Aston Martin Lagonda, science fiction car

L’Aston Martin Rapide est l’héritière de l’Aston Martin Lagonda, une berline sportive ultra-futuriste qui tenta sa chance dans les années 80. Retour sur un mythe oublié qui pourrait bien faire son come-back en collection. (Publié le 6 mars 2010)


Par sa folie, elle aurait pu emballer Mike Jagger et par son esprit « so British », elle aurait pu séduire la reine d’Angleterre. Pourtant, sans doute à cause d’une modernité trop avant-gardiste et d’un prix astronomique (50 000 livres en 1977 !) elle ne séduisit que les potentats du Moyen-Orient. Elle, c’est l’Aston Martin Lagonda, un ovni roulant produit à 645 exemplaires entre 1977 et 1988.

Longtemps boudée par les collectionneurs, la Lagonda refait surface, porté la mode du vintage « eigthie » et le retour sous les sunlights des sportives à 4 portes. Pourtant l’idée d’une berline de sport n’est pas nouvelle. C’est en 1969 qu’Aston Martin décide de réaliser un prototype à 4 portes dérivé du modèle DBS. Il donnera lieu à d’autre modification sans lendemain sur le modèle V8. Mais la direction s’entête, persuadée de tenir un bon filon. Heureuse époque où l’on travaillait à l’instinct. Cependant entre les difficultés financières et le choc pétrolier, il faudra attendre 10 ans pour que le projet aboutisse à la Lagonda en 1977. 

Dessiné par William Tows, c’est un choc visuel qui s’inscrit dans la vision futuriste de l’époque. À mi-chemin entre un croiseur interstellaire de Star Wars et un profil de raie manta, la Lagonda déchire tout sur son passage. Dotée d’un V8 de 305 ch, elle est capable de filer à 250 km/h, ce qui fait d’elle la berline la plus rapide du monde, un argument valable à l’aube des années 80. Si l’intérieur n’oublie pas de regorger de cuir et de bois, il est avant tout révolutionnaire avec la présence d’un immense tableau de bord digitale à éclairage rouge, façon première montre Pulsar. Confortable et sûre, la Lagonda connaîtra pourtant une carrière confidentielle, malgré deux restyling en 1985 et 1987. 
Trop moderne, trop décalée, trop chère, son audace fait peur, d’autant que l’électronique capricieuse entachera sa réputation de fiabilité. Aujourd’hui, l’intérêt pour la Lagonda renaît, plus encore pour les premières séries (1977 à 1985) et leur intérieur furieusement kitsch. La côte remontre entre 29 000 et 40 000 € selon l’état, et, signe qui ne trompe pas, certains possesseurs n’hésitent plus à investir dans une restauration complète chez Aston Work service en Angleterre (le département officiel d’entretien Aston Martin pour les anciens modèles), ce qui peut multiplier la valeur d’une Lagonda par trois pour flirter avec les 100 000 €. Sachant que l’on trouve encore dans les petites annonces spécialisées quelques modèles au alentour de 40 000 €, c’est le moment d’investir dans un futur collector.

Renaud Roubaudi – Petites Observations Automobile – Mars 2010

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