Elvis, ma Cadillac et moi

Patrice Vergès. Franck a deux passions dans la vie : Elvis Presley et les voitures américaines particulièrement les Cadillac. Il ne se contente pas d’en rêver puisqu’il a mis sa vie en rêve.

La Cadillac Coupé de Ville 960 avait vu sa silhouette allégée. On ne peut pas encore parler de sobriété

La musique d’abord puisqu’il est auteur-compositeur-chanteur et guitariste. Il a enregistré quelques CD dont un diffusé au USA en hommage au grand Elvis. Ensuite, son parc automobile a compté une bonne quinzaine d’américaines dont six Cadillac.  » A 16 ans, je voulais être Elvis. C’était un rocker et un rocker, c’est obligatoirement une guitare et une voiture américaine. J’ai débuté en 1989 par une Cadillac 1959 limousine 6 glaces avec séparation chauffeur. Celle qui a les grands ailerons que j’ai payée en dix fois. Repeinte en rose, on allait dans les concerts avec et on bouffait la moitié du cachet en carburant ! » se souvient Franck.

Surtout en version coupé, la démesure du volume arrière se perçoit mieux sous cet angle.

Six Cadillac !

En plus de quelques Mustang, Dodge Charger et Challenger, il a possédé une Cad 1955 et 56, une 1958 et 1959, un cabriolet 1964  » La même que celle de Bourvil dans le Corniaud mais il n’y avait pas le « Youkounkoun » dans le volant » et ce coupé De Ville de 1960 acheté en 2011. « Avec ses 73 000 milles au compteur, elle fonctionne comme une horloge. Elle ne m’a jamais trahi ni tombé en panne. Elle m’est fidèle et je lui resterai fidèle jusqu’au bout. J’ai simplement changé la moquette qui avait pris l’eau et faite repeindre non pas dans une teinte d’origine mais rouge Candy avec le toit blanc. J’assume ! »

La planche de bord ne faisait pas dans la sobriété mais c’était pour cela qu’on l’aimait

La mesure de la démesure

Petite piqure de rappel pour les passionnés. Le millésime 1959 représente l’année de tous les excès stylistiques pour l’industrie automobile américaine avec des ailerons démentiels notamment la Cadillac 1959 qui pointe les siens telles des ogives nucléaires à 1,22 m du sol ! Fin 1958, Earl, le chef du bureau de design de la GM (650 dessinateurs), responsable de ces fusées à quatre roues (il aime les avions) prend sa retraite. Il est remplacé par Bill Mitchell qui, lui, aime les requins et mesure la démesure stylistique dans laquelle les a amenée Earl dont se plaignent la clientèle et le réseau. Les modèles GM 1960 reviennent à des lignes plus sobres. La Cad 1960 allège sa face avant au niveau de la calandre et rogne ses butoirs et surtout gomme ses monumentaux ailerons arrière offrant une silhouette légère et plus tendue qui se perçoit mieux sur le coupé au pavillon plus fluide.

La salle des machines avec un colossal V8 de 6,4 l développant 325 ch !

En s’allumant, les arrêtes au dessus des phares témoignent que les phares fonctionnent

5,63 mètres, 2,3 tonnes, 6,4 l !

N’exagérons rien, la Cad’ 1960 est tout sauf sobre s’étirant sur plus de 5,63 mètres et plus de 2 mètres de large. Sous le capot, on retrouve le gros V8 6,4 l qui délivre 325 ch accouplé à une boîte auto Hydra-Matic à 3 rapports. Si cette version est capable de pointer à près de 175 km/h, il faut avoir du courage pour emmener ce gros joujou de plus de 2,3 tonnes à cette allure encore freinée seulement par de petits tambours. « On n’aime pas rouler vite avec. Elle n’est pas faite pour ça avec sa direction très assisté et sa suspension hyper-souple. En roulant gentiment, on consomme autour de 18 litres aux cent. Regarde cette visibilité autant devant que derrière, c’est étonnant et cette sensation de confort »

L’habitacle fait appel à de nombreux chromes intérieurs. On remarque la platine de commande ses 4 glaces électriques

