Convertir sa voiture à l’électrique : bientôt possible en France ?

A l’heure où les discussions sur la mobilité de demain et les énergies propulsant nos voitures se font toujours plus foisonnantes et parfois vives, POA apporte un nouvel élément au débat et explore aujourd’hui une solution innovante, le retrofit électrique, en recevant Arnaud Pigounides, Co-Président de l’association AIRe (Acteurs de l’Industrie du Retrofit électrique) et co-fondateur de l’entreprise Retrofuture.

Avant toute chose, le terme de « retrofit » désigne généralement un réaménagement, et plus spécifiquement ici la conversion d’un véhicule thermique en un véhicule électrique.

L’association AIRE regroupe les quatre principaux acteurs du secteur en France que sont le garage Brouzils Auto en Vendée, les entreprises Carwatt, Ian Motion ou l’entreprise Retrofuture. Ils promettent de transformer toutes sortes de véhicules thermiques (utilitaire, récents, de collection) en véhicules électriques en substituant à un moteur diesel (ou essence) polluant un moteur électrique et des batteries.

Arnaud Pigounides nous expose les motivations de l’association AIRe qui sont tout d’abord de faire connaître cette solution de modification du véhicule thermique en un véhicule électrique (voire demain à la propulsion par hydrogène) auprès des professionnels du secteur et des particuliers mais aussi auprès des autorités publiques et politiques.

 Interdit en France, autorisée en Europe

Une solution encore méconnue en France car freinée voire empêchée par la législation qui l’interdit mais qui est autorisée et de plus en plus encouragée chez nos principaux voisins européens, témoignant de son immense potentiel. L’association se donne ainsi pour mission première de convaincre les parlementaires de voter l’autorisation du rétrofit électrique des voitures, aujourd’hui affreusement complexe et restrictif en France.

Pourtant, l’association fait état de perspectives très intéressantes pour le retrofit électrique tant sur le plan écologique qu’économique. Il permet ainsi de donner une seconde vie à des véhicules en évitant le gaspillage, avec en prime une création d’emplois dans les garages et une économie pour les particuliers sur le long terme grâce à des coûts énergétiques et de maintenance faibles.

C’est ce que veut croire Arnaud Pigounides pour son entreprise Retrofuture qui envisage ainsi de « retrofiter » une large variété de voitures, qu’elles soient récentes mais aussi anciennes, en envisageant dès leur achat leur conversion en électrique. Une idée innovante pour des voitures anciennes qui pourra relever du sacrilège pour certains bagnolards chevronnés, mais surtout une sorte de retour vers le futur pour faire entrer ces automobiles dans une nouvelle ère, le 21è siècle…

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

27 commentaires au sujet de « Convertir sa voiture à l’électrique : bientôt possible en France ? »

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  1. Arvan74

    Par contre un point très interressant dans l’interview « c’est autorisé partout en Europe mais pas en France ». Tout est dit. Au niveau automobile on ne peut rien faire en France. Contrairement aux anglo-saxon. Et ça pour la culture automobile c’est très dommage. Attention je ne parle pas écologie mais vraiment passion auto. Pour rappel les transports (camion ms en tête) ne représente que 15% des émissions polluante.

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  2. Arvan74

    Le retrofit des vieux diesel c »est juste autoriser l’utilisation de l’huile de colza ou l’huile le cuisson. Cout de la transformation ? un réglage moteur résultat (sauf erreur) zéro émission. Ou comment une vieille Volvo diesel passe de critair 5 à critair 1 mais avec les lobbying et bien on ne peut pas.
    Il faut juste que les gouvernements acceptent une nouvelle fiscalité. donc arrêtons l’hypocrisie.
    Quant au retrofit électrique et bien faisons de l’électricité vraiment verte. Pour rappel un voiture électrique au court de toute sa vie (porduction, vie et recyclage) pollue autant qu’un diesel.

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    1. PhareOuest

      Non on est pas du tout à zéro émissions avec un moteur diesel alimenté en huile végétale, même si c’est vrai que certaines émissions sont en baisse, mais d’autres augmentent (des tests d’émissions qui démontrent une augmentation
      des rejets de CO lors de l’utilisation d’huile de colza.) Pour moi utiliser des terres arables ou pire faire de la déforestation, avec une culture intensive pour seul but d’alimenter les véhicules thermiques est une ineptie
      https://www.lexpress.fr/actualite/societe/environnement/les-biocarburants-une-filiere-pas-si-bio_2016120.html

  3. Franck

    Nous faire croire que cette solution répond a une attente des utilisateurs c’est un peu gros..mais c’est du markéting comme pour plein d’autres domaines, on essaye de nous vendre des « solutions » dont on ne pourrait plus se passer… Acheter et utiliser un VE d’origine reviendra toujours moins cher que de transformer un VT…et pour les vrais collectionneurs, bagnolards, c’est un.peu du n’importe quoi…imaginez une Lotus europe en VE et pourquoi pas une Renault Gordini sans son moteur thermique…nul

