Souvenirs d’Autos (187) : Roadtrip à Goodwood (Ep 1/3)

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. C’est Régis, qui m’envoie ce souvenir… Que dis-je, cette épopée ! Les Bagnolards sont les derniers aventuriers des temps modernes !

 

Lorsque j’ai évoqué la première fois, avec mon ami Pascal, l’idée d’aller au Goodwood Revival Meeting avec nos deux MGB, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’avait pas l’air très emballé ! Il faut avouer que les trois grandes dernières sorties que j’ai faites se sont soldées par des pannes (alternateur et condensateur deux fois) sans parler du fait que la MG de Pascal a une étanchéité somme toute très relative…Quelques mois plus tard, en Février 2017 nous réservons nos accréditations : ce sera entrée + pass « grand stand groving » pour le samedi, et entrée simple pour le dimanche pour cause de retour vers la France.

Petit à petit le voyage prend forme : nous partirons le jeudi soir de notre petite ville d’Alsace du nord, Wissembourg, pour relier Metz où je prévois un dîner chez mes beaux-parents, puis nous ferons Metz-Reims-Calais pour attraper notre navette Eurostar à 16h30 le vendredi, et une fois sur la perfide Albion, il nous restera deux heures de routes par la côte pour rejoindre notre B&B à Upper Beeding, un peu après Brighton.Le premier contact téléphonique avec Lesley, notre hôte, est très prometteur : elle héberge chaque année un couple d’anglais qui vient avec sa voiture ancienne à Goodwood et puis… cerise sur le gâteau, elle a elle aussi un MG, une F.

La réception des billets d’entrée dans un magnifique booklet « so british » appelé « your documents » nous transporte déjà dans l’univers de Goodwood. Je me plonge dans le descriptif de la manifestation et me régale à la lecture des deux pages réservées au « dress code ». Car c’est là la particularité de Goodwood revival : les visiteurs sont invités à s’habiller « vintage », des années 30 aux années 70… il va falloir réfléchir à ce petit détail.

 

En parlant de détails, nous avons conscience qu’il faut bosser sur nos voitures : réglage des carburateurs SU (déréglés suite au passage du contrôle technique), remplacement des faisceaux de phares, remplacement de roues fils voilées et niveaux d’huile de boîte pour ma MG, remplacement de joint de pare-brise et coupe-vent pour celle de Pascal, anneau de remorquage arrière pour les deux (au cas où…)

La trêve estivale derrière nous, les travaux enfin réalisés (sauf le joint de pare-brise), les tenues prêtes nous voici à quelques jours du départ… très impatients. Pascal opte pour la tenue de mécanicien avec casquette anglaise, et je choisis le combo blazer-nœud papillon-panama façon « riviera » en cas de beau temps, ou veste en tweed-nœud papillon-casquette si le temps est couvert. Un dernier coup d’œil sur la météo qui ne s’annonce pas très bonne pour le vendredi mais semble vouloir nous épargner le samedi et le dimanche, et nous sommes prêts !

Jeudi 7 septembre. Coincé dans une réunion qui n’en finit pas je trépigne d’impatience et finalement arrive avant 18h00 à la maison où nous nous sommes donné rendez-vous. La température est clémente, le ciel nuageux mais aucune précipitation n’est annoncée, nous décidons donc de rouler décapotés. Pascal n’a pas monté son coupe-vent, car un ultime essai avec la capote s’est avéré sans appel : à un centimètre près la vitre en plexiglas touche et empêche de fermer la capote. Tant pis, ce sera grosse écharpe et bonnet ! Nous embarquons des talkies-walkies dans les voitures, ce qui s’avérera très utile.

Vendredi 8 septembre. C’est avec une légère gueule de bois dû au dîner de la veille (Vin de paille, Graves et Givry) mais très motivés que nous prenons la route vers 8h30 une fois avoir fait le plein de nos bolides. Direction Reims, décapotés avec le tonneau cover en place. Il y a peu de monde sur la route où nos deux équipages font sensation. Nous faisons une petite halte à Reims Tinqueux pour faire le plein et prendre un café. Puis nous reprenons la route direction Laon et Calais où nous devons absolument enregistrer avant 15h55. Bien avisés nous repartons cette fois-ci capotés.

