Mitsubishi Outlander PHEV : Le SUV des champs

Par Patrice Vergès. Avec seulement 46 g CO2/km d’émissions norme WLTP, le nouveau Mitsubishi Outlander hybride-rechargeable est exonéré de tous malus et autres taxes perverses. Surtout, il peut rouler 50 km en mode 100 % électrique. Explications….

Le Outlander PHEV 2019 a bénéficié d’une face avant 100 % redessinée

Je plains sincèrement le commercial de chez Mitsubishi qui devra expliquer à un client tous les modes de fonctionnement du PHEV puisque ce dernier peut se mouvoir en mode 100 % électrique, en mode générateur et évidemment en mode couplé avec le moteur thermique et même en groupe électrogène (!) pour alimenter une maison en électricité. Je plains le pauvre journaliste automobile qui devra aussi le faire car son fonctionnement est si complexe qu’il devient rapidement rébarbatif.

En fait, il faut conduire un PHEV dans tous ses modes d’utilisation pour commencer à appréhender ce qu’il est possible de faire ou ne pas faire avec. Si on parcourt 50 000 km par an principalement sur autoroutes, aucun intérêt pour l’acheteur d’un Outlander. Mais si on cumule au quotidien, parcours urbain et petites routes, on peut pratiquement l’utiliser 75 % de sa marche en propulsion électrique sans recharger voire 100 % selon certaines utilisation. Ce qui a poussé Mitsubishi à le faire obligatoirement marcher en thermique après 90 jours de non-utilisation pour conserver le bon fonctionnement de l’injection !

La poupe se caractérise par un bouclier différent et un becquet de toit

Hybride rechargeable

Pour ma part, en appuyant sur la touche EV, j’ai réussi à parcourir plus de 45 kilomètres en mode électrique en roulant tout à fait normalement mais sans jamais pousser à 135 km/h, vitesse maxi qu’il peut désormais atteindre sur batteries. Sur un parcours de 160 km composé de routes, quelques villages, tout-chemin et autoroute, j’ai lu que 52 % de mon parcours avait été effectué en mode électrique avec une consommation de 6,3 l aux 100. Ce qui est assez peu pour ce gros bébé de près de 5 mètres et deux tonnes en charge. Consommation qui aurait pu être abaissée si, au cours du parcours, on n’avait pas appuyé sur la touche Save Charge, générateur qui permet au moteur thermique de recharger la batterie en plus de la régénération née du freinage évidemment.

Hybride rechargeable, le PHEV exige de 5,5 heures à 25 minutes selon le type de prise

Autonomie et puissances accrues

Le PHEV n’est pas une nouveauté puisqu’il souffle ses cinq bougies, produit à 150 000 exemplaires. Mais la version 2019 vient d’être améliorée avec un moteur qui offre deux cycles de fonctionnements (Atkinson et Otto) dont la cylindrée a été poussée à 2,4 l afin d’accroître surtout le couple que la puissance portée de 121 à 135 ch. Il est épaulé par deux moteurs électriques, un devant et l’autres derrière qui permet de la transformer en 4X4 et dont la puissance a été aussi accrue (95 chevaux), avec une augmentation de la capacité des batteries (13,8 kWh). Ce qui se solde par un temps de charge accru pour cet hybride « plug-in » de 5,5 heures en prise classique contre 5 auparavant ou 4 heures en 16 ampères. Sur une borne de recharge rapide de 50 kWh avec la prise ChadeMo, on recharge en courant continu jusqu’à 80 % des batteries en 25 minutes seulement.

Exempté de toutes taxes (5 CV fiscaux, homologué à 1,7 l aux 100 !), le PHEV devrait intéresser davantage les entreprises et l’importateur table sur environ 3000 unités vendues en 2019 soit un tiers de ses ventes en France. Il est certain que cette technologie devrait équiper tôt ou tard d’autres Mitsubishi et également des modèles de l’Alliance dont la marque fait partie particulièrement des Renault pour élargir son mode électrique.

L’habitacle a été revu, les sièges ont été redessinés de même qu’une partie de la planche de bord avec une insonorisation accrue.

Le levier de commande marche avant ou arrière avec les trois principaux modes de fonctionnement en dessous.

Conduite fluide

Le PHEV 2019 se différencie par une face avant redessinée, un arrière revu, des jantes au dessin inédit, quelques modifications dans l’habitacle (sièges redessinés) ainsi qu’une partie de la planche de bord dont la console centrale manque de volume de rangement. Notons une coque rigidifiée et un freinage plus puissant et une insonorisation accrue. Enfin sans être un foudre de guerre, avec 265 chevaux cumulés, il procure de bonnes relances et accélérations conséquentes si on écrase l’accélérateur en accouplant automatiquement les trois moteurs.

