans les rues de Paris il y a près de 25 ans. Son arrière trop long se perçoit nettement sous cet angle
 
P.O.A juin 2013
 

L’avis des Petits Observateurs !

9 commentaires au sujet de « Saga des voitures moches (2) : Alfa 6 »

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  1. Alfiste

    j’ai récemment fais l’acquisition d’une Alfa 6 phase 2,injection et boite mécanique ,c’est ma 9ème Alfa, pour info, aucune en traction avant…!
    Bien sûr qu’elle est déséquilibrée et pataude ,mais a peine plus moche qu’une BMW serie 5 des années 70…passons sur la qualité des plastiques intérieurs,l’ensemble est tout de même assez cossu, genre voiture de notable…
    Ce qu’il faut surtout retenir, ‘c’est la partie mécanique ,un magnifique V6 Arese ,très fiable en injection ,servi s’il vous plait par une boite 5 ZF avec la première « en bas »,le top à l’époque et un pont autobloquant de très bonne facture. Vu le peu d’exemplaires ayant survécu, et le plaisir de conduite qu’elle procure,elle va subir une cure de jeunesse,(des que j’en aurai fini avec une Giulia de 1967,un gtv6,et pour finir le combi vw T 2…
    Ne soyez pas trop dure avec l’ Alfona, essayez là…
    bonne route à tous.

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  2. AutoBlogs

    Pour faire suite aux deux commentaires précédents sur la 75 et la 90 : oui il faut épargner la 75 que l’on peut avoir passionnément aimé, mais qui avait hélas, il faut bien reconnaître, des lignes très torturées… Une 33 disgracieuse, avec la beauté de sa force une fois que l’on s’y était habitué. La 33 elle-même fort jolie sous certains angles, semblait maladroite sous d’autres. La deuxième version de la 33 gomma ses petits défauts mais enaidit tout ce qu’elle avait de bien. La 90 pouvait sembler encore plus étrange: classique et baroque à la fois, avec, oui, cette plaque minéralogique pbizarrement positionnée façon SM et une ligne dont on ne savait si elle était plus réussie ou finalement plus ratée, parce que molle, que celle de la 75. L’Alfa 6 n’était pas forcément si laide, avec des airs de BMW et sa poupe allongée était typique des canons de l’époque… où elle aurait dû être lancée comme dit dans un autre commentaire. Les photos que vous montrez ne lui font pas de cadeau : que pensez-vous de celle-ci où elle a l’air très BMW justement ? http://www.movitcars.com/images/DSC02159b.jpg Cela, bien entendu, c’était avant le facelift. Un sujet proposé à juste titre par un autre commentateur, qui mériterait sans doute une série à lui tout seul.

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  3. gds

    Il faut aussi dire que la 6 était initialement prévu bien avant 1979…Mais la crise passa par la et la voiture est sorti presque cins ans trop tard, sans avoir été meme modifié!

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  4. Rico.

    Ma première auto était une Alpha Roméo, une Alpha Sud, que j’ai adoré, son bruit et sa coupe sportive, mais j’ai pulvérisé, à quand on est jeune…..

    Rico.

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  5. Anonymous

    Dans l’esprit « les ratés de l’auto », on pourrait aussi s’intéresser aux liftings ratés. Il me semble que ça arrive moins aujourd’hui, mais dans les années 80/90, Renault s’était fait le spécialiste du « tiens! Et si je défigurais une voiture mignonne et réussie dès le départ, histoire de lui redonner une seconde vie, de la rendre plus moderne… » Je pense ici aux facelifts lourdauds des R25, R21, R19 et Clio première génération. Fiat était également un grand spécialiste, avec ses Uno et Punto enlaidies au bout de trois ou quatre ans. Peugeot ne s’en est pas trop mal tiré, ces années là…
    Une idée à creuser…
    Stéphane G

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