MGA 1959 : Nouvelle Vague

Par Patrice Vergès. La Triumph TR3, L’Austin Healey et la MGA symbolisaient le plaisir de piloter, cheveux aux vents, dans le grondement suggestif de leur échappement.

La MGA est une voiture terriblement menue aujourd’hui avec moins de 4 m de long, 1,46 m de marge et seulement 1,16 m de haut.

La courbe douce de ses hanches ressemble à une sculpture sur roues que l’intégration de la capote au sein de l’habitacle ne brise pas. Bravo à Sydney Enever qui l’a dessinée

Avec ses lignes sensuelles toutes en courbes tendres, sa relative facilité de pilotage, la MGA a beaucoup séduit entre 1955 et 1962. Produite à plus de 100 000 exemplaires, elle faisait partie d’une lignée de MG débutée avant-guerre avec la TA qui se poursuivit avec la MGB dès 1962 (déjà traitée sur POA) et bien au delà jusqu’en 2000 avec la MGF.

Je rêvais d’une TR4 IRS !

On ne vous présente plus Jean-Loup qui nous a déjà dévoilé sa BMW 30 CSI. La raison de son achat de la MGA n’est pas banale.  » En fait, je rêvais d’une TRA IRS (à roues arrière indépendantes). C’était la voiture que j’aurais voulu avoir à 18 ans, âge où je roulais en Vélosolex alors qu’un de mes copains qui venait d’avoir son Bac avait été récompensé d’une Triumph TR4 IRS offerte par ses parents. Je l’enviais. À 60 balais, j’ai cherché à m’acheter ce cabriolet qui me faisait fantasmer à 18 ans. Mais toutes les TR4 que j’ai cherchées étaient dans des états pitoyables. C’est alors que j’ai songé à la MGA dont j’aimais la silhouette très proche de celle d’une Jaguar XK 140 qui reste mon rêve absolu mais qui est trop chère pour mon budget (autour de 120 000 euros). Je me suis retourné sur la MGA, sorte de pis-aller, et je ne le regrette pas « .

Il en a déniché en France une chez Machine Classic à Brest qui avait été récemment importée. Si la voiture était entièrement restaurée, malgré la boîte de vitesses refaite, les rapports sautaient. Face à la mauvaise foi du vendeur qui avait mal fait la réparation, il a acheté une nouvelle boîte chez Moss.

Le 1588 cm3 d’un dessin assez banal alimenté par deux carburateurs SU développait 78 ch SAE en 1959. Rien d’exceptionnel mais il était robuste et souple

Matching Numbers

La MGA a été lancée fin 1955 après avoir été dévoilée aux 24 Heures du Mans quelques mois plus tôt. Il est évident que son styliste avait été également inspiré par les lignes de la Jaguar XK 120 et de l’Austin Healey. La courbure des ailes arrière, le capot plongeant, les portes qui descendent en pente douce sur les hanches rebondies sont plus proches d’une sculpture que d’emboutis industriels. Aucune poignée de porte extérieure ne vient polluer ses courbes (une MGA ne se ferme pas !). Noire avec l’intérieur rouge, son MGA semble fraichement sortie de l’usine d’Abingdom.

 » Elle a été entièrement restaurée, carrosserie, châssis, moteur et intérieur. Dans un état concours, elle est Matching Numbers avec son moteur d’origine et aussi Matching color. Elle a été produite en mai 1959 et vendue en Californie le 14 août 1959 avec quelques options ; les roues fil, le chauffage, le lave-glace et le poste de radio qui a disparu. Puis, elle a été rachetée par un Hollandais en 2000 qui l’a restaurée et vendue au Canada puis acquise par un courtier pour être enfin vendue en France ». En 1959, son prix en France frisait les 2 millions anciens avec toutes les options : soit 75 000 euros actuels environ.

160 km/h pare-brise enlevé avec le tonneau-covers

Au départ, Jean-Loup rêvait plutôt d’une Triumph mais il ne regrette pas son choix

C’est sa silhouette surbaissée qui avait surtout séduit sa clientèle. Par rapport au modèle 1955 1500 cm3, le millésime 1959 avait bénéficié de quelques améliorations notamment un moteur porté à 1600 cm3 livrant presque 80 ch SAE contre 72 précédemment et des freins à disque à l’avant offrant un freinage plus mordant.

