Il y a du sexe dans votre roue….

Par Patrice Vergès* . Si vous ne vous intéressez pas au sexe, le sexe s’intéresse à vous. Votre voiture flatte votre sexualité qui se cache là où vous ne l’imaginez même pas. Dans vos roues….

Avant, la puissance, la virilité, la vigueur d’une voiture se cachaient dans la longueur de son capot ; vieille réminiscence de la grandeur de l’attelage des chevaux. Plus il y en avait, plus l’équipage était long, plus l’homme était riche, rapide, puissant, énergique, viril avec la symbolique de tout ce qui allait avec, notamment pour la longueur.

Dans les seventies, la généralisation du moteur transversal a raccourci la longueur des capots. Comment afficher désormais sa puissance ? Elle a émigré dans le pot d’échappement. Plus il était gros, plus il était long, plus il était épais, plus il était évocateur de la virilité de son conducteur. D’ailleurs, la devise du fabriquant des pots Devil était « roulez viril, roulez Devil ». De forme turgescente, il remontait en l’air tel un sexe masculin en érection. Audi qui avait vainement tenté de dessiner des sorties d’échappement riquiqui tombant sur la chaussée aux débuts des années 90, dut abandonner ce concept car elle donnait à son conducteur, le profil débandant du type mou-mou-mou qui aurait du avaler une boîte de Viagra.

De l’organe viril à anal !

Seulement voilà, le pot d’échappement a changé de statut à l’aube de l’an 2000. De l’organe viril, il est devenu anal. Le pot d’échappement, c’était sale ! C’est par lui que s’échappaient les méchants CO² responsables de tous les maux de notre pauvre vieille terre. Du coup, aujourd’hui, la honteuse sortie d’échappement se cache derrière un carénage sur pratiquement sur toutes nos voitures. Quel organe esthétique allait devenir la symbolique de la virilité de son conducteur ? Les constructeurs ont poussé à la roue pour que ce soit, la roue !

C’est la roue qui a supplanté le rôle viril du pot d’échappement ou plutôt le diamètre de la roue. Celui-ci est passé de 13/14 pouces dans les années 90 à allégrement plus de 19, voire 22 pouces pour certaines sportives liées à des pneus au profil de plus en plus réduit. Certes, c’est à cause du poids accru des voitures, du diamètre des disques de freins prétendent les techniciens.  Ce n’est pas faux, mais pas vrai non plus !

Le supplice de la roue

A-t-on besoin d’une roue de 18 pouces sur une urbaine pour aller chercher Kevin à l’école ?  Il y a quelques semaines, nous essayons tous la nouvelle Mazda 6 et Renaud vous a dit tout le bien qu’il en pensait, par ailleurs. Elle est chaussée de jantes de 19 pouces gantées de pneus très bas profil qui la rendent un poil trop sèche sur revêtement dégradé. Et nous pensions tous qu’en 17, elle serait bien plus agréable pour nos reins. Même punition pour la DS5 presque inconfortable à cause de ses trop grandes roues. À croire que les constructeurs ont réinventé le supplice de la roue.

Mais les 19 pouces de la belle Mazda qui grignotent avec gourmandise ses passages de roues lui donnent un physique plus musclé, plus agressif et disons simplement plus viril ; bref plus burné. Et, si nous n’avions pas peur d’un très mauvais jeu de mots, nous dirions roue….. pette.  

C’est désormais par la roue que s’affiche, la testostérone secrétée par une voiture. Les esquisses des voitures de demain publiées ici où là semblent dévorées par des roues flirtant avec les 30 pouces. La nouvelle Opel Cascada est chaussée en 20 pouces, des sportives sont déjà montées en 22 pouces en série tandis que le tuning propose des 27 pouces. Soit des dimensions de pneus de bicyclettes ! Comme le Paon fait la roue pour séduire la femelle, l’automobiliste fait la grande roue pour séduire l’autre sexe.  

 

Patrice Verges

Journaliste, historien de l’automobile, romancier, Patrice Vergès écrit depuis plus de 40 ans dans des revues automobiles et motocyclistes françaises et étrangères. Il a publié trois livres sur l’histoire de l’auto et a signé plusieurs romans policiers. Dans la revue Option Auto, il a longtemps signé une chronique intitulée « Il était une mauvaise foi » où il donnait sa vision très personnelle de l’automobile. En mai 2013, sous sa plume devrait sortir chez ETAI, « Michelin à la conquête de l’automobile et à la rentrée, chez « Vents salés », son cinquième roman appelé « Les disparues de la Garonne ».

Dans les années 60, le pot d’échappement symbolisait la virilité d’une voiture comme le fameux pot Devil

 

La nouvelle Mazda 6 est chaussée de roues de 19 pouces

 

20 pouces pour l’Opel Cascada

 

 

Du 22 pouces en tuning, bientôt du 25 !

 

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « Il y a du sexe dans votre roue…. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Anonymous

    Bravo à Patrice pour cette analyse, mais que penser alors de la nouvelle Corvette Stingray et ses 4 pots d’échappement ? (!)
    Sans rire, elle me fait véritablement penser à une régression de designer-enfant… plus il y a de pots, plus elle est puissante…
    Sinon, l’artifice des grandes jantes est utilisé par les designers pour équilibrer le design de carrosseries qui doivent compter avec des dimensions croissantes dues aux normes et avec des lignes de plus en plus complexes pour tenter de différencier les marques. Effectivement, la Mazda 6 est équilibrée en design, mais elle fait 4.80 m où une mazda 626, qui était chaussée plus petit, était tout aussi équilibrée car plus courte(même si plus « molle » en dessin, rapport au bio-design).
    De là à y voir du sexe !!!

    Répondre