Les premières gouttes de pluie nous surprennent une fois passés Laon après notre pause déjeuner, mais c’est à environ 100 km de Calais que cela se gâte : vent latéral violent et averses diluviennes. Il pleut dehors… mais dans nos voitures aussi… surtout dans celle de Pascal qui avait prévu la serviette éponge. Et que dire de la visibilité ! Pascal avec ses trois essuie-glaces (vestiges de la première vie de sa MGB aux USA) a 30% de visibilité de plus que moi, mais tout cela n’est pas fameux… Une fois le plein fait à Calais nous nous rendons au terminal d’Eurotunnel où suite à des problèmes techniques tous les départs sont décalés d’au moins une heure. Le temps d’attente sous les trombes d’eau nous parait interminable. La file se met en branle et nous embarquons enfin dans notre navette. Pascal essore la serviette éponge qui contenait plusieurs litres d’eau…

Une grosse demi-heure plus tard le train s’immobilise. Puis nous prenons la route en direction de Hastings, en faisant bien attention à rouler du bon côté. Du coup je me sens comme un poisson dans l’eau, ah oui ! Je ne vous l’avais pas dit ? Ma voiture est une conduite à droite… Le temps de ce côté-ci de la manche est plutôt sec et lumineux et la première heure se passe plutôt bien, à enchainer les ronds-points et traverser les villages typiques et les villes côtières du sud de l’Angleterre. Nos mécaniques se portent à merveille et enchaînent les kilomètres, pardon : les miles, sans broncher.

À une heure de notre destination, vers 19h00 heure locale, et alors que la nuit se met à tomber nous essuyons un gros grain, que dis-je une tempête, laquelle ne cessera que 15 minutes avant d’arriver à Upper Beeding. C’est là que nous nous rendons compte qu’avec nos voitures la visibilité de nuit sous les trombes d’eau est quasi nulle, le freinage très léger, la tenue de route correcte mais les rafales de vent requièrent l’attention permanente des conducteurs. C’est avec grand soulagement que nous atteignons notre B&B où Ron, le mari de Lesley, nous attendent.

Nous prenons les clefs de nos chambres et taillons un brin de causette : nous apprenons qu’un couple d’habitués de Goodwood Revival est aussi au B&B, ces derniers apprenant par l’entremise de Ron que deux « frenchies » descendaient au B&B aves leurs MGB pour Goodwood, seraient ravis de faire notre connaissance. Nous prenons note et nous rendons au pub du village, le « Kings Head » pour ne pas manquer le dernier service. C’est vrai que la route creuse un peu… et puis je l’ai bien gagnée, ma pinte de Carling ! Le burger fait maison est excellent, le temps s’annonce radieux pour le lendemain, et c’est ravis que nous rejoignons notre B&B pour une nuit bien méritée.

 

La suite dans le prochain épisode…

 

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

13 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (187) : Roadtrip à Goodwood (Ep 1/3) »

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  1. baron

    je me souviens il y a qq années avoir fait un rallye en Alsace du Nord , organisé par de sympathiques possesseurs de MG du cru . Rallye où nous avions même obtenu le 1 er prix !
    peut-être sont-ce les mêmes personnes ?

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  2. Docteur_Oliv

    Aller à GOODWOOD pour un Bagnolard ça vaut largement peeble beach où j’aurais dû mal à me reconnaitre.
    Avant de ne plus avoir le courage je veux aller voir le TT de l’Ile de Man à MOTO.
    PS : Dans la R5 Alpine puis la BX GTi, fut monté un Volant MOTO LITA pour lequel j’ai serré les vis de manière à ce que les fentes des vis soient tangentes au cercle de fixation. Photos sur l’e-mail du Commandant

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  3. chapman

    Une vrai aventure. A ce propos, le circuit électrique anglais, souvent décrié, comment se comporte t il sous le déluge? Parce que je ne peux pas croire que le tableau de bord soit indemne d’humidité…

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  4. John Steed

    A la façon d’un célèbre duo comique, je vous livre ce court dialogue imaginé par talkie-walkie interposés :
    Petite voix aiguë timide : » Ow’ Oliver’ je crois bien que maintenant je trempe jusqu’au nom’bril…  »
    Réponse désespérée :  » Ow’, ow’, ow’… No panic’ Stan, il suffit d’entr-ouvrir légèrement le por’tière… « 

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  5. Georges Piat

    Quelle aventure, c’est super ! Faut oser faire la route avec une vieille anglaise. Hier, j’ai vu deux Morgan à 3 roues immatriculées british avec les anglais qui vont bien avec. Ça passe pas inaperçu dans la circulation actuelle !

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  6. Nabuchodonosor

    Entre la French à Big-apple et ce Roadtrip à Goodwood, voilà que la chaine POA nous propose maintenant deux séries d’été pour le prix d’aucunes.
    Waow ! On va se régaler.
    😉
    Entre nous, Netflix ne fait pas mieux et c’est plus cher…

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  7. Baron

    Pour se rendre à Goodwood, plutôt que de passer par Calais, on peut aussi prendre le ferry à Dieppe. Il vous débarque à Newhaven, à moins de 50 miles de Goodwood! De plus la compagnie DFDS qui opère cette liaison est très économique. reste plus qu’à trouver un B&B dans la région…

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  8. Gérald

    J’adore ces souvenirs d’Auto, et la légère gueule de bois…on est tous pareil !
    J’attends avec impatience la chute avec la grosse galère ça se passe trop bien pour le moment, sacrés vieilles caisses !

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