Les sièges sont du genre ferme et ne reculent pas suffisamment pour de grands gabarits

Encadrant le haut parleur monté au dessus de la commande du chauffage optionnel, les petits manos Smiths renseignaient sur la vie de la mécanique

Son moteur tout en fonte était dérivé de celui des berlines MG Magnette. Une mécanique robuste et surtout coupleuse). Malgré ses presque 60 ans, la MGA s’inscrit bien dans le flot de la circulation de 2018 avec des accélérations assez vives (37 s aux 1000) grâce à son poids réduit de 950 kilos. Certes, la suspension arrière est plutôt dure comme toutes les sportives de ce temps. Si son essieu arrière rigide ayant tendance à ruer sur mauvais revêtements, elle apparaissait moins cyclothymique et plus facile à piloter que ses concurrentes notamment la TR3 ou la Big Healey. D’où une clientèle souvent féminine derrière son volant à quatre branches. Son absence de glace latérale entraînant des remous d’air la rendait assez fatigante sur long trajet où il était conseillé de monter les panneaux latéraux optionnels. Seul, il était recommandé de fixer un tonneau-covers comme sur les MG vues au Mans qui améliorait la vitesse de pointe frôlant les 160 km/h avec le pare-brise enlevé.

« Nouvelle Vague »

Tous les jeunes de ces années là rêvaient de rouler en MGA en détournant les regards envieux des filles coiffées à la BB. D’ailleurs, le chanteur Richard Anthony l’avait évoquée en 1961 dans sa chanson  » Nouvelle vague  »  » Une p’tite M.G, trois compères assis dans la bagnole sous un réverbère, une jambe ou deux par-dessus la portière. Nouvelle vague. Nouvelle vague ». En roulant avec aujourd’hui, si le minuscule cabriolet noir n’aimante plus les yeux gourmands des jeunes femmes, il hypnotise de nombreux regards masculins et appelle les questions et parfois les sourires moqueurs lorsqu’on s’extraie, pas toujours souplement, de son habitacle exigu d’où la main peut toucher le sol.

Les MGA ont débuté aux 24 heures du Mans 1955 où elles termineront en 12eme et 17eme position. Cette dernière devance ici une Triumph TR2

10  » Sécurité rapide ! « Les Américains ont été très friands de MGA en absorbant 80 % de la production

En 1961, la dernière version MK2 adoptera une calandre verticale qui séduira moins. MG signifie Morris Garage où a débuté Cecil Kimber, le créateur de la marque

L’avis des Petits Observateurs !

6 commentaires au sujet de « MGA 1959 : Nouvelle Vague »

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    1. Pierre_

      Bonjour,
      Tout est dit dans votre commentaire, ces petites ont marqué. Au risque de se répéter.
      L’expo ‘Spéciale Petites Anglaises’ qui a lieu chaque année dans ma region (01) est un bon indicateur de popularité.
      Mais tous ces visiteurs (hommes avant tout) qui regarent les Belles comme un jouet adulte seront ils des acheteurs?
      J’ai un doute.
      Cdlt.

  1. luc

    Vieux souvenirs autour d’une MGA achetée d’occasion par un copain de mes parents. Gamin, elle me faisait rêver surtout que sa fiancée était très belle. J’avais 10/11 ans et le souvenir de son bruit est encore dans mes oreilles

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  2. Nabuchodonosor

    Quelle époque !
    Ces petites sportives anglaises alimentaient alors les rêves de mes parents.
    D’aussi loin que je me souvienne et aussi loin que mon Youpala pouvait m’emmener, ils transpiraient par ces quelques clichés couchés sur les revues et brochures qui trainaient ça et là dans le salon…

    Un vent nouveau soufflait d’outre atlantique et Richard avait puisé son inspiration sur la face B du single Charlie Brown, grand succès « doo-wop » des Coasters.
    J’ai retrouvé la pochette sur laquelle, à défaut de la p’tite MG les trois compères s’apprêtent à séduire à bord d’une Austin Healey :
    http://www.encyclopedisque.fr/show_image.html?P=1&I=%2Fimages%2Fimgdb%2Fmain%2F437.jpg&T=Nouvelle+vague%20-%20Richard%20ANTHONY

    Merci Oncle Pat’ pour cette plongée en apnée à – 60 ans.
    🙂

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