Bentley Mulsanne, La gardienne du temple

Comment se réinventer tout en respectant les traditions ? Voilà le défi de la nouvelle Bentley Mulsanne qui se verrait bien calife à la place calife. publié le 9 mars 2010

Quel sera le nouveau carrosse du gotha international ? Face à la déferlante de propositions toujours plus extravagantes, la question mérite d’être posé. Devant l’approche « cubiste » de la nouvelle Rolls Ghost, la démesure pharaonique de la Bugatti Galibier ou la sportivité exacerbée des Porsche Panamera et Aston Martin Rapide, Bentley a décidé « d’assurer » avec la nouvelle Mulsanne (elle porte ce nom en l’hommage du célèbre virage des 24 heures du Mans, épreuve que Bentley remporta 6 fois). Héritière d’une longue lignée de limousine protocolaire, la Mulsanne dégage avec ses 5,56 mètres la prestance d’un paquebot transatlantique du XXI siècle. 
Typiquement Bentley, le design conserve les codes maison, avec la vaste calandre grillagée et les ailes esquissées aux courbes sensuelles. La nouveauté vient du regard aux deux phares ronds comme des billes, remplis de petites diodes qui lui donnent l’air de pleurer. Selon l’humeur, la Mulsanne apparaîtra délicieusement rassurante ou désespérément conservatrice. Quoi qu’il en soit, Bentley a mis le paquet pour affronter la mondialisation. Son V8 double turbo de 512 ch offre un couple gigantesque de 1 020 Nm (l’équivalent d’un camion !) tout en réduisant ses consommations et ses émissions de 15 %, en attendant une version hybride. 
La suspension pneumatique offre plusieurs lois d’amortissement et la boîte automatique dispose de 8 vitesses (!). Au-delà des chiffres, c’est l’ambiance intérieure inimitable qui risque de faire pencher la balance en faveur de la Mulsanne.

Gorgé de boiserie et de cuir, l’habitacle apparaît truffé de détail ouvragé, tels les compteurs à l’ancienne avec les aiguilles qui partent du haut vers le bas comme dans les années 20, le pédalier en aluminium avec le sigle B, ou encore les aérateurs ronds à tirette. Bien sûr cette apparente tradition cache une technologie up to date, notamment derrière le panneau central en bois qui bascule pour découvrir l’écran multimédia et tous les équipements afférents (GPS, ordinateur de bord, connexion I-Pod, tv, caméra de recul…). 

La Mulsanne sera commercialisé au printemps 2010, entre 250 et 300 000 euros. À ceux qui pensent que la crise refroidira ses fans, sachez que toutes les études d’expert convergent : même si le marché automobile souffre, le segment du super luxe semble promis à un bel avenir. La raison ? La multiplication des nouveaux riches dans les pays du BRIC (Brésil, Inde, Russie, Chine) qui confessent tous vouloir s’offrir un jour ou l’autre une super car. « God Save Bentley ».

Petites Observations Automobile – mars 2010

L’avis des Petits Observateurs !

Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *