Souvenirs d’Autos (193) : Sauvetage maudit !

Par le Commandant Chatel. Année 1987, mon frère Philippe est bloqué à Grenoble par la neige et les grèves. Il accompagnait la troupe d’Émilie Jolie en tournée (qui elle, se déplaçait en autocar) et il ne pouvait pas rentrer à Paris par le train. Qu’est-ce qu’il fait ? Il me passe un coup de fil.

  • Allez, sois sympa, viens me chercher…

Nous sommes en février ou mars, il fait très froid et on annonce de la neige. Mais bon, je ne peux pas le laisser là-bas, alors, je mets mon réveil à 4h00 du matin et zou !

À l’époque, j’avais une Golf GTI (le 2e modèle) qui marchait bien et dont les jantes Pirelli me rendaient très fier.

Me voilà sur l’autoroute du sud direction Lyon, le pied dedans… Dans le Morvan, les choses se corsent car il y a de la neige et bien sûr, je n’ai pas d’équipement… En ralentissant, ça passe.

Je traverse Lyon, vers 9h00 du matin et me voilà, totalement épuisé à Grenoble à 11h00. Mon frère Philippe, lui, est en pleine forme car il vient de se lever. À chacun ses horaires.

On repart et comme il n’a pas tellement envie de conduire, je garde le manche… Et là, il pique un petit roupillon.

Sur les coups des 13h00, il se réveille. Il a faim.

Moi, je me dis qu’on va manger un sandwich à la première station service, mais il a une meilleure idée en voyant le panneau « Tournus ».

  • On va aller déjeuner chez Greuze !

Très bonne idée… et on se fait un repas gastronomique délicieux arrosé de Crozes-Hermitage. Le maître d’hôtel, lui, nous lâche des « Monsieur Chatel » par ci et des « Monsieur Chatel » par là… Éreintant.

 

Après une addition stratosphérique et un pourboire royal, nous ressortons vers 15h30. Je ressens une petite lassitude et je propose à Philippe de conduire. Mais il me répond qu’il est crevé et il se rendort dès que je démarre.

Tournus-Paris, ça fait encore pas loin de 400 kilomètres et en voyant la neige redoubler, je me dis que ça va être long.

 

On arrive à Paris, vers 10 heures du soir et après plus de 1000 kilomètres, je suis fatigué, énervé, esquinté… et là, mon Philippe se réveille avec cette idée de génie :

  • Et si on allait dîner chez Lipp ? Je t’invite !

Cette fois, je ne réponds même pas, je le dépose chez lui directement en faisant celui qui n’a pas entendu et je rentre chez moi manger un yaourt et me jeter dans mon lit.

En fait, il doit y avoir un Bon Dieu pour les inconscients

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

L’avis des Petits Observateurs !

16 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (193) : Sauvetage maudit ! »

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  1. Pierre_

    « …et en voyant la neige redoubler je me dis que ça va être long! »
    C’est sur cette même phrase ‘terrible’ que je parts pour Paris avec des amis, un samedi de match des 5 nations.
    5heures de route dans la Mondéo de Jean-Yves. L’auto est heureusement meilleure chasse-neige que la GTI.
    D’autres GTI, celles de mes copains Alain et Guy avec lesquelles nous partions dans les Alpes chaque w.end
    dans les années 80.
    Un périple courageux et éprouvant. Mais un frangin c’est un frangin !
    ‘Un frangin qui dort et dine’. Le bien heureux!
    _Philippe Chatel ? Tiens tiens, bon sang, mais… ?

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    1. Nabuchodonosor

      C’est très bien dit.
      …Quoique déguster un Côtes du Rhône en pleine Bourgogne ça peut donner le Tournus…
      😉
      Nabuquepoursedésaltérer

  2. chapman

    Belle et heureuse inconscience, circulation dans stress.
    Je ne compte plus à la même époque, les bouillabaisses à Marseille décidées au saut du lit (vers dix heures du mat) avec ma jeune épouse alors que nous habitons à la frontière du Jura, avec retour le soir pour dîner avec des copains ou la famille.
    Plus jeune, quand j’habitais Paris, faire une « after » sur la plage de Deauville autour des sept heures du matin, à six dans une vieille DS….. De beaux souvenirs d’auto dont il faudra que je vous entretienne mon commandant.
    Merci pour ce SDA. Pour info, Greuze est toujours là, toujours aussi bon, toujours aussi cher; mais c’est une institution.

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  3. Gran Turisto

    Je vois que, quelques soient les époques, nous avons tous pratiqué un « tourisme » spontané (pour ne pas dire inconscient)… Ma propre liste serait bien longue, parsemée de destinations éclectiques et peuplée de personnes moins connues (mais qui auraient parfois gagné à l’être…), le tout dans des véhicules aux caractéristiques pas toujours adaptées aux circonstances…
    C’est d’ailleurs un peu le même type de programme épique qui m’attend dès ce soir! (mais dans un autre registre de confort et dans une vraie bagnole, la mienne!)

