Souvenirs d’Autos (195) : Toujours écouter son papa…

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. C’est Guillaume Galliot, mon ami et associé, qui m’a racontée cette histoire avec la Peugeot 505 familiale.

 

Juillet 1984. Guillaume vient juste d’obtenir son permis de conduire qu’il a tout fait pour obtenir avant les vacances. Il déboule chez ses parents à Thonon-les-Bains pour passer l’été avec une idée derrière la tête : emprunter aussi souvent que possible la 505 familiale pour aller voir ses copains…

Le « NON » paternel tombe aussi vite qu’une volée de bois vert.

  • Tu conduiras la voiture avec ta mère ou moi !

Patatras ! Les vacances s’annoncent très longues si Guillaume voulait conduire la 505, c’était évidemment sans ses parents !

Quelques jours plus tard, ses parents s’en vont quelques jours avec des amis… et laissent la 505 dans la maison… et les clés sur le buffet.

Guillaume se gratte le nez, hésite, se dit « oui, allez », puis « non, il ne faut pas »… Et finalement, il attrape les clés et quitte la propriété familiale au volant de la fameuse 505 avec ses 10 heures de conduite dans les jambes.

Ça sent bon l’herbe fraîchement coupée et la liberté…

Au premier panneau STOP à cent mètres de chez lui, il y a un problème. Un camion est garé à droite sur le bas côté, masquant totalement la vue. Guillaume s’engage donc à la vitesse de l’escargot en fixant le côté gauche et en oubliant le côté droit… où quand il regarde enfin, il voit débouler une Golf GTI à grande vitesse. Il n’a même pas le temps de piler.

C’est trop tard, comme au ralenti, il voit la GTI venir s’encastrer dans le côté passager de la 505. Contre les deux portières !

Passé le choc, tout le monde va se garer tant bien que mal sur le côté. C’est le moment que choisit le camionneur qui était salement garé pour monter dans son camion et prendre la poudre d’escampette.

Je vous passe l’arrivée des gendarmes, le constat, le permis de conduire qui n’est encore qu’un document provisoire en papier carbonne chiffonné sans photo…

Guillaume rentre chez lui dans un état second au volant d’une voiture tordue qui roule en crabe… Et il l’a gare le long d’un mur pour cacher autant que possible le côté droit totalement détruit.

Là, il s’enferme dans la maison de ses parents avec du coca et des chips pour attendre le grand retour… qui finit par se produire trois jours plus tard.

Là, il avoue son forfait.

Son père se précipite dehors et en voyant la voiture contre le mur, il ne voit que le côté gauche qui semble légèrement déformé. Il dit alors :

  • Ben… ce n’est pas grand chose…

Guillaume bredouille :

  • Hum… non, c’est de l’autre côté…

Et là, son père découvre la catastrophe. La voiture sera déclarée « épave » par l’expert.

Pas de gifle, pas de punition. Une seule phrase définitive viendra clore l’incident :

  • Guillaume, je vois que je peux vraiment te faire confiance…

Glurp.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps…  Et si possible, joignez à votre histoire des photos….  On adore ça chez POA ! Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

16 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (195) : Toujours écouter son papa… »

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  1. Yann Charvet

    Moi c’était la 605 paternelle que j’ai explosée (histoire publiée par le commandant, je l’en remercie). Finalement, avec le recul, je trouve que mes parents étaient assez cools pour me permettre d’emprunter leurs voitures alors que je n’avais que 18 ou 19 ans (605 sri puis 405 grdt). Ma fille n’a pas encore l’âge de conduire mais je ne me vois pas lui laisser les clés de ma série 3. Même ma femme ne s’y risque pas ! C’est grave docteur ?

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  2. Pierre_

    Le jour d’après…
    Après le passage du permis on espère tous emprunter la voiture du père, c’est une évidence.
    Eh bien comme vous Guillaume, au début des années 80, ce fut un ‘NON’ franc et massif !
    On ne touche pas à la voiture de papa.
    Mais papa avait un plan B. Merveilleux plan B. Quelques mois après l’obtention du précieux sésame, j’eus rendez vous au garage Peugeot du village ou m’attendais une 104GL, payée d’occasion 12000fr. je me souviens.
    Un bonheur en barre! Papa si tu lis ces lignes…
    Merci Commandant.

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  3. Huiledecannes

    Mon estomac c’est noué au fur et à mesure de la lecture, c’est que j’en ai cassé des bagnoles quand j’étais jeune…Celle qui m’a couté le plus cher c’est la petite Rover de maman, toute neuve toute mimi, que j’avais emprunté un soir pour sortir…. Quelle angoisse avant le coup de téléphone pour annoncer la mauvaise nouvelle…
    Je ne sais pas si celle-ci j’ai envie de la raconter dans un SDA sauvage ou officiel, bien qu’il n’y ai eu que du matériel, mais une épave sans remboursement par l’assurance c’est la bourde que l’on a envie d’oublier, donc je ne te remercie pas Guillaume pour ce SDA, mais je compatis, je l’ai vécu…qu’on est con quand on a 20 ans…

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  4. chapman

    Guillaume, nous sommes nombreux à avoir fait ce genre de bêtise; j’ai une histoire en attente chez le commandant….
    Depuis j’ai eu des enfants et je peux affirmer que pour un père, l’essentiel est de les voir revenir entier.
    Une chose m’étonne aujourd’hui. Lorsque j’ai passé mon permis à la fin des années 70, il y avait encore au moins quinze mille morts sur les routes de France et nos parents nous laissaient partir en toute décontraction (du moins en apparence). De nos jours ou la mortalité a presque été divisée par 5 il me semble que les parents ne dorment plus à l’idée de savoir leurs progénitures sur la route. Ne serions nous pas dans une époque exagérément anxiogène?
    Nous connaissons tous la valeur commerciale de l’angoisse n’est ce pas?

