Le design de la Mercedes SLS expliqué par Gordon Wagener

La SLS renoue avec l’histoire de Mercedes en redonnant vie à l’extraordinaire 300 SL de 1954. Gordon Wagener, directeur du design Mercedes, revient sur la genèse de ce nouveau monument de l’automobile. par Renaud Roubaudi le 6 mars 2010

Mercedes SLS, ses portes papillons sont un hommage direct à la 300 SL de 1954


Gordon Wagener, directeur du design Mercedes
L’idée de s’inspirer de la 300 SL de 1954 était-elle inscrite dès le départ dans le cahier des charges de la SLS ?
Cela peut sembler présomptueux, mais notre idée de départ avec la SLS était de créer « la » meilleure voiture de sport du XXI siècle. Si vous observez l’histoire de l’automobile, et des sportives en particulier, il y a finalement peu de modèles qui ont réellement marqué leur époque en devenant des références incontestables, tant sur le plan du design que des performances. La Mercedes 300 SL est l’une d’elles, elle s’est donc tout naturellement imposée comme une source d’inspiration pour notre travail.

Quels sont les éléments directement inspirés par la 300 SL ?
Les proportions de base sont similaires. La SLS semble assise sur ses roues arrière. Le très long capot semble plonger vers l’avant et contraste fortement avec l’arrière très court. La grille de calandre verticale peut également être vue comme un hommage. Bien évidemment, les portes « papillons » sont les éléments les plus visibles de la filiation 300 SL/SLS.
Avez-vous immédiatement décidé d’intégrer les portes « papillons », ou avez-vous essayé d’autres approches ?
Non, pour être franc, nous avons testé un certain nombre d’options. C’est en cours d’étude que nous avons opté pour des portes « papillons », ce qui, avec du recul, apparaît comme une évidence.
Est-il plus difficile de concevoir une voiture avec les portes « papillons » ?
Le concept d’ouverture des portes est secondaire pour les premières études du design. En revanche, les effets sur le processus de production sont beaucoup plus importants.
Comment avez-vous arbitré entre le passé (la première 300 SL) et le présent, entre le design rétro et le design moderne ?
Si vous connaissez Mercedes, vous trouverez toujours des éléments historiques de notre design dans chaque nouveau modèle. Il s’agit d’une partie de notre philosophie qui n’a rien à voir avec le design rétro. Reprendre certains codes, leur donner une allure contemporaine est un aspect clé de notre travail. C’est une évolution permanente. Le meilleur exemple est la calandre Mercedes qui n’a cessé d’évoluer depuis plus de 100 ans. Notre credo est simple : une Mercedes doit toujours être immédiatement identifiable comme une Mercedes. C’était vrai hier, ce le sera aussi dans 50 ans.
Quels sont les éléments de la SLS typiquement Mercedes ?
Mais tout en elle est typiquement Mercedes ! Faite le test suivant : Ôtez lui son logo (l’étoile) et ses inscriptions et demandez à un passant d’identifier la marque. À 99,9 %, il vous citera Mercedes.
Le poste de pilotage semble être influencé dans une large mesure par l’aviation. Est-ce volontaire ?
Oui, c’était notre volonté. Le tableau de bord s’inspire d’une forme d’aile, le levier de vitesse ressemble à un manche à balai moderne, les quatre bouches de ventilation font penser à des turbines de moteurs à réaction.
Pourquoi cette influence ?
Les portes « papillons » nous ont conduits inévitablement au thème de l’aviation et le poste de pilotage façon cockpit s’est imposé de lui-même. L’aviation est synonyme de légèreté, d’aérodynamisme, mais aussi d’émotion, de modernité, quatre éléments que nous souhaitions retrouver à bord de la SLS.
Avez-vous le sentiment que la nouvelle SLS entrera dans l’histoire de l’automobile comme son aînée ?
Je l’espère. Il n’y a rien de mieux pour moi que d’avoir pu travailler sur ce projet. J’aimerai bien me retrouver d’ici 30 ans dans le musée Mercedes avec mes petits-enfants, en leur expliquant comment et pourquoi nous avons conçu cette voiture et qu’ils en soient fier.

Renaud Roubaudi – Petites Observations Automobile – mars 2010
Portes papillons
À sa sortie en 1954, la 300 SL est surnommée par les Américains « Gullwing », littéralement « ailes de mouettes » pour sa ressemblance, portières ouvertes, avec l’oiseau qui s’envole. Étrangement à la même époque en France, la comparaison est faite avec un papillon, d’où son surnom français Mercedes 300 SL papillon. Les deux expressions ont depuis toujours cohabité.

L’avis des Petits Observateurs !

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