Souvenirs d’Autos (196) : La 607 m’a sauvée la vie !

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Cette histoire m’a été envoyée par Aurélien Hary qui m’écrit : « Merci pour cette rubrique géniale, ça me donne l’impression de vivre un temps que je n’ai pas connu (millésime 1991) ». Intelligent ce garçon, non ?

Pour vous mettre dans le contexte, je suis un jeune alsacien qui parle allemand. Au hasard d’une recherche d’emploi, je décroche un boulot à Trêves, ville allemande proche du Luxembourg.

Vu la faible distance (140km) je rentre tous les week-ends en Citroën Saxo essence 1.1i 3 portes, la seule option était sans doute les vitres électriques. Ce n’est pas une voiture excitante, mais elle a fait son boulot de manière fiable.

La saxo c’est pratique, mais en tant que bagnolard… Et puis elle plafonnait à 170 au compteur sur les portions illimités des Autobahnen. Et je ne parle pas de ses freins à tambours à l’arrière…

Au bout d’un an de ce train-train je me mets en quête d’une nouvelle voiture, la C6 me tente, mais encore trop chère pour mon budget, je trouve la 406 coupé belle mais les longues portes ne sont pas pratiques. Finalement j’opte pour une Peugeot 607 qui a une boite 6.

Je trouve mon bonheur en ancienne Allemagne de l’Est, à Chemnitz, appelée à l’époque Karl Marx Stadt. Venons en à l’histoire à proprement parler. Je travaillais les samedi jusqu’à 18 ou 20 heures, alors je ne perdais pas de temps en route pour rejoindre mes amis.

Après une portion de nationale limitée à 100 où tout le monde roule à 110, je monte sur la portion d’autoroute où la vitesse est déjà illimitée. Le moteur puissant et coupleux de 2,2 litres avec son biturbo atteins les 225 km/heure, 200 étant la vitesse de croisière optimale (virages d’autoroute compris).

C’est le début de l’hiver (je me suis naturellement équipé avec des pneus Michelin neufs) et les routes sont dégagées mais je reste prudemment à 170 dans les virages. À la prochaine bretelle d’accès,  je vois de loin trois voitures s’y engageant. La bretelle va initialement dans ma direction, puis fait une boucle pour être dans le sens de la marche. Nous sommes peu avant la tombée de la nuit, j’ai donc allumé mes feux de croisement. Je pense donc logiquement qu’ils m’ont vu. Je me méfie, et roule logiquement sur la voie de gauche pour les laisser s’insérer.

Soudain, la deuxième déboite sous mon nez (50 mètres à vue d’oeil) directement dans la voie de gauche! Ce Nissan Qashqai n’accélère même pas à fond (je ne vois pas le mouvement d’enfoncement de l’arrière ou une fumée noire de l’échappement) !

Réflexes: je klaxonne, fais des appels de phares, freinage d’urgence (je suis réellement DEBOUT sur la pédale) et me rabat sur la voie de droite (le tout en même temps pour être sûr d’être et de rester remarqué!) car les deux autres m’ont vu et ont eu la présence d’esprit de me laisser la place de passer! Mon cœur bat à 200 à l’heure.

Je poursuis caaaalmement au régulateur à 130, trop d’émotions pour cette fois

Alors qu’on ne dise pas que la 607 était une mauvaise voiture, je pense que cette sorte de test de l’élan de l’extrême n’est pas à la portée de toutes les routières de son époque. Je l’ai adorée pour son confort, insonorisation et puissance.

Mais des problèmes s’accumulant vers 200.000 km, et mon budget rétrécissant suite à ma reprise d’études, j’ai du m’en séparer au bout de 110.000 km de bons et loyaux services en trois ans et demi.

J’ai rempilé pour une routière, mais sans électronique et superflu moderne, une CX de 1983! À moi enfin le confort de l’hydropneumatique!

Petit bonus 

Petit détail sur les plaques allemandes si vous ne le savez pas les premières lettres sont la circonscription de résidence TR pour Trier/Trêves, B pour Berlin, WOB pour Wolfsburg (plus il y a de lettres, moins c’est un lieu important en taille). Pour 25€ de plus l’administration permet de choisir ce qui viens après le macaron (1 devant pour la circonscription, un second derrière pour le contrôle technique [TÜV]).

