Souvenirs d’Auto (223) : Quand la fourrière s’emmêle

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Georges Piat est décidément intarissable ! Alors je dis : UNE-AUTRE ! UNE-AUTRE ! UNE-AUTRE !!!

 

Banlieue du 91, début des années 80, je quitte un ami vers 23 h 30. Jusque là, tout va bien. À peine arrivé sur le trottoir, je me rends compte que pratiquement toutes les voitures ont été enlevées. Et ma R 5 GTL fait partie du lot, on est mal !

Un peu plus loin, j’aperçois la dépanneuse qui est sur le point d’enlever la dernière voiture, une Renault 16. Je m’approche du chauffeur qui est en train de passer la sangle sous l’auto.

– Bonsoir, vous les mettez où les voitures, parce que j’ai la mienne qui vient de partir…

Il tire longuement sur sa Gitane maïs, semblant réfléchir.

– Elles partent en pré-fourrière mais si vous voulez, quand j’aurai fini, je peux vous conduire pour rechercher la vôtre, vous n’aurez que le PV de stationnement à payer.

Le gars, plutôt sympa ajoute :

– Mais il faut me donner un coup de main, mon collègue est parti. Vous montez dans la cabine et vous tirez sur cette manette. Non, celle-là et seulement quand je vous le dis. Mais faut pas se gourer de manette, hein?

– Euh… Non non, pas de problème.

Cela peut paraître complètement surréaliste mais me voilà installé dans une dépanneuse, en train d’enlever une bagnole mal garée, faut le faire quand même…

– Allez-y !

Je tire sur le levier et la Renault commence à s’élever dans les airs.

– Stop, touchez plus à rien, c’est bon !

Au moment où je regarde vers l’arrière, par les vitres de la cabine pour savoir si c’est fini, je vois deux yeux briller dans le noir puis j’entends un grognement sourd et peu engageant. Le berger allemand commence à aboyer. Je suis complètement paniqué et à moitié sourd.

Je passe alors la tête par la portière…

– S’il vous plait, Monsieur, Monsieur !

Le gars arrive en courant.

– Rex, Rex, tu vas pas bouffer le Monsieur, Rex ça suffit ! Vous inquiétez pas, il veut jouer… C’est bon, on va à la pré-fourrière maintenant.

Franchement, faut avoir vécu ça dans une vie de bagnolard !

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Auto (223) : Quand la fourrière s’emmêle »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Pierre_

    Que lis je?
    Bonsang je me qique, je me pince!
    Georges, auriez vous ‘Collaboré’ ?

    Très cordialement.
    Pierre_ (maquisard du haut-bugey, passeur d’Auto vers la Suisse)

    Répondre
  2. Nabuchodonosor

    C’est sûr que fallait pas se gourer de manette Georges. Parce que si t’avais desserré le frein à main et que la camionnette s’était barrée… T’aurais dû te démerder seul avec le clebs…
    🙂
    Maintenant que ton histoire m’y fait repenser, j’en ai bien une de fourrière et une autre de berger allemand dans les cartons, mais rien ne les relie… Je commence par le dogue Commandant ?

    C’était dans les années 90, j’étais disons, dans l’évènementiel sportif, enfin je fourguais juste le matos. Un fournisseur m’avait filé rencard chez lui après le taf, pour me montrer sa came. La nuit tombait sur la zone pavillonnaire. Pas de nom sur la boite à lettre ni numéro… Le portail est entrouvert. Me reste plus qu’à aller toquer à la lourde, me dis-je, d’ailleurs je vois qu’il y a de la lumière par dessous; C’est du tout cuit.

    A mi-chemin, je stoppe net. Un énorme berger allemand surgissant de nulle part, s’interpose entre la porte et moi. Merde. Bien vrai que j’entrave que dalle au langage clébard, mais son aboiement sourd, grave et saccadé qui s’échappe d’une dentition impressionnante, ne laisse pas de place au doute. Un pas de plus, dans un sens ou dans l’autre, peut rapidement virer au cauchemar. Glups. Qu’importe, avec tout ce raffut mon hôte aura vite fait de s’extraire de sa tanière… Les secondes s’égrènent, les gouttes commencent à perler de mon front et le molosse s’impatiente… Il voit bien que je commence à fondre ce con. C’est alors que deux mains fermes viennent par derrière se poser sur mes épaules accompagnées d’un rire sarcastique, aussi saccadé que celui de son cerbère qui maintenant se met à remuer de la queue… Me voilà quitte d’une belle frayeur.

    Mes respects mon Commandant.

    Répondre
  3. Thierry

    Génial …. c’est vrai que pour des anciens rien d’extraordinaire ! J’ai moi même enfant traversé Barcelone sur la banquette d’une dépanneuse digne du film « Cars » ! Extraordinaire tout simplement !

    Répondre
    1. JEAN-MICHEL KAGAN

      Dans le même genre bagnelo-berger allemand.
      En 1980 suite à un freinage tardif j’emboutis le capot de ma coccinelle dans le pare-chocs de la voiture qui me précédait.
      Étudiant et fauché à cette époque je me rendis dans une casse à la recherche d’un capot en bon état. Après avoir visité 3 casses et un peu dépité j’interroge sans conviction le patron de la 4ème.
      Il me dit que dans un coin il doit y avoir une coccinelle, effectivement après avoir escaladé plusieurs voitures j’atteignais le graal.
      C’est à ce moment que surgit au-dessus de moi un berger allemand énorme qui devait être tapis sur le toit d’une camionnette.
      J’étais tétanisé, au moment de m’atteindre après ce saut de 2 mètres dans les airs, je vis le chien faire un 180 degrés autour de son collier, sa chaîne ne lui permettant pas d’aller plus loin.

  4. Docteur_Oliv

    Pour des Moins de 40 Ans, ça peut sembler insensé mais pour moi ça fait partie du Champ des Possibles (pour faire Moderne)
    Comme dirait nos Hautes Autorités, ON fait son Boulot mais on est pas là QUE pour faire chier les Gens.

    Répondre