Orange mécanique

Par Patrice Vergès . En complément de l’essai vidéo de Renaud et Julien, voici quelques petites observations perçues autour de la Renault Mégane RS dont j’ai pu disposer une quinzaine de jours pendant les fêtes de fin d’année.

 Surtout en couleur orange, la Mégane RS n’est pas très discrète mais  à coté de la Civic Type R, on peut presque la qualifier d’anonyme

15 jours, une durée suffisante pour essayer cette voiture autant en ville, que sur routes qu’autoroutes que de jour ou de nuit. Une Renault très attachante et pas très exigeante pour une sportive puisque ses quatre portes acceptent un usage familial même si sa silhouette est moins glamour que le précédent coupé RS plus sportif. Seul petit bémol pour un conducteur de mon gabarit, l’accès à bord n’est pas toujours aisé à cause des flancs relevés des sièges baquet qui, en revanche, maintiennent bien le corps. De son coté, le coffre assez vaste débarrassé de sa roue de secours à cause de l’échappement central, permet d’accueillir de gros bagages.

2018 -Pas de becquet à l’arrière mais un diffuseur testé en soufflerie et des ailes élargies

Orange mécanique

Cette Renault Mégane était de couleur orange (option 1600 euros) redevenue très tendance depuis les années 70 dont le vice est le manque de discrétion en attirant les regards. Dans cette livrée, j’ai remarqué sur l’autoroute qu’elle générait parfois de l’agressivité notamment de quelques possesseurs de Porsche qui ont voulu me démontrer qu’ils avaient davantage de chevaux. Si j’étais acheteur, je choisirais une teinte plus neutre pour vivre avec plus sereinement. Mais c’est une histoire de goût et d’âge certainement car ce n’était pas si différent avec mes R8 Gordini d’antan.

Posée sur ses jantes de 19 pouces optionnelles, la RS s’éloigne de la Mégane traditionnelle

Je n’irai pas jusqu’à dire que sa silhouette est sobre mais on a vu moins discret ailleurs notamment avec la Honda Civic Type R. Les puristes remarquent vite que ce n’est pas une Mégane comme les autres avec ses ailes bodybuildées, ses gros becquets et ses belles jantes noires de 19 pouces « Interlagos » optionnelles (1000 euros).

A 10 000 km, les flancs des pneus 245/35 x19 à l’avant étaient un peu fatigués

Deux traits de cette voiture m’ont étonné au cours de ces presque trois semaines d’utilisations. D’abord son surprenant confort pour une voiture sportive surtout avec les roues de 19 pouces chaussées en pneus de 35 seulement qui ne pardonnent rien. Étonnant comme sa suspension à butées hydraulique digère bien les bosses. La RS est une voiture particulièrement confortable pour sa catégorie et avec on n’a pas la crainte d’effectuer de longs parcours d’autant que les sièges sont bien dessinés. L’inconvénient de la direction directe bien paramétrée et des pneus très bas profil est de suivre un peu trop les ornières de la route très fréquentes (à cause des racines des pins) dans la région où j’ai pris le maquis. Il faut tenir fermement son volant sur petites routes bombées.

On remarquera les sièges baquet, le pédalier sport, le sigle RS sur le volant omniprésent sur la voiture et la vaste tablette centrale de 8,7 pouces

Châssis extraordinaire

Le plus bluffant reste sa tenue de route assez surprenante forte des ses 4 roues directrices. D’abord, en ville la voiture tourne dans un mouchoir de poche et sur routes tourmentées, elle montre une agilité remarquable avec une véritable mobilité du train arrière liée à une légèreté intéressante pour ses 1450 kilos. Sensations qui donnent l’impression qu’on est un vrai pilote qui sait faire pivoter une auto.   En revanche, contrairement au ressenti de Julien et Renaud, la motricité du train avant (différentiel électronique) m’a plutôt convaincu et ma monture a rarement patiné sauf en accélérant comme un barbare. Précisons que je ne l’ai jamais conduite sous la pluie. Cela dit, elle ne peut pas cacher que c’est une traction avant, n’exagérons pas tout de même ! De plus, affichant 10 000 km, les pneus avant m’ont semblé bien cramés !

Grace à ses 4 roues directrices, la RS est très mobile sur la route

Le 1,8 l turbo commun avec l’Alpine délivre ici 280 chevaux (300 en version Trophy) et surtout un couple maxi très élevé (390 Nm)

Gargouillis

Annoncée avec 280 chevaux « seulement », lors de sa sortie, la nouvelle Mégane RS a fait grimacer les puristes estimant que le progrès était faible comparé à la précédente et surtout face aux 320 chevaux de la Honda Type R et aux 300 de la Seat Cupra. Je n’ai pas essayé cette dernière mais il est certain que le moteur de la japonaise est bien plus explosif avec une quarantaine de chevaux supplémentaires et certainement davantage dans la réalité.

Impressionnantes les sorties d’air du moteur qui creusent les ailes avant !

D’autant que la Mégane essayée disposait d’une boîte automatique EDC à double embrayage (1800 euros) qui bride un peu la hargne du nouveau 1800 cm3 turbocompressé commun avec l’Alpine. Si j’étais acheteur, je choisirais cette boîte automatique plus reposante en ville en regrettant qu’elle ne compte pas 7 rapport comme la géniale Alpine. Si on appuie sur la touche Race, comme ses consœurs la RS devient plus méchante avec une direction plus incisive, un accélérateur plus réactif générant une sonorité bien plus méchante et parfois un peu trop artificielle (hauts parleurs) composée d’explosions au changement de rapport en accélération et de déflagrations à la décélération.

