Les projets secrets des grandes villes

Péages urbains, interdiction de circuler dans le centre, limitation à 30 km/h, obligation de posséder un véhicule propre… Ces solutions parmi d’autres sont envisagées par les grandes villes pour désengorger le trafic et dépolluer l’air ambiant. La décision est avant tout politique, donc soumise à l’opinion, aux groupes de pression et à l’air du temps. (janvier 2010)

Une chose est sûre, le combat contre la voiture en ville passe la vitesse supérieure. D’ici dix ans, nous ne circulerons plus de la même manière, volontairement ou contraint. Si le bon sens peut comprendre à l’œil nu le problème des embouteillages, on oublie parfois que la sur présence de la voiture en ville est une question de santé de public. Il est prouvé que les particules fines des diesels sont notamment responsables de nombreuses maladies respiratoires, notamment chez les enfants. Si plus personne, ou presque, ne conteste le besoin de réduire l’utilisation de la voiture en ville, les avis sont divergents sur le moyen d’y arriver. Il apparaît clairement qui s’agit d’un ensemble de solutions à mettre en place, prenant en compte les besoins et les contraintes de tous les acteurs de la cité.

L’exemple d’Amsterdam est à ce titre édifiant. Très en pointe sur l’environnement depuis les années 90, la ville a signé un protocole pour réduire ses émissions de CO2 de 40% en 2025, tout en produisant 30% d’énergie renouvelable, contre 6% actuellement. Au sein de ce programme, la place de la voiture a été redéfinie pour encourager le passage au tout électrique. Création de bornes de recharges d’ici à 2012 à toutes les places de parking et mise en place d’une centrale électrique éolienne et solaire sur le port pour alimenter le réseau en énergie propre. À l’inverse, les diesels seront peu à peu interdits dans le centre-ville et le prix des places de parkings sera proportionnel aux émissions de CO2 de votre véhicule. En clair, moins vous émettez moins vous payez et inversement. La mesure phare est l’interdiction aux camions de plus de 3,5 tonnes de livrer en ville. Ils devront décharger à la périphérie, devant un tramway électrique équipé de wagons spéciaux.

 

Ces wagons en cour de construction seront équipés de fourgonnettes électriques pour ensuite aller livrer le détaillant porte-à-porte. Parallèlement, tous les transports publics, bateau-mouche y compris, passeront à l’électrique ou à l’hydrogène pour les bus. Pourtant tout n’est pas rose au pays de la tulipe. Ce vaste plan vertueux qui devait être effectif dès l’été 2009 a été repoussé pour une mise en place progressive jusqu’en 2013, subissant les pressions d’associations d’employeurs de la ville. La ministre de l’environnement Jacqueline Cramer, pourtant fervente défenseur de l’électrique, a dû elle aussi faire un pas en arrière sur l’interdiction au centre-ville pour certains véhicules, sous prétexte de liberté public. 4X4, camions et diesel pourront encore arpenter le pavé pendant trois ans, avant d’être définitivement hors la loi dans les rues.

 

Avec seulement 770 000 habitants et une haute conscience écologique, Amsterdam n’est donc pas à l’abri des pressions. On imagine alors les débats à la Maire de Paris qui s’interroge sur le meilleur compromis à mettre en place pour la voiture, entre incitation et interdiction. Un conseil apprenez, quand vous le pouvez, à laisser votre voiture au garage. Vous gagnerez du temps pour vous et les autres et vous ferez du bien à vos bronches.

Renaud Roubaudi – Petites Observations Automobile – janvier 2010

L’avis des Petits Observateurs !

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