Range Rover Evoque Cabriolet : Vivre sans toit, c’est pas donné…

Par Patrice Vergès. L’idée d’un concept antinomique a vu le jour avec le coupé Volvo P1800 ES appelée break de chasse. Si Matra s’est planté avec l’Avantime, sorte de coupé monospace, Range Rover a réussi avec l’Evoque, un SUV 4X4 surbaissé avant d’innover de nouveau avec la version découvrable. Un jour, il y aura peut-être des breaks décapotables ?

La montagne ça ne vous gagne pas toujours. Essyer un Evoque Convertible le jour où la température chute de 30 à 11 degrés et que la pluie se met à tomber. Dur métier !

Hier, c’est sous la canicule que j’ai pu essayer le Range Rover Discovery. Aujourd’hui, il pleut sur les hauteurs de la Plagne brusquement dévorée par la brume. Pas de bol, c’est au moment où on décapote le Range Evoque Convertible qu’une pluie froide se met à tomber et transforme la piste en chemin boueux. D’où ce cocktail pas très heureux de photos avec celles du constructeur d’un Evoque de couleur Firenze Red et l’autre Phoenix Orange dont le prix de l’option est de déjà 1979 euros !

Véritable 4X4 limité plus par ses pneus que sa transmission, le Range Evoque n’a pourtant pas peur de crapahuter en TT

Décapoté, il s’utilise comme un cabriolet classique en se montrant très agréable sur route

Ah les options !

Et oui, on va commencer par vous parler argent pour une fois. Car si l’Evoque affiché à partir de 36 750 euros a permis à Range Rover de démocratiser sa gamme avec ce modèle plus accessible, ses prix montent à la vitesse de la lumière. Si le Range Evoque Convertible ou cabriolet si vous préférez débute à 60 500 euros, celui qui s’étale sous vos yeux en finition haut de gamme Dynamic HSE, moteur diesel 180 chevaux livré uniquement en boite auto frôle les 75 000 euros alourdis par quelques packs comprenant notamment les jantes de 20 pouces noires plus le malus à 2 153 euros pour 2018 ! Je croyais avoir connu le pire dans ma pauvre vie en découvrant la liste des options chez BMW. Cruelle erreur ! BMW la joue petits bras comparé à celle de Rover.

Né en 2011, l’Evoque a inventé le concept du SUV surbaissé qui a beaucoup séduit. J’habite une région très « bling bling  » entre le Pyla et le Cap-Ferret et il y a encore deux ou trois ans, si dans ces coins, si tu ne roulais pas en Range Evoque, on pouvait dire que tu avais raté ta vie. Aujourd’hui, il faut plutôt posséder une Tesla mais si tu as un Evoque, on ne lâche pas encore les chiens surtout au Ferret.

Capoté, sa visibilité est loin d’être excellente

Voire ou conduire

Le Convertible est plus compact qu’on l’imagine au vu des photos puisqu’il ne mesure que 4,37 m de long pour 1,60 m de haut. Belle réussite esthétique qui respire l’agressivité et la robustesse avec son arrière mafflu et ses flancs hauts et épais. Il ne reste pas beaucoup de place pour la surface vitrée surtout dans cette version. Même avec les aides à la conduite et caméras, capoté on n’y voit plus la grand chose pour manœuvrer. Cet engin doit faire le bonheur du carrossier ! L’Evoque, c’est un peu voir ou conduire !

Sièges cuir, volant multifonctions chauffant en option et aussi préchauffage d’habitacle (1575 euros)

L’écran horizontal de 10 pouces offre la double vision de série sur le HSE qui permet au conducteur de suivre son GPS tandis que le passager visionne la télévision sur le même écran

Super moteur Ingénium

Nous avons essayé la version intermédiaire 180 chevaux animée par un moteur turbo-diesel 2 litres Ingénium commun à Jaguar. Il existe également en motorisation 150 ch et 240 ch double turbo que j’ai pu tester sur le Discovery ( bientôt). Ce moteur est un pur régal. Économique, souple, silencieux (j’ai cru que c’était un essence !) et onctueux surtout avec la BVA ZF à 9 rapports qui fait travailler cette mécanique dans la meilleure plage de couple. En mode sport, il procure des performances d’honnête niveau (33 s aux 1000 DA) sans plus car il pèse lourd.

Trop lourd avec plus de 2100 kilos en ordre de marche car le Convertible ajoute près de 300 kilos de renforts. Même sur les revêtements défoncés, il faut dire que rien de tremble, rien de se tord, rien ne grince. L’Evoque est un bout de bois. Malgré une direction bien assistée, cette surcharge pondérale se perçoit un tantinet au volant et surtout dans la suspension qui est tarée ferme. Les jantes de 20 pouces n’apportent pas du confort, au contraire. Après avoir conduit le Discovery, au volant de l’Evoque, on a l’impression de rouler à plat tant qu’il est dur..