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    1. Velam

      Mon fils de 4,5 ans a la solution. Il passe son temps à me dire que sa voiture sera électrique et autonome.
      (Alors que je le met sur mes genoux pour qu’il face des manœuvres au parking). Considèrent son âge, Je pense qu’il a toutes les chances d’avoir raison pas forcément sur l’électrique, mais sur l’autonomie accrue des autos.

    2. JCBLYON

      Mon propre père ne m’a JAMAIS laissé conduire la R16 familiale, avant que je n’ai le permis…(même dans une allée de jardin, ou sur un parking de supermarché). Mais du jour où je l’ai obtenu, fin 78 (15 leçons, du prem’s), pas de problème pour emprunter la voiture ! Eh oui, en ce temps là, on s’inclinait devant le papier rose (que j’ai toujours) , on faisait confiance à l’institution, et on nous faisait confiance ! Mais à moi d’assumer en cas de pépin !.. La « charge mentale » étant un peu lourde à porter à chaque emprunt, j’ai préféré vite fait m’acheter la mienne (4L, 2 500,00 F.) .

  5. Thierry

    C’est chaud quand même cette histoire ! Le père que je suis n’aurait peut être pas eu la même zenitude !

    PS : Excellentes les histoires en commentaires

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  6. Velam

    Tous les mêmes ou presque.
    Tout jeune permis bien sûr. Pour ma part c’était une 205 XAD dont ce servait mon père pour le travail. résultat 2 tonneaux transformant la voiture en épave au milieu d’un champ.

    Aller je suis sûr qu’il y a prescription, à qui le tour … .

    Go poa

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  7. JCBLYON

    Rien à voir avec l’histoire, mais avec la voiture. J’ai eu une 505 GTI 2.3l, achetée 7 000,00 Francs (je traduit : 1 064 €) en 91 à l’un de mes oncles qui habitait Versailles (c’était sa voiture de fonction, qu’il avait conservée à sa retraite), dans un état absolument nickel (ben oui, c’est un chauffeur de la boîte qui l’entretenait). Je ne vous raconte pas le retour sur Lyon par l’A6, une fin de journée ensoleillée de septembre, personne sur l’autoroute, aucun homme en bleu en vue, et que je me cale au milieu des deux voies, et que j’appuie à fond sur la pédale de droite, et hop !, 210 compteur (vers Auxerre je crois) pendant…je n’avouerai jamais. Par contre, re-passage à la pompe avant Lyon, mon portefeuille lui s’en souvient ! Je l’ai gardée 4 ans, aucun soucis, sinon des soucis d’argent ! (pneus, conso…). Une très bonne auto, ultra confortable, une vraie locomotive . Quel couple ! Par contre, par temps de pluie sur l’autoroute, c’était une autre histoire.
    (depuis devenu père de famille, aucun soucis avec mon fils de 24 ans pour la voiture : Il n’a pas le permis, et ne se déplace qu’en vélo’v, métro, tram et trolley, blablacar, macronbus, stop, ouigo, uber, easyjet etc…bref rien à fiche de la bagnole !)

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  8. Learch

    Cette anecdote ma rappelle une que j’ai vécu et que je vais essayer de raconter…

    C’était les années 80, le rallye était le sport national, les exploits des groupes B étaient dans tous les journaux et revues.. Alors moi, forcément, habitant l’Ardèche, pays du rallye, j’ai pris la Renault 9 GTS (siouplait) de mon père et go to the mountains enneigées pour faire des dérapages plus ou moins contrôlés comme les coureurs que j’avais vu passé à côté de chez moi… sans pneus à clous of course, on est Vatanen ou pas. Tout allait pour le mieux mais arriva ce qui devait arriver, dans un excès d’optimisme et de confiance la R9 est partie en luge dans une grande courbe rapide en descente (il n’y avait pas d’ABS – note pour les moins de 30 ans) et percuta violemment par l’arrière un rocher caché sous la neige dans un fossé… la R9 ressemblait maintenant à une R11, surtout d’un côté… J’ai réussi à sortir la voiture du fossé et de la congère, je suis rentré en 1ère à la maison, par miracle je n’avais pas crevé… mon père a vu arriver sa voiture par l’avant, et m’a dit, alors que je descendais, « J’espère que tu as été prudent ». Il n’aimait pas cette voiture et voulait la revendre au plus tôt.
    Précision : j’avais 15 ans, les avantages d’avoir grandi à la campagne. Et quelques inconvénients… pour les pères surtout.
    Pendant les grandes vacances d’été suivantes, j’ai été employé, par un ami de la famille, à ramasser des pêches… à peine de quoi couvrir les frais de carrosserie… Je me rappellerai longtemps du duvet des pêches mêlé à la transpiration qui forment un urticaire infernal, bien secondé par les coups de soleil… Enfoiré d’Vatanen !!! :o)

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    1. Gran Turisto

      Mon Commandant, j’ai comme qui dirait l’intuition que le prévenu Learch se prend pour le Cooler King et prévoit de s’échapper à moto!