Lightning GT, super car électrique british

Carte Blanche 
à Philippe Campana*

Ingénieur automobile, Philippe Campana nous présente la Lightning GT, une super car électrique anglaise qui aimerait bien se faire une place au soleil.

Présentée courant 2008 sous la forme d’un concept quatre roues motrices Protean Electric (ex- PML Flightlink) de 650 cv, la Lightning GT inaugure l’ère des supercars électriques. Fruit de la réflexion de Ian Sanderson, amateur de sportives et résidant Londonien, cette voiture symbolise le vrai début « crédible » de l’électrique dans le segment du très haut de gamme.  



Après une longue gestation, le prototype roulant vit jour début 2011. Exit le système intégrale et retour à un propulsion conventionnelle, cette étape marque le début de la qualification d’un véhicule intégrant deux moteurs Allemand pour une puissance cumulée avoisinant 400cv  et un couple dépassant 3000 NM !! A ce jour, participant au programme gouvernemental Britannique EEMS, le prototype aura bientôt parcouru 13.000km sans aucun souci de fiabilité ; à basse température, par fortes chaleurs, sous des pluies diluviennes, accomplissant d’un trait un voyage de 190km et acceptant une décharge batterie de 100% à 0.5%. Les quelques propriétaires de Tesla aux batteries mortes pour charge insuffisante apprécieront la fiabilité.  Notons que toutes ses informations ne sont pas inventées mais contrôlées par un enregistreur de données imposé par le programme EEMS.

 

Que différencie cette voiture de ses concurrentes ? En premier lieu ses batteries Lithium titanate fournies par Altairnano, si ces dernières disposent d’une «densité énergétique» moindre que d’autres technologies, elles peuvent se charger rapidement  en dix minutes. Elles sont efficientes de -40° à +55° Celsius, très stables, encaissent en laboratoire 25 000 cycles sans broncher contre 1200 pour une batterie Lithium-ion standard, chauffent peu d’où leur refroidissement limité et le gain de place associé. Elles sont très résistantes aux chocs rendant possible leur utilisation par l’armée américaine, vérification faite par de sévères tests dont celui de l’impact de balles de calibre 7.62 ! Un bon point pour le MI6. 

Ces accumulateurs participent aussi à la rigidité torsionnelle du châssis aluminium. Ce dernier recevra une carrosserie en fibre de carbone pour le modèle de série, vrai gilet par-balles, encore un bon point pour le MI6. Autre point différenciant, séquence « Nicolas Hulot », le modèle de production intègrera un groupe propulseur endémique, comprendre britannique. Nos politiques apprécieraient le « Made In Chez Soi ».  

Dernier point technique, l’autonomie officielle affiche 240 km mais passe à 360 via un pack optionnel. Comme tout véhicule électrique, ces autonomies théoriques n’intègrent malheureusement pas le vallonnement des trajets. Les différences de températures impacteraient moins le rayon d’action du fait de la technologie Nano-Safe. Concernant le design, son superbe look « Vintage» ne trompe pas, cette voiture affiche fièrement ses origines insulaires.


A l’origine l’objectif de production annuelle atteignait 250 voitures, crise oblige et inflation galopante du prix elle se limitera à 25. Affichée £180.000, soit le prix d’une Aston Martin DBS neuve en Angleterre, la chose n’est pas donnée mais des commandes fermes valident le projet. Début de production à la rentrée 2012, première livraison début 2013. Ce modèle bénéficie de l’homologation Européenne des véhicules de petite série. Réservation possible contre un chèque de £4000. Iain Sanderson réfléchit à la location des batteries, but avoué : diminuer le coût d’acquisition. Renault fait des adeptes.


Interpellant est le soutien financier du gouvernement Anglais aux développements de véhicules électriques sportifs : Westfield, Delta MotorSport, Ecotricity et Ligthning. Pragmatiques, les britanniques nous rappellent que l’exemple doit venir d’en haut. Une telle démarche pourrait-elle exister en France, pas certain. Question de mentalité.

* Philippe Campana

Ingénieur de formation, passionné d’automobiles, en charge à ses débuts de la cellule technique d’une club Ferrari qui fut longtemps ma passion, rédacteur dans la revue du club et World in Red à son commencement (http://www.world-in-red.fr/index-fr.html), ex-propriétaire d’une Lotus Elise 111R et toujours membre passif du Club Lotus France: les descendants de Satanas et Diabolo. Grand amateur d’engin loufoques, donc forcément Anglophile. Mon rêve, la nouvelle Morgan Plus 8. Ma plus grand chance: mes longues discussions avec le pape de la photographie automobile, Bernard Cahier, c’était une géant, aussi bien humainement que professionnellement. Rencontres que je dois à « Monsieur Pierre », collectionneur de voitures à pédales dans la Creuse.

Petites Observations Automobile – juin 2012





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