Quel avenir pour Saab et Volvo ?

Les nouveaux propriétaires de Saab et Volvo, l’Hollandais Spyker et le Chinois Geely, seront-ils trouver les clés du succès pour assurer l’avenir de ces deux exceptions suédoises  ? par Renaud Roubaudi juin 2010

Le destin est étrange. À quelques semaines d’intervalles, Saab et Volvo, respectivement sous le contrôle de General Motors et Ford depuis une vingtaine d’années, changent de propriétaires. Face aux géants du secteur et aux impitoyables exigences de la mondialisation, ces deux fleurons de l’industrie suédoise vont devoir trouver un second souffle, sans renier leurs particularismes. Un sacré défi. 
Là où l’histoire devient intéressante, c’est que ces deux sœurs ennemies empreintes deux voies totalement différentes. Saab confie son avenir à Spyker, un minuscule constructeur de voiture de sport hollandaise qui ne produit qu’une vingtaine de modèles par an. Heureusement, Spyker appartient à un consortium industriel qui voit l’opportunité unique de se lancer dans le grand bain de l’automobile mondial. Entre leur capacité d’investissement, les aides de l’état suédois et de la communauté européennes (+ de 500 millions), et la cessation d’une usine complète par General Motor, on se prend à rêver. D’autant plus que Spyker hérite sans débourser un sou, de trois nouveaux modèles développés sous l’air GM : la berline 9.5 qui sera en vente à la rentrée, son futur dérivé break et un SUV 4X4 en 2011. La question est maintenant de savoir si un petit groupe soudé et motivé sera mieux gérer Saab que les comptables de General Motors qui avaient appauvrie la marque au fil des ans ?
À l’opposée de cette approche quasi artisanale, Volvo est passé sous le contrôle du Chinois Geely pour 1,6 milliard de dollars. Ce géant de l’automobile inconnu chez nous, a d’immenses ambitions et Volvo lui permet de rentrer par la grande porte sur le marché américain et européen. Comme Spyker, Geelly hérite dans la corbeille de mariage d’un tout nouveau modèle prometteur, la berline S60 développée sous l’air Ford. Pourtant, malgré ses indéniables qualités, Volvo n’a jamais produit assez face à ces concurrents prémium et a particulièrement souffert de la crise (328 000 ventes en 2009 contre 467 000 en 2007). Pour être rentable en l’état, Volvo doit dépasser le demi-million d’unités annuel et l’ouverture du marché chinois devrait le lui permettre. 
La question est désormais de savoir comment les Chinois vont interférer sur le développement des produits. Face à leurs destins croisés, deux théories s’opposent pour Saab et Volo : certains pensent que ces constructeurs suédois peuvent y perdre leur âme, d’autres au contraire, dont je fais partie, pensent que c’est une opportunité unique de se régénérer et de s’affranchir de toutes les tutelles passées. Il sera passionnant de suivre les orientations futures des deux marques et de constater si une structure est plus adaptée qu’une autre pour survivre dans la jungle économique. Le mot de la fin revient à Li Shufu, le patron de Geely, qui a récemment déclaré à propos de Volvo : « je vois Volvo comme un tigre. Le tigre appartient à la forêt, il ne peut pas être mis dans un zoo, dans un tout petit enclos. Nous devons libérer ce tigre ». Tout un programme porteur d’espoir.

Petites Observations Automobile – juin 2010

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