Souvenirs d’Autos (199) : La gueule de l’emploi 

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel.  Cette excellente anecdote « cinématographique » m’a été envoyée par Bernard, formateur en conduite avancée dans un centre équivalent à celui créé par le regretté Jean-Pierre Beltoise…

Une boîte de production de films cherche des conducteurs de précision* pour le tournage d’un film publicitaire AGIP avec de très nombreuses voitures et demande à notre centre de formation de lui fournir une vingtaine de conducteurs.

*Un « precision driver » est un, très bon, conducteur qui est capable de d’effectuer au volant exactement ce que le réalisateur lui demande.

Toute l’équipe est sur le pont pour 5 jours de tournage à Lisbonne.

On nous demande de nous présenter avec des vêtements sombres, si possible noirs, à 6 heures du matin dans le parking d’un hôtel 4 étoiles de Lisbonne ou la production a réservé un des sous-sols pour garer les véritables stars du casting : deux Audi A6 All-Road gris métal, une Alfa 166 V6, une Passat break TDi, une Fiat Tipo, une VW Coccinelle (la 1ere des modernes), une Nissan Micra, une Seat Ibiza, une Fiat Multipla et bien d’autres.

Des techniciens de la production sont en train de changer les plaques portugaises des autos pour des plaques italiennes car le spot est destiné au marché italien. Les autos sont attribuées aux différents moniteurs et en route pour le premier lieu de tournage à 10 minutes de là escortés par les motards de la police, car toutes les autos arborent de « fausses » plaques.

À 6 heures, dans un Lisbonne désert ce premier déplacement d’une vingtaine de véhicules se passe sans encombre. Arrivés sur le premier lieu de tournage on nous distribue des cagoules noires, pour que les conducteurs apparaissent le moins possible à l’écran.  Après quelques réglages et 3 ou 4 prises la première scène est dans la boîte et nous sommes en route, sans cagoule, vers le lieu de tournage suivant.

Mais en milieu de matinée lors d’un transfert la circulation devenant plus dense, des autos (dont les taxis) se moquent des instructions des policiers et insistent à s’intercaler au milieu du convoi au risque de perdre certains des moniteurs venus de Porto qui connaissent mal la ville et de retarder le tournage, voir d’avoir un accident avec un tiers, car avec la police le convoi ne s’arrête pas y compris pour les feux rouges.

À l’arrivée sur le lieu de tournage suivant je me dis que si cela se complique déjà un samedi alors que la circulation à Lisbonne est très fluide… qu’est-ce que sera en semaine ?

Je lance alors l’idée à mes collègues de garder les cagoules pendant les transferts et de regarder droit dans les yeux les conducteurs qui tenteraient de s’incruster.

À partir de là, chaque fois qu’un conducteur s’incrustait : un regard et un signe de la main devenait immédiatement très convaincant.

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps; Et si possible, joignez à votre histoire des photos….  On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (199) : La gueule de l’emploi  »

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    1. Fils de Pub

      Dans les situations critiques, quand on parle avec un calibre bien en pogne, personne ne conteste plus. Y’a des statistiques là-dessus.

    2. Pascal DeVILLERS

      Cher Maitre Folace,
      Moi les dingues du volant portugais, j’les soigne, j’m’en vais lui faire une ordonnance aux amateurs de brandade de morue, et une sévère, j’vais leur montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins d’Lisbonne qu’on va les r’etrouver les lisboètes , éparpillés par petits bouts façon puzzle… Moi, quand on m’en fait trop j’correctionne plus, j’dynamite, j’disperse, et j’ventile.
      Pascal.

    3. Maître Folace

      Marrant c’t’image, j’ai croisé les mêmes précision driver c’t’été dans les rues de Doha.
      Vu l’éducation que j’ai reçu, j’ai laissé poliment ces dames passer…