AU pour Aurélien et 607 comme l’auto!

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (196) : La 607 m’a sauvée la vie ! »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Philippe

    Mes parents avaient une 2.2 hdi 136 ch il n y avait qu un turbo a géométrie variable. Le 2.2 a été poussé à 177ch pour la c6 mais je savais pas que la 607 l avait eu.
    J en ai fait des heures de 607 c est vrai que c était top mais la position de conduite était pas super car on avait le volant un peu sur les genoux. Par contre hyper fiable. Ils l ont achetée neuve. 5 ans et 100 mille km plus tard ras. Mais rien du tout. La classe e avant et la c6 après avaient eu plein de problèmes.

    Répondre
    1. ques

      justement si, la 607 est à des tarifs étudiant ! j’ai eu une V6 essence, remarquable d’agrément, top voiture, la classe.

    2. Fifitroiscenquatre

      Une 607 pourquoi pas, mais AURÉLIEN LE DIT LUI-MÊME : difficile d’assumer l’entretien avec un budget d’étudiant.

      J’ai encore la très belle doc sur la toute première 607.
      Lettres argentées sur la couv et le bel intérieur en cuir « chocolat »…

  2. François

    Bonjour.
    Bien cette 607, très bien même, j’ai le souvenir de ces longs trajets à son volant, une V6 2.7HDI ETA6, une vraie grande routière qui n’avait de leçon a recevoir d’aucune de ses concurrentes surtout lorsque les conditions de route n’étaient pas les meilleures. tout L’ADN de Peugeot dans cette auto, il n’y a guère que la C6 pour lui tenir tête sur des trajets de 1500 km en hiver et dans les pires conditions. Coté fiabilité c’était bien aussi mais le réseau n’était pas a la hauteur et il fallait trouver les bons interlocuteurs compétents pour bénéficier enfin d’une grande sérénité…..
    La vraie sécurité est entre les mains du conducteur quelques soient les véhicules et les conditions de route. Essayer de bien conduire autant que possible et surtout toujours bien se conduire …. rien n’est infaillible ….mais cela apporte déjà une bonne dose de sérénité qui augmente le plaisir d’être bagnolard
    Merci pour ce petit souvenir

    François

    Répondre
  3. Georges Piat

    C’est vrai, on voit toujours WOB sur les pubs de Volkswagen.
    Bonne voiture cette 607, même si je n’en ai pas vu beaucoup.
    Merci pour l’anecdote, ça a du être chaud sur le moment !

    Répondre
  4. Pierre_

    Un slogan lancé il y a quelques années disait ceci:
    _’Si tu roules cool tu passes !’
    _’Si tu roules rock tu casses !’
    Soyez prudent Aurélien, et merci pour ce souvenir.
    Merci Commandant.

    Répondre
  5. Gwenvaël Alexandre

    Sacrée routière la 607 ! Mon grand père en a eu 3, en phase 1, avec chacune 3 accidents, sans gravité physique, pour mes grands parents, mais bonjour l’état de la voiture.
    Grande sécurité et sérénité à bord.

    Répondre
  6. Mat Ador

    Dans mes souvenirs, sur autobahn la limitation passe à 120 à l’approche de chaque bretelle, mais en effet comme elle n’est pas toujours respectée les différentiels de vitesse entre véhicules peuvent alors nous surprendre (ach)…

    Autres lieux, autres mœurs, sur autoroute radarisée, celui qui vous double au régulateur peut passer des plombes dans l’angle mort jusqu’à ce que l’un des deux ne craque et décide de déréguler son régulateur…

    Il m’est apparu dans les deux cas que c’est l’intelligence et l’anticipation qui vous sauve souvent la mise…

    Merci d’avoir rappelé cette évidence Aurélien.

    Répondre
    1. joelMX-5

      Mon père, ancien essayeur de la Régie avec quelques millions de kilomètres parcourus, m’a enseigné 2 règles élémentaires : ne pas surprendre, ne pas être surpris.

      S’agissant de la conduite sur autoroute, j’ai opté depuis quelques années de caler le régulateur à 120km/h : outre le fait de consommer moins (et donc de moins « polluer »), je trouve la conduite bien plus reposante.