Radio à tête chercheuse d’époque. On entend déjà d’ici Elvis

Rock end roll attitude

Franck a raison, vue de l’intérieur une Cadillac semble être une vitrine avec son pare-brise à montants inversés dégageant la visibilité à l’avant mais guère l’accessibilité avec les retours et les fins montants de la lunette n’arrière qui descend en pente douce prolongeant des glaces sans montant. Au niveau sécurité passive, en cas de chocs, ce pavillon devait exploser comme un fruit trop mur. Mais à cette époque, on faisait passer le design avant tout et c’est ce qui provoquera la campagne sécuritaire de l’avocat Ralf Nader sur  » Ces voitures qui tuent ! « 

Les ailerons du millésime 1960 avaient été rognés. Toutes ressemblances avec les rasoirs électrique de l’époque ne sont pas une coïncidence

La cad 1959 se distinguait par ses gigantesques ailerons qui ont rebuté la clientèle

Des Cadillac sur ses cahiers d’école.

 » Quand j’étais gamin, je dessinais des Cadillac sur mon cahier d’école et j’écoutais Elvis qui a inventé le rock and roll. En fait, c’est mon père qui était fou d’Elvis et qui ne prenait pas bien le temps d’écouter ses enfants. J’ai voulu devenir Elvis pour qu’il me regarde. » Il y a 30 ans, que Franck et sa formation écument les concerts avec quelques beaux souvenirs notamment d’avoir fait la première partie de Chuck Berry devant 5000 personnes. Franck goûte une belle vie partagée entre plusieurs autres passions notamment le dessin en particulier de voitures et décoration de motos.

On remet en route la Cad pour quelque dernière photo dans le grommellement lent des pistons gros comme des tonneaux. Elle s’ébroue en dodelinant mollement sur ses suspensions indolentes sur la route défoncée qui rejoint sa maison. Face à moi, dans cet habitacle lumineux cerclé de chromes, la radio à lampes est d’époque. Je suis certain que si j’appuie sur l’une des touche à tête chercheuse, la douce voix d’Elvis va jaillir du HP en me susurrant  » Love me tender, love me sweet, love me song, love me true ! « 

Rock and Roll Attitude pour Franck

Rouler cool en Cadillac dans le glougloutement discret des 8 cylindres. Quel pied

Cette Impala 1958 (voir POA) a demandé un mois de travail à Franck qui l’a dessinée entièrement au stylo bille !

L’avis des Petits Observateurs !

10 commentaires au sujet de « Elvis, ma Cadillac et moi »

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  1. Pascal MOORE

    Belle histoire de ce fan d’Elvis, qui avec cette imposante automobile poursuit sont rêve Américain. Pour la petite histoire, lorsqu’Elvis fit son service militaire en Allemagne, son imprésario le ( faux ) Colonel Tom Parker fît tourner la Cadillac en or d’Elvis, dans tout le pays ( USA ) assurant ainsi une forme de promotion de son poulain. Le brave homme qui prenait 10% des cachets du KING à ses débuts, finit quand même par prélever 50% des cachets de la STAR vers la fin. ELVIS demeure et restera le Roi du ROCK’N’ ROLL pour tous ceux qui sont nés au XXème siècle. Franck doit continuer à entretenir et rouler le plus souvent possible avec cette voiture qui fait partie de sa vie ! BRAVO FRANCK !!! Merci Patrice pour cet hommage.

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  2. Learch

    Superbe mais je lui préfère le modèle Eldorado 68… pour le tout simple motif évident qu’étant gosse je jouais avec une Dinky de la même couleur mais toit noir :o)

    Waouh le dessin de l’Impala ! (Au stylo bille ??!!)

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  3. Alain

    J’ai eu une Cadillac 1959 à une époque où ça valait une queue de cerise. Je la faisais fonctionner 75% essence et 25 % diesel. Ça fumait mais je ne suis jamais tombé en panne ! je l’ai revendue contre quatre pneus neufs pour une Mustang 65 en piteux état.

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  4. Francois

    Quand je taquine ma Gibson, je rêve d’être Scotty Moore accompagnant Le grand Elvis qui est arrivé triomphant au volant de son étincelante Cadillac…

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