Amusant même pour un vieux journaliste un peu blasé. Jouissif pour un ado de 15 ans à qui j’ai fais faire un tour et qui s’est couché sous l’échappement central pour mieux écouter ses pétarades au lâcher de pied. Ouf, tous les jeunes ne se désintéressent pas de l’auto comme un sondage récent tient à la démontrer ! Même avec 50 balais de plus, le « rooaarr » suggestif balancé par les HP en Dolby dès qu’on ouvre la porte m’a bien amusé en mettant tout de suite dans l’ambiance ! Les commandes situées derrière le volant bien connues des possesseurs de Renault demandent un temps d’adaptation mais à l’usage se révèlent plus pratiques que sur les branches.

Éclairage très puissant

Toujours parmi les petites observations, après avoir roulé de nuit, son éclairage très puissant à 9 diodes de même que par la facilité d’usage de sa tablette centrale assez facile à utiliser m’ont séduit même si je trouve que le graphisme manque un peu de classe mais il a la qualité d’être visible. La télémétrie embarquée (40 capteurs) qui permet de suivre les mouvements dynamiques de la voiture sur la tablette centrale de 8,7 pouces (option 250 euros) m’a plus amusé qu’impressionné mais c’est un gadget qui doit bien aider à la vente dans une concession Renault et je lui préfère l’affichage tête haute qui est malheureusement une option ( 400 euros) ou le pack Easy parking ( 650 euros) qui permet de mieux se garer comme son nom l’indique. Justement avec 280 chevaux qui ne demandent qu’à cavaler, il est difficile de reproduire les chiffres de consommation du constructeur et la conso varie entre 10 et 12 litres aux 100. Heureusement le réservoir cube 50 litres !

2018 – La sortie centrale rectangulaire de l’échappement masque deux sorties rondes

L’avis des Petits Observateurs !

9 commentaires au sujet de « Orange mécanique »

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  1. Marc B

    Les ventes de coupés et cabriolets français n’ont jamais été très convaincantes depuis une trentaine d’années.
    Il y avait deux solutions :
    -abandonner
    -s’améliorer

    mon impression est que Renault et PSA ont abandonnés les coupés/cabriolets.
    Quand je croise un RCZ ou les derniers cabriolets mégane je me dis qu’ils étaient sur la bonne voie….Que c’est glauque comme descendance….
    Cette mégane RS m’attriste :

    -je trouve que la génération précédente en coupé avait plus fière allure, une 5 portes…ok c’est plus pratique, plus rationnel et moins cher à sortir…ils ont dû étudier le marché mieux que je ne le ferais…après tout ce n’est que mon avis.
    -l’intérieur ne progresse pas, toujours l’impression de rouler dans une voiture de société des années 90, là encore ce n’est que mon avis
    -ok, enfin une BVA sur une voiture française à « gros » moteur, là bravo…mébon…traction avant qui patine avec un 4 cylindres qui consomme comme un 6 cylindres BMW…

    j’ai adoré conduire la dernière Alpine A110 sur route et sur circuit même si la route lui va mieux à mon sens. Mais pour le prix les réglages de volume au volant façon R25, comme dit Julien, ça ne va pas…j’ai déjà eu deux R25 il y a bien longtemps, à ce prix ce n’est pas ce type de vintage qui me tente, je préfère le bois d’une vieille Jaguar ou Triumph et à défaut le cuir et alu brossé sobre d’une allemande (alu grisonnant plus que blonde platine du coup)

    On verra les ventes de cette proposition, de mon côté je me permet de réagir par franche déception. Cela vient sans doute du fait que l’Alpine offre une ligne, un confort et une agilité qui arrive à faire oublier ses défauts…chose que la mégane RS n’arrive pas à faire de mon point de vue.

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  2. Nathan

    J’aime beaucoup la Megane RS à mon avis bien supérieure à ses concurrentes. En revanche, coté finition, elle ne vaut pas ces dernières. Dommage que la version 300 ch ne soit pas proposée en usage route

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  3. Nabuchodonosor

    Brève de comptoir :
    L’état d’usure des pneumatiques à restitution de l’auto testée par la moitié de notre gouvernement en dit plus long que la prêche lissée d’Oncle Pat’..
    Pour un peu l’on se commettrait à penser qu’ils se sont fait plaisir à arsouiller comme des sagouins, loin, bien loin de l’image tranquille qu’ils cherchent à communiquer dans leur poades…
    Ah les saligauds !
    Va savoir peut-être qu’on ne sait pas encore tout…
    🙂
    Nabu-qu’aurait-bien-voulu-presser-l’orange-lui aussi.

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  4. MF67

    C’est quand-même marrant que l’on revienne à la mode du orange sur les sportives ! Pourtant les années 70 sont déjà (trop) loin…
    J’aime beaucoup !

    Pourtant, les autos des 70’s, avec des couleurs « pop » (orange, vert pomme, etc…), sont les premières a être parties à la casse, car difficilement revendables une fois démodées, et sont désormais rares, et âprement recherchées !

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  5. Georges Piat

    Ben moi j’aime bien comme ça, en jaune un peu nacré. C’est un peu notre BMW M5 à nous. Tu emmènes Mamie le dimanche et tu t’amuses le lundi.
    Par contre, le tableau de bord n’est pas à la hauteur… Ah non, pardon, c’est pour faire croire à Mamie que c’est une voiture normale, suis-je bête !

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  6. Frédéric

    En orange, je la trouve un peu too Much. Pour en avoir essayée une, je l’ai trouvé très impressionnante surtout au niveau de la sa tenue de route supérieure à ses concurrentes à mon humble avis. Sa consommation m’a semblé très élevée !

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