Aston Martin Cygnet, Snobisme ultime ou faute de goût ?

Pour la première fois de son histoire, Aston Martin proposera une citadine développée avec Toyota. Cette IQ maquillée en voiture de James Bond est un pari risqué pour le constructeur.

Aston Martin a créé le « buzz » en confirmant l’arrivée d’une citadine développée en collaboration avec Toyota. Dénommée Cygnet, cette micro puce de 2,98 mètres n’est ni plus ni moins qu’une Toyota IQ redessinée aux couleurs Aston Martin. Le résultat est pour le moins surprenant. La fameuse calandre ovale fait son apparition, ainsi que deux prises d’air sur le capot. L’arrière hérite des feux en boomerang et l’intérieur subit un sérieux « tuning » qui se veut à la fois chic et sportif. 
Chacun jugera, mais le premier cliché de l’habitacle où l’on découvre des fauteuils tendus de cuir rouge et noir, matelassés et gaufrés au niveau de l’assise, ressemble à une grossière faute de goût. Disponible en 2011 aux alentours de 30 000 €, la Cygnet est réservée uniquement aux clients Aston Martin, ce qui devrait limiter l’écueil de sa banalisation. domain archive . Pour justifier une telle opération, les stratèges du marketing présentent la Cygnet comme un service supplémentaire à la clientèle. 
En effet, de nombreux possesseurs d’Aston Martin rechignent à utiliser leur voiture en ville, de peur
de se la faire abîmer. La Cygnet est donc le complément idéal pour aller faire ses courses au coin de la rue, sans renier son standing. Pourtant, officieusement, cette Baby Aston répond à un autre objectif que la mobilité urbaine. Elle permet de passer les futures normes européennes de 2015 qui obligeront les constructeurs à disposer d’une gamme ne rejetant que 130 g/km de CO2 en moyenne. Or à ce jour, toutes les Aston recrachent plus de 300 g/km de CO2. Proposer la Cygnet au catalogue permet d’abaisser rapidement et à moindre coût le taux d’émissions polluantes de toute la gamme. 

Sans compter qu’une version électrique, toujours en collaboration avec Toyota, pourrait faire son apparition dans les années à venir. La question est désormais de connaître l’impact de la Cygnet sur l’image de marque Aston Martin. Appréciées pour leurs beautés et leurs sophistications techniques, les Aston sont d’autant plus désirables qu’elles sont rares et exclusives. Cette opération de maquillage d’une Toyota ne risque-t-elle pas de galvauder le mythe Aston en le banalisant ?
En effet, qu’en sera-t-il du symbole de la voiture de James Bond quand une Cygnet d’occasion échouera dans les mains d’un jeune conducteur du dimanche qui n’hésitera pas à lui rajouter un aileron et des jantes chromés pour faire plus sport ?

Renaud Roubaudi – Petites Observations Automobile – février 2010

L’avis des Petits Observateurs !

Un commentaire au sujet de « Aston Martin Cygnet, Snobisme ultime ou faute de goût ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Nicolas

    Si de prime abord, l’idée d’une Cygnet a de quoi faire frémir plus d’un passionné de la marque (qui plus est quand on apprend qu’elle se base sur une tout-sauf-prestigieuse Toyota), on peut au moins leur reconnaître le mérite de jouer correctement la carte de l’exclusivité. Pas tant sur la question du relloking de l’iQ, mais plutôt dans le mode de distribution, qui à titre perso me paraît judicieux. ëtre obligé d’être déjà client Aston pour se procurer une Cygnet, c’est rendre cette dernière aussi exclusive que ces grandes soeurs. Evidemment, il s’agit bien ici de répondre à une équation mathématique (celle de la conso moyenne, bien sûr, mais celle aussi de la marge brute quand on vend une iQ à 30 000€).

    Reste que si on peut saluer l’originalité de proposer un produit de micro-niche, qui va contenter Madame et la commission européenne, on peut se demander ce qu’il en aurait été si la marque avait développé un produit spécifique (à l’image d’une DS3). A mon avis, les levers de boucliers auraient été beaucoup plus violents. A l’image des premières réactions lorsque Jaguar lançait la X-type Diesel…

    Au passage, je viens d’ajouter la Cygnet dans ma lettre au Père Noël. A bon entendeur..

    Répondre