    Merci mon Commandant et merci Petit Jésus pour toutes ces aventures et les souvenirs qui vont avec… et bon weekend aux Petits Observateurs!

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  4. Georges Piat

    C’est ça les artistes ! Avec ceux qui font tout pour que tout se passe bien et dont on ne parle pas souvent.
    Blague à part, j’en rêvais de la GTI… Bien qu’une GLS m’aurait bien suffit !

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  5. Nabuchodonosor

    « De-va-quet-si-tu-savais, ta-ré-forme, ta-ré-formeu, De-va-quet, si-tu-savais, ta ré-forme où-on-s’la-met !
    Au-cu, au-cune hé-si-ta-tion, si-non, si-non, c’est-la-ré-vo-lu-tion ! »
    Notre cri de ralliement sur le Campus ressemblai à ce poème, bien que je situe l’action plutôt fin 86…
    Année universitaire 1986-87, je suis étudiant en effet… à Grenoble.
    Si je vous avais rencontré alors, j’aurai pu vous crêcher vous, votre frangin et toute sa troupe, mon Commandant.
    Au V.O, pardon au Village Olympique, celui la même des J.O de 68… Enfin le confort était sommaire…
    Je vous aurai même invité au CROUS, à Diderot, Barnave ou d’Arsonval, voir même au Rabot à la Bastille. Évidemment pour 7-8 francs le ticket, fallait pas exiger la lune…
    Mais je vous aurai tous sauvé !
    😉
    Nabusuperhéro

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    1. Gérald Huildecannes

      Oui 86 mon cher Nabu, ma première grève étudiante et j’étais au collège… mais le refrain qui n’a pas changé et que l’on à hérité de 68 je crois, est toujours d’actualité… sauf qu’il faut insister sur le Au-cu, Au-cu !!! Aucune hésitation…

    2. Nabuchodonosor

      Merci Gérald HDC.
      C’est idiot, mais je m’aperçois maintenant que 86 c’est 68 dans le désordre…
      Le désordre, oui c’est ça, je m’en souviens parfaitement…
      🙂
      Pouvions nous seulement nous douter que, pendant ce temps-là, le Cdt était en Opé Commando dans sa GTI, sous la neige ?
      Mes respects mon Cdt.

    3. Gérald Huiledecannes

      En opé mais pas avec les rations de survie ! Toujours planqué ces gradés !
      Huiledecannes ! M’frez les graisseurs du TBU ça vous apprendra à la ramener !
      Heu… Oui commandant !

  6. Thierry

    1988 – en sortant de boîte avec des copains, après une belle nuit blanche, je retrouve ma copine de l’époque, qui ne savait pas que j’avais passé la nuit dehors, et me dit : on va déjeuner au Mont Saint Michel ? (Sachant que nous habitons l’Auvergne!)
    Ni une ni deux, nous sautons dans la Golf 2 Gti, modèle 1987 commandant 🙂 et nous filons vers la Bretagne à toute allure .

    Je confirme il y avait en ce temps un bon Dieu pour les jeunes.

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  7. Learch

    Kôôaaa ?! Qu’apprends-je ??!! Emilie Jolie est la nièce du commandant ?!!
    A cause d’une soeur aînée branchée chanson française, ce 33t tournait en boucle sur la platine durant mon enfance (je ne compte plus les fois où je l’ai enlevé et remplacé par un disque des Kraftwerk ou de Police, par goût et pour faire suer, j’avoue :o)) malgré tout, à force, j’ai apprécié cet album. Pas uniquement par traumatisme…
    Donc mes respects. Au Commandant et au Colonel (son frère aîné qui, après lecture de ce récit, ressemble bizarrement au mien… ;o))

    Pour en revenir aux bagnoles, quand on conduit à des allures non modérées une voiture nerveuse, sportive et aussi peu assistée, en étant aussi peu assisté, on ne s’endort pas. CQFD. Avez-vous déjà vu un motard s’endormir au guidon ? Les ministres des transports et les associations d’aide aux victimes de la route devraient tous savoir ça. Il y a bien sûr des limites à tout. Et personne n’empêchera la naissance de futurs chauffards abrutis.

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    1. Fifitroiscentquatre

      Tout à fait d’accord. Mes 2 véhicules participent au non-endormissement : Fiat Panda 1 et VW Transporter T4 2,4 D.
      La Fiat manque évidemment de couches insonorisantes, et le 5 cylindres diesel VAG n’est pas des plus discrets et la boîte tire court.

      Pour s’endormir au volant de ces voitures, il faut plusieurs nuits blanches….

    2. Learch

      Heu… oui ok, mais là on se rapproche plutôt du fauteuil en osier du Spirit of Saint-Louis ;o) (sans vouloir offenser vot’ Panda et vot’ VW)