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    1. Ziegler

      Ce que personne ne comprend à ce jour c’est que le VE rend l’électricité positive et d’origine renouvelable.
      Depuis 2009, sur le marché spot européen de l’électricité, le prix du kilowattheure peut être négatif. France et Allemagne font l’expérience de ce phénomène antiéconomique qui rend plus urgente que jamais une réforme du système d’aide aux énergies renouvelables et de sa gestion.
      Le producteur peut préférer payer pour écouler sa production plutôt que d’interrompre la production, pour des raisons de rentabilité. Denis Voisin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.
      En 2014, les exportations d’énergies électriques se sont élevées à 65,1 TWh, permettant d’alimenter plus de 20 millions de VE (TWh = 1 000 000 000 kWh) parcourant une moyenne journalière de 50 km et évitant les prix négatifs de ces ventes réalisées souvent durant la nuit. Le VE permet également de réduire les pics énergétiques sur le réseau en V2G ou V2H.
      Oui le VE réduit les pics énergétiques
      La charge de VE à domicile favorise le développement des EnR
      Le développement de millions de VE en remplacement de notre parc thermique de 2 à 6 roues est une aubaine pour la France. Alimentée en EnR (solution déjà viable) sur notre réseau à privilégier la recharge normale de nuit, cette mobilité améliore d’une manière très importante la qualité de l’air, l’efficacité énergétique de notre pays et permet de créer des millions d’emplois.
      Avec le rétrofit cela limite les GES et crer du boulot manuel !

    2. Franck

      Et « pourquoi personne ne comprends a ce jour ?  »
      Concernant les véhicules de collection qui roulent peu, j’ai beaucoup de mal a en voir l’intérêt puisque le moteur fait le plus souvent partie intégrante de l’attrait pour l’identité authentique de l’auto, autrement autant acheter une réplique que l’on n’aura pas a restaurer, juste pour paraitre…
      Pour les autres , il est souhaitable d’acheter directement une VE neuf, c’est plus sur, moins cher et plus facilement revendable.
      Mais chacun est libre de ses choix heureusement,…enfin pas tout a fait lorsque qu’on nous sert a longueur de journée que le VE c’est tellement bien qu’on sera coupable de ne pas y souscrire sous quelques formes que ce soit (un peu le genre du discourt que l’on servait pour acheter un diesel) avant que le prix du Kw/h n’explose pour compenser le manque a gagner de l’état
      Juste pour info, j’ai aussi un VE dans le garage.

    3. Ziegler

      Le VE nef sera une mauvaise solution ;-(
      ◦Si le modèle actuel de mobilité individuelle veut être imité. (autonomie, volume, poids etc…)
      ◦Si les constructeurs automobiles la conçoivent uniquement comme un simple changement de motorisation. (immobile à 90% de son temps sans autres services)
      ◦Si leurs prix restent artificiellement trop élevés.
      ◦Si les impacts sur les écosystèmes des batteries ne sont pas 100% encadrés pour cause du bilan CO2 des batteries de voiture électrique mais la technologie progresse
      ◦Si tous les usages et services qu’apporte ce nouveau véhicule ne sont pas pris en charge V2G V2H et soit mal utilisé en déstabilisant le réseau.

      En résumé Le VE doit être utilisé intensément en substitution du véhicule thermique. Un vaste programme de VE ressemblant aux VT mais également comme micro voiture électrique . Ces VE seront plus facilement partagé et autonome ou apporterons un service au réseau pour stocker et distribuer des EnR.
      Pour le rétrofit la réduction des GES est un plus !
      http://acti-ve.org/revamping-ou-mise-a-jour-de-sa-voiture-pour-reduire-les-ges/mobilite-electrique/2018/11/

    4. Arvan74

      Pour la culture intensive je suis totalement d’accord. Sauf que la quantité d’huile de cuisson jetée a l’heure actuelle n’est pas négligeable. Un véhicule fonctionnant a l’huile s’il est bien réglé mets en défaut les instrument de mesure des CT car les émissions sont inférieure au minimal des constructeurs des ces appareils. A aujourd’hui c pas le CO2 qui plombe le diesel c’est les particules fines. Quand a freiner la transition énergétique en maintenant un niveau de production nucléaire comme celle de la France en privilégiant l’électrique c’est pas nous prendre pour des lapins de 6 semaines ?

  4. Nabuchodonosor

    Une idée, lancée comme ça :
    Que diriez vous d’un bras articulé se déployant à la verticale, façon autos-tamponneuses, au bout duquel se ferait le contact avec le réseau aériens des trolleys et tramways ?
    … Sans façons ??
    😉
    Ach…

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  5. hypergone

    Évidemment que c’est une bonne idée, même si ce n’est pas nouveau. électrifier une twingo 1 ou une 305 break pour continuer à rouler dans Paris effectivement c’est intéressant. en admettant que les problèmes administratifs soit derrière nous reste le tarif… bon! Chacun jugera au regard de sa bourse. Il est fort probable que le concept seduise les entreprises à la recherche de véhicules promotionnels. Foodtruck dans tube Citroën, je pense a ce remouleur parisien qui circule en taxi londonien transformé en atelier. et bien d’autres…

    Quand à électrifier une Hispano a quoi ça sert, Rouler plus, Vraiment ?

