Les compteurs à zéro

« Nous sommes à l’an zéro d’une nouvelle ère automobile, tout est à rebâtir ». Cette petite confidence d’un grand patron résume l’enjeu de la mutation programmée.  
Si chacun s’accorde sur le besoin d’une voiture propre, sans émission de CO2 ni rejet de particules, bien malin celui qui saura prédire quelle solution s’imposera réellement. Les options sont nombreuses et aucune ne fait l’unanimité, chacune ayant ses fervents défenseurs et ses farouches détracteurs.

Faut-il privilégier le 100 % électrique, les batteries rechargeables sur secteur ou interchangeable en station-service ? La motorisation hybride est-elle plus adaptée à court terme ? L’essence et le diesel ont-ils dit leurs derniers mots ? L’hydrogène et la pile à combustible mettront-ils tout le monde d’accord au finish ? Et si l’air comprimé venait jouer les troubles fêtes ?

Autant d’interrogations dont les réponses ne dépendent pas seulement des technologies mais aussi des infrastructures et donc des pouvoirs publics qui devront s’accorder au niveau mondial. Un vrai cauchemar au moment d’investir. À vrai dire, plusieurs propositions risquent de cohabiter un temps avant que le grand public adopte l’une ou l’autre.

Certains acteurs historiques vont disparaître et de nouveau entrants vont tenter leur chance. Du puissant consortium Chinois aux industrielles aventureux, en passant par les inventeurs fous, des inconnus d’aujourd’hui seront les stars de demain. Les cartes sont rebattues et jeu est ouvert. La bonne nouvelle c’est que cette voiture propre fait à nouveau rêver.

Mais quelles que soient ses qualités futures, l’automobile ne peut plus se penser seule. Pour retrouver une légitimité et survivre à ses détracteurs, elle doit s’associer aux réflexions sur la mobilité, principalement en ville. Tout est à inventer, mais après tout Air France commercialisera en 2010 des TGV à ses couleurs, en partenariat avec Veolia. Alors pourquoi ne pas imaginer un package complet, à l’image de la téléphonie, qui propose en complément d’une voiture un abonnement à une compagnie de taxi, au velib, au transport en commun, à une connexion à l’auto partage et un service de voiturier avec parking en périphérie. Des grandes institutions planchent discrètement sur le sujet. À chaque besoin, une réponse appropriée, l’auto redevenant la reine des moyennes distance. Plus que l’importante logistique à mettre en place, c’est d’abord une révolution culturelle à mener. Elle est déjà en marche. La deuxième bonne nouvelle, c’est qu’elle s’accompagnera d’un ensemble de service encore inconnu, créateur de nombreux emplois. Un chantier d’avenir passionnant.

Renaud Roubaudi – Petites Observations Automobile – mars 2010

L’avis des Petits Observateurs !

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