Lomax : Low Costs Maximum Fun

Par Patrice Vergès.La passion de François pour la 2 CV Citroën l’a poussé à acheter une Lomax, cyclecar à trois roues d’origine britannique, extrapolée de la célèbre Deuche française.

La Lomax est un cycle-car vaguement inspiré des célèbres Morgan « three weeler » assez populaires dans les années 30 car elles bénéficiaient de taxes de circulation réduites

François est presque né dans la 2 CV parentale. Il en possède plusieurs particulièrement une rarissime 1956 dans son état d’origine sur laquelle nous reviendrons une prochaine fois. Son amour pour la Deuche l’incite à participer à des rallyes-raid au volant d’une version coursifiée et également à visiter quotidiennement ses patients (il est kiné) avec une autre de ses 2 CV dont il a possédé une douzaine d’exemplaires.

2 places, deux cylindres, trois roues

Aujourd’hui, intéressons nous à son original cycle-car sur base 2 CV. Lomax Motor Co était un petit constructeur artisanal britannique qui proposa dès 1982 un kit-car en matière composite à assembler sur base de 2 CV Citroën reprenant l’esprit des fameuses Morgan three-wheelers des années 30.

La Lomax né des initiales de  » Low Costs Maximum Fun » signifiant un amusement maxi pour un prix mini, était offerte soit en 4 roues sous le nom de 224 contre 223 pour celle de François pour 2 places, 2 cylindres, trois roues. Autour de 2 000 Lomax auraient été fabriquées jusqu’à la fin des années 2000 avant que la firme soit rachetée par Cradley-Motor-Works qui l’annonce toujours à son catalogue.

 » Je l’ai achetée en France toute montée il y a deux ans et elle a une véritable carte-grise au nom de Lomax et pas de 2 CV comme c’est fréquent. J’ai fais pas mal de modifications dessus. Notamment, j’ai adopté un moteur plus nerveux que le 602 cm3 d’origine. Réalésé à 652 cm3 avec un carburateur double corps, il délivre une trentaine de chevaux à 7500 tr/mn. Beaucoup ont le levier coulissant style 2 CV ce qui n’est pas le cas de la mienne dont j’ai refais la planche de bord en bois, et durci les amortisseurs ».

La Lomax 223 est donc une trois roues comparée à la 224 qui compte 4 roues

La Lomax 223 était construite sur un châssis d’Ami 8 dérivé de celui de la 2 CV dont la suspension arrière était évidement modifiée et montée en position centrale avec le bras inversé puisqu’il s’agit d’un cyclecar. Ces trois roues ont eu beaucoup de succès entre les deux guerres car ils étaient exonérés de certaines taxes fiscales.  » Trois roues, c’est idéal pour prendre systématiquement avec la roue arrière tous les trous de la route que tu évites avec les roues avant. Si sa conduite est particulière, elle tient très bien la route surtout avec la suspension durcie qui l’équipe » précise son propriétaire.

On reconnait guère le moteur de la 2 CV/ Ami 6 débarrassé de sa turbine de refroidissement. Remarquez les couvres-culasses, l’imposant radiateur d’huile et le petit filtre à air qui coiffe un carburateur double corps

Comme sur la Morgan dont elle est plus ou moins inspirée, le moteur très visible à l’avant participe étroitement au design de la voiture. Les classiques tôles de turbines qui englobent le flat-twin ont été enlevés de même que le ventilateur. Des couvres culasses ailetées en aluminium remplaçant ceux en tôle d’origine appuient allure sportive de même qu’un gros radiateur d’huile placé à l’avant chargé d’améliorer le refroidissement. Moteur en route, si la sonorité caractéristique de la 2 CV se reconnait, le son mat du pot d’échappement passablement libéré accroît le caractère sportif de la voiture.

François a équipé sa monture d’un très joli tableau de bord en bois. On note que le levier de vitesses est au plancher

Beau volant en bois ajouté par son propriétaire, instrumentation copieuse, minuscules sautes-vent, tout est destiné au plaisir des yeux

Une grenouille venimeuse

Ne riez pas, la 2 CV Lomax est presque une sportive car elle pèse trois fois rien avec 420 kilos. Poids plume qui lui permet de disposer d’accélérations pas ridicules et de filer à presque 135 km/h et bien davantage dans le ressenti de ses deux passagers au sein d’un habitacle très copieusement ventilé avec dans les oreilles le bruit sec de l’échappement. D’ailleurs, au vu de la modestie des saute-vents plus esthétiques qu’efficaces et son absence de capote, François et son épouse portent des casques lorsqu’ils l’utilisent.  » C’est une 2 CV de plein-air » précise-t-il.

Pas de couvercle de coffre, petit réservoir de 2 CV, à l’arrière on peut glisser des habits imperméables conseilles vu que la Lomax n’a pas de capote !

Une grenouille peinte sur la carrosserie explique les couleurs originales de sa voiture.  » Les Dantrobates sont des grenouilles d’Amazonie extrêmement venimeuses dites grenouilles peintes car elles sont bleues bicolores exactement comme ma Lomax « .

Il est superflu de formuler que la Vision d’une Lomax au sein de la circulation ne laisse personne insensible et suscite l’étonnement et généralement la sympathie et le lot de réflexions amusées  » Généralement, on nous prend pour des Anglais et c’est assez amusant », précise François. Promis, la prochaine fois, il évoquera pour nous sa passion pour la Deuche en nous faisant essayer sa 56 à petite lucarne arrière sans porte-malle !

Une seule roue à l’arrière, la solution idéale pour ressentir tous les trous de la route d’autant que la suspension de la 2 CV a été bien durcie

Bientôt François nous fera découvrir sa 2 CV 1956 dans son jus !

Bientôt François nous fera découvrir sa 2 CV 1956 dans son jus !

 

L’avis des Petits Observateurs !

9 commentaires au sujet de « Lomax : Low Costs Maximum Fun »

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  1. Patoor

    Quand on roule en Lomax ou en Le Patron ( toujours fabriquée en Hollande par Godfried Van den Bergh ), on a toujours le sourire… LOMAX: LOw cost, MAXimum pleasure.
    Et c’est vrai !!! Qu’elle ai trois ou quatre roues… Si vous voulez rouler heureux, roulez en Lomax ou en Le Patron !!!

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  2. Georges Piat

    C’est fun, en effet, même si on est très loin de l’esthétique du Morgan… Qui se fabrique toujours pour les amateurs d’engins bizarres et géniaux comme seuls savent les faire les Anglais…

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    1. Hypergone

      Re-fabriquer… depuis 2011 ce qui n’a d’ailleurs pas été sans influence sur la cote des cyclecar 3roues d’époque. Darmon, Stanford…

    2. Raymond

      Et si d’ailleurs vous êtes intéressé de voir des 3 roues (Morgan et autres) en nombre et parfois sur 2 roues lors des passages des chicanes du circuit de Monthléry, je ne peux que vous recommander d’aller au Vintage Revival début mai (http://www.vintage-revival.fr/). On y voit des « couillus » envoyer du gaz avec toutes sortes d’engins d’avant guerre les plus improbables les uns des autres. J’adore également voir les Anglais faire de la mécanique sous la pluie et dans la boue 🙂 (rien ne les arrête)

      Ne criez pas au loup, je n’ai pas d’action chez eux ; j’informe juste les curieux qui souhaite voir des machines improbables, sans barrière autour des engins et discuter avec des proprio/pilotes passionnés (Langue Anglais de rigueur)