    Je pense à Mr Freour atterré en entendant Mr Ouhalid dire « on s’en fou des vitres électriques… » alors qui aura envie de sortir un torpedo électrique!!

    Imaginez le Londres Brighton avec des modèles électrifier…

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  6. Ping : Revamping, rétrofit de voiture enfin possible en France ? – Enjeux énergies et environnement

  7. PhareOuest

    Électrifier des voitures de collection qui la plupart du temps roulent peu me laisse perplexe. Une Mustang sans le bruit,le glougloutement du V8 et sans l’odeur, mais quelle tristesse, c’est comme manger du foie gras qui aurait le goût du tofu. Par contre les kangoo, berlingo, espace, 807…..etc, c’est déjà plus pertinent, mais le prix est dissuasif pour beaucoup et est-ce vraiment bon pour la planète quand on connait l’impact (150 à 200 kilos de CO2 par kWh) pour la fabrication des batteries?????

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  8. CoyoteAuto23

    Je ne pense qu’il faille imaginer ce concept de « rétrofit » sur une ancienne au sens propre. Mais par contre, recycler une 306 turbo-D ou une 21 GTS en électrique pour les faire vivre 10 ans de plus, ne serait-ce pas là une super opportunité de faire revivre nos « young »? Sans compter qu’après 10 ans à rouler en R21 électrique, arrivée en 2030, celle-ci sera devenue une « classique » et méritera de se refaire monter un F2N… créant ainsi un nouveau business antagoniste à celui du rétrofit! 😉

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  9. Scan

    C’est très Oualidien dans l’esprit, la voiture qui ressemble à un PC de bureau dont on choisirait les composants un à un pour en faire un engin adapté à ses besoin. C’est aussi un peu le mariage du feu de bois cher à notre Président, avec les batteries graphène rêvées de notre cher PM !
    Mais au risque de faire maugréer Michael, des feux à LED sur une ancienne en plus du retrofit, seraient un joli plus !
    Malgré tout, même en dehors des « supercars » de l’univers de la collection, la mécanique thermique ne fait-elle pas partie intégrante d’un patrimoine automobile à conserver ? Qu’est-ce qu’une R25 V6 sans son PRV ? Peut-on récupérer, pour se consoler, le moulin thermique pour en faire un pied de table basse, comme dans le décor des POAdes du dimanche ?

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  10. Dubby Tatiff

    Oui, la première idée qui m’est venue en voyant ce reportage, c’est de monter un business de conversion de Twingo 1* en VE. Mais 15000 euro la conversion c’est onéreux pour ce type de projet.

    * la meilleure voiture du monde pour Michael Oualid, tout de suite après l’EQUUS Throwback 😉

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  11. MF67

    Très intéressant ! Pour moi, c’est une solution très intéressante pour concilier passion et raison, dans notre époque de guerre à la pollution. Dommage que cela soit si cher pour l’instant, mais je penses qu’au fil du développement de cette pratique, les tarifs deviendrons progressivement plus raisonnables ! Enfin je l’espère !

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  12. Frédéric à Montréal

    Excellente entrevue, j’ai beaucoup appris malgré le ton léger très agréable.
    Mon rêve, convertir ma Volvo 122S 1968. Les prix sont encore un peu élevés, mais grâce à cet entretien, je suis optimiste, je sens que ça va se faire!
    Évidemment, je ne ferais pas ça à une R5 Turbo, mais je ne vois pas le sacrilège dans la grande majorité des cas. Au contraire, c’est une nouvelle vie pour ces voitures…
    Merci pour cette excellente émission.

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  13. Romain HF

    Passer une ancienne à l’électricité pourrait sembler parfaitement logique, dans la mesure où il s’agît de véhicules qui ne roulent pas quotidiennement, et en général uniquement pour de courts trajets. Donc le passage à l’électrique réduirait grandement les problèmes d’entretien, et le manque d’autonomie des batteries ne serait aucunement gênant.
    Par contre, avoir une ancienne, c’est une question de passion, pas de raison, et pour la plupart des collectionneurs, la mécanique fait autant partie de la voiture que la carrosserie. Donc transformer une ancienne en électrique, c’est pour un collectionneur à peu près aussi sacrilège que de coller des bras en plastique sur la Vénus de Milo et de la repeindre en couleurs chatoyantes pour la rendre plus réaliste. Donc je pense que peu des vrais collectionneurs vont avoir recours à cette solution.

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    1. francois

      Bonjour,
      Incontestablement j’imagine mal qu’un collectionneur passionné qui est aux petits soins avec son élue dont le moteur tourne comme une horloge et dont il reconnaît chaque bruit, chaque soupir, chaque chuintement, serait prêt a supprimer le cœur de sa belle pour n’en garder que la robe, ce serait totalement déraisonnable…autant devenir collectionneur virtuel pour vraiment aller au bout du concept