Chevrolet Bel Air 1955 : C’est l’Amerique !

Patrice Vergès. A chaque fin d’été, pour POA, Jacky nous dévoile sa dernière acquisition. Après sa Ford GT40 Replica, son Hot-Rod Ford 1931, sa Chevrolet Corvette Sting-Ray, sa réplique de Porsche 1951, cette année, c’est sa Chevrolet Bel Air 1955 état concours qui nous ouvre ses larges portes.

La Chevy 1955 adoptait une ligne moderne et sobre qui séduisit une grande partie de la clientèle de la marque

Vision panoramique ininterrompue sur le paysage parcouru à travers l’interminable pare-brise se continuant latéralement par les glaces sans montants. Mollement étendu dans un vaste univers rouge vif, derrière le grand volant, Jacky compte dans sa tête les Chevrolet Bel Air qu’il a possédées  » Autour d’une vingtaine, des modèles 55 et 56 en berline, en cabriolet et en coupé Sedan. La première, je l’ai achetée en 1974, un coupé de couleur noire avec intérieur rouge comme celle-ci. 1000 francs avec le pare-brise cassé qui m’a obligé à en acheter une autre ! Je roulais avec tous les jours pour aller bosser. Personne n’en voulait à l’époque ».

Elle était proposée en 19 versions notamment Bel Air haut de gamme en particulier la version coupé sans montant

Carton aux USA !

Déjà passionné par les américaines et les rods, Jacky créa plus tard le magazine auto Nitro consacré à ce type de voitures. La Chevrolet millésime 1955 qui fêtait la 50 millionième voiture produite depuis 1911 par la firme du même nom à marqué l’histoire de la GM. C’était une toute nouvelle génération plus moderne que la précédente datant de la fin des années 40. Tout était inédit du châssis aux moteurs avec cette accroche publicitaire  » New look, new life, new everything ». La Chevy 55 innovait pas une silhouette d’une réelle sobriété et surbaissée particulièrement réussie qui cachait des motorisations inédites à soupapes en tête autant en 6 cylindres en ligne qu’en 8 cylindres en V de 4,3 l délivrant 162 ch.

Chaque année, Jacky présente à POA sa nouvelle voiture de l’été

Il faut se rappeler qu’aux USA, Chevrolet était une marque populaire correspondant à notre Simca Aronde ou 203 Peugeot des fifties  Raisonnable par ses dimensions (moins de 5 m), par son style plutôt sobre, par ses bonnes qualités dynamiques ce qui n’était pas le cas de toutes les américaines, elle rencontra sa clientèle en France. Une clientèle aisée puisqu’elle était proposée par GM à moins de 1,8 millions de francs en berline 6 cylindres et à près de 2,5 millions pour la haut de gamme Bel Air (quartier huppé de Los Angeles) coupé sans montant comme celle de Jacky. Environ 80/90 000 euros 2018. Cher mais bien moins qu’une Cadillac plus luxueuse, plus vaste et plus puissante.

La Chevy pouvait recevoir un 6 cylindres en ligne ou un V8 de 4,3 l d’un dessin très moderne offrant 162 ch. Au fil des ans, sa puissance sera accrue

En 1959, les possesseurs français de Chevrolet ont été obligés d’enlever le jet du capot jugé dangereux pour les piétons.

1,8 millions de produites en 1955

Cette Chevrolet connut un bel engouement puisque plus de 1,8 millions furent produites rien que la première année d’exploitation dans ses 19 versions, berline 2 et 4 portes, coupé avec et sans montant, convertible et même en break avec la mythique Nomad. Néanmoins, quelques Américains la jugèrent trop sobre notamment au niveau de sa calandre considérée excessivement européenne. Voilà pourquoi le millésime 1956 exhiba une face avant plus chargée et des découpes latérales différentes.  » En fait, c’est la 56 que je préfère à cause de ses fameuses découpes latérales. Avec ses ailerons et ses flancs guillochés, la 57 est moins sobre mais j’aime mieux la planche de bord des 55 et 56  » avoue Jacky en conduisant avec souplesse sa belle américaine dont on devine à peine la murmure du V8 au sein du vaste habitable où on peut monter à six personne sans se toucher.

Son modèle bien optionné dispose d’une direction assistée, freins à tambours assistés et d’une boîte auto à 2 rapports Powerglide mais pas des glaces électriques ni de la climatisation. En revanche sur la planche de bord, elle dispose du fameux « Electronic eyes » qui faisait automatiquement basculer les phares en code lorsqu’on croisait une autre voiture. Déjà en 1955 !

Large banquette qui permettait de monter à six personnes dans un habitacle uniformément rouge

Tachymètre type camembert ou le sigle Chevrolet est rappelé avec dessous, le cadran du rapport engagé par la boîte automatique

Planche de bord symétrique avec une horloge (très bruyante) et le HP intégré. Le dessin de la planche de bord est composé d’une multitude de sigles Chevrolet

« J’ai retrouvé son odeur »

 » Son vendeur roulait dans le Chevrolet Bel Air 1956 étant enfant. Il a retrouvé ce modèle 55 qu’il a fait entièrement restaurer en faisant 60 000 euros de frais ce qui est davantage que sa valeur de revente même si elle est quasi-neuve. Puis, il a trouvé une 1956 identique à celle de son enfance et m’a vendue sa 55. C’est étonnant, 40 ans après, j’ai retrouvé l’odeur caractéristique de l’habitacle et ses sensations de conduite, Elle tient assez bien la route pour une voiture âgée de plus de 60 ans et consomme moins de 13 litres si on ne dépasse pas 110 km/h. C’est un vrai plaisir d’en prendre le volant et de se retrouver face à cette planche de bord magique avec son double camembert « 

Maintenant Jacky s’attaque à une Aronde 1955 et une BMW 30 CSL groupe 2 compétition. Bien entendu, nous avons déjà pris rendez-vous.

Visibilité panoramique qui se poursuit latéralement. La Chevy n’incite pas à la vitesse

 

La Bel Air 1956 se reconnait à sa calandre élargie et ses découpes latérales différentes