Souvenirs d’Autos (188) : Roadtrip à Goodwood (Ep 2/3)

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Nos héros, après avoir traversé une tempête, sont arrivés à leur B&B… Voici la suite de leurs aventures…

Samedi 9 septembre. Grand soleil. Nous forçons la main de Ron pour qu’il nous serve le petit déjeuner un peu plus tôt que 7h30 car nous piaffons d’impatience. Nous faisons sensation auprès de Ron avec nos tenues, j’avoue que notre équipage a de la classe. Nous préparons la voiture, nous partons avec la mienne. Je fais les niveaux, décapote quand soudain un gentleman nous aborde. Dennis se présente, nous salue et nous explique qu’il est membre du GRRC (Goodwood Revival Racing Club), que son épouse et lui sont ici pour Goodwood, qu’ils viennent tous les ans, qu’ils ont une Daimler v8 malheureusement en panne, et qu’ils n’ont pas réussi à avoir de places pour le samedi. S’en suit une petite causerie sur nos voitures et sur le courage d’être venus de France avec nos MG. Puis il nous tend son badge du GRRC ainsi que deux entrées Paddocks réservées aux membres arguant du fait qu’il ne peut les utiliser aujourd’hui. Nous restons stupéfaits par tant de gentillesse, le remercions et c’est avec un sourire non dissimulé que nous partons pour Goodwood à environ une demi-heure de Upper Beeding. Décidément cette journée s’annonce bien.

Le trajet prendra une heure car à quelques kilomètres de Goodwood nous sommes stoppés nets dans un gigantesque embouteillage. Mon ralenti ne tient pas et je joue du starter. Une BMW cabrio est arrêtée sur le bord de la route, radiateur fumant. J’ai un ventilateur électrique. Je suis sauvé. Les voitures qui nous entourent sont toutes plus phénoménales les unes que les autres. Des TVR gonflées à bloc, des Bristol, Morgan, Rover, type E, Bentley… nous sommes bien en Angleterre.

À l’approche du circuit, étant au volant d’une ancienne, nous sommes dirigés vers le parking qui leur est réservé. Et là aussi il y a une séparation : Il y a les pré-66 et « les autres ». Le personnel de l’organisation a l’œil fin puisque nous sommes invités à nous garer chez « les autres ». Nous accédons au pré en herbe, ou bien devrais-je dire « en boue » par le biais de routes à sens unique faites de plaques métalliques : quelle organisation ! En revanche, une fois sur l’herbe il faut éviter les allées de boue au risque de s’enliser. Vision un peu apocalyptique mais ce qui nous marque, c’est la bonne humeur et le détachement très britannique des visiteurs qui les pieds dans la boue et leurs montures crottées jusqu’au milieu des portières trouvent leur chemin entre les ornières en plaisantant comme si de rien n’était. Il faut dire qu’autour de nous c’est le paradis à quatre roues : formidable concentration d’anciennes, toutes plus belles et plus rares les unes que les autres. Et nous ne sommes pas encore entrés !

Puis soudain la magie opère : nous effectuons en l’espace d’un instant un retour de 50-60 ans en arrière. Tout est à l’avenant : les installations de cet ancien circuit et de cet ancien aérodrome fleurent bon les années quarante. Les stands, les véhicules, les écriteaux, la signalétique : tout est fait pour vous plonger dans cette époque glorieuse où les mécaniques sentaient bon l’huile et les vapeurs d’essence, les chromes rutilaient, les lignes n’étaient qu’élégance. Et que dire des visiteurs ! Presque tout le monde joue le jeu et les costumes sont incroyables ! Ces dames sont toutes très élégantes et ces messieurs portent fièrement leurs couvre-chefs ! Les rares enfants présents sont en tenue de mécaniciens.

Nous ne savons pas où donner de la tête tant l’ensemble est ravissant. Ici une dame élégante avec cape de zibeline et petit chapeau à plumes, là une jeune femme en tenue seventies, deux gentleman avec complet veston en tweed et belles moustaches et au détour d’un virage une tablée de deux couples : les messieurs en pilote de ligne… et leurs compagnes en hôtesses de l’air Pan Am. Trop classe !

Pascal mitraille avec ses appareils photo, ça nous fera de très beaux souvenirs. Nous décidons de nous rendre dans les paddocks, car c’est là que tout se passe. Au milieu des plateaux d’Aston, Maserati, Ferrari, Ford GT40, Bentley, nous croisons deux MG de course d’avant-guerre en plein réglages, les techniciens s’affairent autour des bolides et font des essais à haut régime : bouchons d’oreille obligatoires.

Le son nous met aussi dans l’ambiance et nous sommes plongés dans l’univers de la course avec les hurlements des plateaux qui tournent et les commentaires du speaker dans les haut-parleurs. Il y a une petite dizaine de courses chaque jour, et les plateaux regroupent les véhicules par époque et par catégorie (voitures de course eu voitures de série préparées pour la course). En milieu de journée nous assistons au show aérien près de l’aérodrome : P51 Mustang, P38 Lighting, Spitfire, P4 war hawk et autres merveilles en démonstration d’attaque virevoltent autour de nous dans un vacarme assourdissant. En bord de piste des batteries de DCA avec tentes et matériels de la Seconde Guerre mondiale qui nous rappellent le rôle important de cet aérodrome lors de la guerre. Dans l’après-midi nous accédons à la tribune du Lavant Corner à l’une des extrémités du circuit pour mieux suivre les courses.

Ça attaque dur dans les virages, quelques ERA en font les frais : sorties de route et collisions sous nos yeux. Heureusement pas de blessés mais une ambiance du tonnerre ! Sur le chemin du retour vers les tribunes de la ligne droite, nous longeons le circuit où quelques élégants privilégiés ont installé chaises à piquenique, couvertures, seau à champagne à côté de leur Rolls, Jensen ou de leur Lagonda. Ambiance inimitable… Nous restons jusqu’à la dernière course, et décidons de retrouver la voiture. Mais le spectacle continue sur le parking : les tracteurs sont mis à contribution pour sortir d’un mauvais pas autres Porsche, Ferrari, Lamborghini aux pneumatiques bien trop larges pour se frayer un chemin dans la boue et rejoindre les routes métalliques provisoires. Nous avons plus de chance : derrière nous il y a de l’herbe, et les plaques métalliques ne sont qu’à quelques mètres… 40 minutes plus tard, nous rejoignons notre QG le King’s Head pour un débriefing devant une pinte de Carling !…

La suite (et fin) dans l’épisode 3…

 

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

L’avis des Petits Observateurs !

5 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (188) : Roadtrip à Goodwood (Ep 2/3) »

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  1. Pierre_

    De quoi perdre la tête pour longtemps.
    Le retour au pays sera triste, mais il y aura tellement de merveilleux souvenirs.
    Mais attendons l’épilogue biensur …
    Vite la suite!

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  2. Pascal DeVillers14

    Bonjour,
    Uhmm!…,j’avais un peu de retard de lecture ,j’ai consommé les deux premiers épisodes d’une traite avec gourmandise.
    Bien sure à l’heure du thé.
    Vivement la suite.

    Pascal

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