La commande de boîte rotative à 9 rapports est très compacte jusqu’à disparaître contact coupé

Un vrai 4X4

Nous avons essayé l’engin en tout terrain. En tant que 4X4 permanent, il a conservé toutes les qualités des modèles de la marque. Même si ce n’est pas un Défender de bucherons, il permet grâce à ses aides à la conduite de crapahuter dans des terrains difficiles. Sur routes, ce 4X4 se manie comme une berline plutôt sécurisante grâce à son excellente adhérence, un train avant précis, une direction bien calibrée (2,3 tours de volant). Il n’y a rien à jeter ! Son confort acoustique est excellent, les remous d’air bien contrôlés surtout avec le filet coupe-vent optionnel même sur le HSE ce qui fait un peu grippe-sou.

l’Accès au coffre est médiocre comme sa capacité de 251 litres seulement

Nous avons testé le fonctionnement très rapide de la capote (18 secondes) en marche (40 km/h) lorsque la pluie s’est mise à tomber brutalement et sa belle isolation et même les sièges chauffants de série sur la SE lorsque le temps s’est brusquement rafraichi. Ah la montagne, ça vous gagne pas toujours !

Au chapitres des détails, citons le coffre évidemment très peu accessible et d’une capacité médiocre et c’est normal, les sièges basculants qui reprennent automatiquement leur position, l’écran large central  » in Control Touch » qui offre de nombreuses fonctions notamment celle un visionnage des caméras à 360 degrés sur la version HSE. On peut même y rentrer les photos de sa petite famille ce qui devrait plaire à certains chauffeurs de taxi.

Malgré quelques défauts dus à son concept osé, son prix élevé, ses trop nombreuses options, il est difficile de ne pas craquer devant l’Evoque Convertible autant pour son physique que pour son plaisir de conduite auquel je ne m’attendais pas en l’imaginant plus près du SUV que de la berline. Une belle rencontre.

Les jantes de 20 pouces Black Satin font partie d’un pack Black facturé 3673 euros. Gloup !

L’avis des Petits Observateurs !

15 commentaires au sujet de « Range Rover Evoque Cabriolet : Vivre sans toit, c’est pas donné… »

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  1. Dubby Tatiff

    Il est bien entendu que la clientèle de ce type de voiture se servira de la fonction 4×4 pour franchir les bordures de trottoirs un peu trop hautes ou pour prendre en toute sécurité des virages à 50 km/h rendus glissants par les premières pluies d’automne.

    Néanmoins, l’idée du tout terrain sans toit n’est pas saugrenue et illégitime. Elle s’inscrit dans une tradition du 4×4 après la Jeep Willis, le Land Rover Defender découvrable ou le Toyota Land Cruiser. Ce concept ne sort pas de nulle part.

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    1. Samuel

      Même si je comprends le commentaire, il ne faut pas généraliser. Notre Évoque a vu pratiquement tous les types de terrains, encore à ce jour… Et s’il n’était le côté non-pratique possible de l’absence de vraies places arrières et d’un coffre inexistant (sans parler du prix de départ qui, options comprises, se rapprochent fortement d’un grand Disco bien équipé, remise déduite… Euh?), on signerait bien pour le cabrio… La traversée des bois, plages, dévers et autres crapahutages cheveux au vent, waw !

      Mais bon. Après tout, il y a aussi de vieilles Wrangler découvertes avec bon gros V6 essence pour ce genre de balade… 😉

    1. Nabuchodonosor

      En Évoque pas d’Équivoque !

      Sans Toit ni Moi,
      Sans Foi ni Loi,
      Sans POA ni LOA
      Filons vite chez PCA !
      🙂

      PS pour Mr Payezy : Vous mettrez ça sur mon compte svp.

    1. Learch

      Il faut vraiment que les allemands se mettent au français : après l’E-Tron, l’EQC400, voilà le T-Roc… D’un autre côté le troc c’est peut-être l’avenir, le défaut systémique d’une banque est si vite arrivé…

  2. Nabuchodonosor

    Com non sponsorisé :

    Pour ne pas passer inaperçu dans les beaux quartiers, j’ai trouvé mieux et pour moins cher :
    – Imparable en tout-terrain
    – Cabriolet pour entretenir et prolonger son bronzage de l’été,
    – Et même amphibie pour traverser les grosses flaques d’eau de Neuilly…

    En 6 ou 8 roues motrices, à chacun son Argo :
    https://argoxtv.com/intl
    🙂
    Nabulesbonstuyaux

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  3. Georges Piat

    S’il est possible de le « faire passer » en véhicule de société, ses défauts ne sont pas bien importants mais est ce possible ?(!)

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  4. pcur

    à 75k€ il y a quand même un paquet de voitures qui sont agréables à conduire 😉
    Drôle d’engin même si je trouve admirable que JLR ait eu l’audace de le produire en série, une chose est sûre vous ne passerez pas inaperçu avec !

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    1. arnold

      75…80…85…peu importe pour cette clientèle, l’important c’est l’originalité, avoir l’engin en
      marge, celui qui est rare.
      Achat à ce prix, puis la dégringolade à la revente, pas grave, financièrement c’est pas un problème,
      c’est le prix du plaisir.
      JLR audacieux…oui, mais à ce prix les marges sont importantes, ils tentent le coup, ca deviendra…ou pas, le
      véhicule chouchou des beaux quartiers, plus que celui des montagnards du cadre de cet essai, plus friands
      d’un des derniers Denfender payé à prix d’or pour rouler dans la légende à l’efficacité redoutable.
      Au bar de l’automobile, le shaker est bien secoué ces derniers temps, toutes les niches sont exploitées,
      faut pas manquer le moindre client potentiel et c’est bien ainsi.
      Pour le commun des mortels, reste les fondamentaux plus réalistes, les compromis au (bon rapport
      qualité-prix-usage-cout), le tout étant de savoir regarder cet Evoque derrière le volant de son Duster avec
      une certaine philosophie!
      Vive les « trucsqu’oniraitpasacheter ».