A conduire, c’est un SUV très confortable, habitable (dommage que la banquette AR ne soit pas coulissante) mais un peu lourd dans ses réactions. Il permet de se mouvoir dans un environnement serein et silencieux en offrant une conduite fluide comme tous les véhicules éclectiques et bien plus silencieuse qu’un Toyota hybride, par exemple.

En effet, le PHEV n’a pas de boîte de vitesses, ni variateur, ni train épicycloïdal puisque c’est un des moteurs électrique qui transmet la puissance. En plus de ses trois modes de conduite, sur parcours montagneux, il exige de se servir des palettes montée au volant pour jouent le rôle de frein moteur en allumant d’ailleurs les stop. On arrêtera la pour sa technologie trop complexe a décrire en si peu de lignes puisque même lorsque les batteries sont à plat, elles conservent 30 % de leur charge qui leur permet par, exemple, de l’utiliser toujours en 4X4…

On peut suivre sur l’écran central son mode de fonctionnement en fonction de son utilisation

Sur environ 160 kms parcourus sur routes et autoroutes, nous l’avons utilisé 52 % en mode électrique

Prix en baisse, mais pas de GPS

Comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, Mitsubishi a abaissé ses tarifs jusqu’ 3000 euros tout en enrichissant l’équipement. Las, même sur la version la plus élaborée qui frise les 50 000 euros, la navigation manque cruellement. Le Japonais estime que les applications du téléphone suffisent. Mais ce jour là, pour trouver l’hôtel, Waze était en petite forme et nous avons beaucoup tourné….

Ses prix s’articulent de 36 490 à 48 890 euros et c’est la version Intense à 42 490 euros (LOA de 450 euros par mois) qui devrait être la plus diffusée dans l’hexagone. En résumé, un SUV à redécouvrir grâce aux nouvelles normes de pollution plus contraignantes  qui, au contraire, l’avantagent. Il faudra le comparer au nouvel Honda CR-V hybride non rechargeable qui n’arrivera qu’en 2019. En proposant une technologie inédite avec deux moteurs électriques dont un générateur en plus du thermique, le Honda devrait relancer le débat qui s’annonce passionnant. On vous en reparlera bientôt. Même endroit, même heure…..

Le PHME favorise une conduite fluide mais il y a quand même 265 ch lorsqu’on veut doubler rapidement

La version 2019 se reconnait à ses jantes au dessin moins torturé

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « Mitsubishi Outlander PHEV : Le SUV des champs »

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  1. Dominique

    Pour ma part, je trouve cette proposition très intéressante, bien plus que des hybrides sans plug-in. Comment se fait-il qu’il n’y ait pas davantage de voitures offrant cette technologie ? L’état reparle de leur remettre un bonus.

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  2. Damgoy

    Je roule en KIA NIRO PHEV depuis 1 année. je fais 65 km / jour en 100% électrique alors qu’il est annoncé par le constructeur pour 58 km ! Au bout de 18000 km, ma consommation moyenne est de 1,1 l/100km. je charge tous les jours à la maison un plein de 7,2kwh (environ 1 euro). En clair, je transporte uniquement le poids en batterie qui m’est nécessaire 90% du temps. Le véhicule idéal. Pas besoin de trainer 500kg de batteries et 300km d’autonomie pour n’en utiliser que 1/5 par jour !

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  3. PhareOuest

    C’est vraiment l’arnaque à l’avantage fiscal » Exempté de toutes taxes (5 CV fiscaux, homologué à 1,7 l aux 100 ! » les avantages fiscaux accordés aux voitures hybrides rechargeables, dont le bilan énergétique et les émissions de polluants ne correspondent pas à la réalité. La nouvelle homologation européenne, prévue pour ce type de véhicules (VHR), leur est très favorable, cachant la réalité des chiffres. De plus, il est plus polluant à fabriquer puisqu’il conjugue la pollution de la fabrication de la batterie à celle du moteur thermique.

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  4. chapman

    Cette auto m’intéresse au plus haut point. D’abord parce qu’elle est compliquée et j’adore les voitures compliquées qu’il faut apprendre petit à petit. Ça me rappelle les autos d’avant l’ergonomie……j’adorais me faire et m’adapter à une nouvelle façon de conduire. Passer d’une 404 avec vitesses au volant et première en bas à une Simca 1100 avec levier au plancher en passant par une 4L et ses vitesses au tableau de bord, sans parler des Alfa et leur levier de biais….. que de bons souvenirs.
    Pour revenir à ce PHEV, l’intérêt pour des gens comme moi c’est qu’on peut tracter avec , (nous avons un van à chevaux ) et ça c’est rare sur les hybrides…….et puis à 80 à l’heure on a tous le temps d’expérimenter les multiples possibilités de fonctionnement de cette nippone .
    Je vote pour….. en attendant d’économiser 50 000 balles

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