Souvenirs d’Autos (181) : Tableau de bord et rêves d’enfant

Par le Commandant Chatel.  Les années 60. J’ai 5 ans, j’ai 6 ans, j’ai 7 ans. Les voitures, je les aime toutes… et ce qui me fascine le plus, c’est le poste de conduite. Et comme il n’y a pas de ceinture, je passe ma vie debout à l’arrière contre le dossier du passager avant. Ça me laisse tout le temps pour observer mon père ou ses amis conduire. D’accord, il appuie sur la pédale de gauche et passe la vitesse…

Il y a la Cadillac de Jacques Ary. Chrome, puissance et grandiloquence.

 

Il y a la Mercedes de Marcel Fort Sérieux, austérité et robustesse.

 

Il y a la Jaguar XJ 12 Pierre Rey. Luxe, calme et volupté.

 

Il y a la DS 21 de la famille Audouard. Technologie, modernité et design.

 

Et enfin la R8 « Major » de mon papa. Simplicité, originalité et amour éternel.

 

Ce qui explique que vers 10 ou 11 ans, quand mon père me laisse le volant sur un petit chemin, je sais parfaitement débrayer, passer les vitesses…

J’avais passé tellement de temps à observer mes maîtres…

Vive la bagnole, vive la liberté et vive les beaux tableaux de bord.

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !

Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

14 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (181) : Tableau de bord et rêves d’enfant »

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  1. jean-christophe

    La R8 Major..! Notre voiture « familiale ». Nous voyagions à 6 dedans : 3 devant, mon père au volant, ganté « sport », ma mère qui tirait sur ses gauloises sans filtre (vitre ouverte !), ma toute petite soeur sur ses genoux, et derrière, mon frère cadet et moi, entourant notre première soeur. Et en route pour les vacances ! 4 freins à disque quand même, s’il vous plaît (mais sans assistance). Du coup, pas de problème en descendant dans cet équipage le col du Lautaret, retour de Briançon. Et mon père d’attendre les tunnels et leurs lignes droites, pour, crispé sur le volant, doubler avec allégresse les encombrants camions italiens (volant à droite), qui peinait sur la route.

    Ce fut aussi la première et dernière expérience de conduite de ma mère, à laquelle mon père confia le volant une fois; bilan : 30 mètres parcourus, et un poteau indicateur par terre.

    Nous grandîmes tous de concert, et une R16 vint remplacer ce bijou, qu’avec mon mètre 85, je suis incapable aujourd’hui de conduire ! Quand à ma ma mère, elle a cessé de fumer pour ses 50 ans, les 4 enfants élevés, et elle a appris à conduire lorsque mon père disparut. Elle roule TWINGO 1, je crois que c’est le même moteur…

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  2. Olivier

    Se faire promener en Jaguar XJ par Pierre Rey. Quel chance…
    Côté émotion, la R8 Major remporte le match.
    Partir en balade en voiture avec son père, What’ else? Pour nous, amateurs de voitures, cela reste un des summums des souvenirs de l’enfance.
    Merci Commandant Chatel.

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    1. Commandant Chatel

      Le service « Illustration, Photos et Reproduction » de POA sera tancé vertement !

  3. Pierre_

    Superbe,
    Petit gars debout à l’arrière de l’auto de papa, les sens en éveil, admiratif, rien ne nous échappait.
    Très belle évocation.

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    1. Chapman

      J’ajouterai même assez rapidement la prétention de donner des indications au conducteur sur la possibilité d’un dépassement ou le choix d’un rapport de vitesse et quand maman prend le volant….. Que de désapprobations et remarques acides sur les hésitations au dépassement et la faiblesse de la vitesse moyenne….
      À se demander si le machisme n’est pas atavique et l’égalitarisme une dure éducation sociale ha ha……

    2. Pierre_

      Bonjour Chapman,
      en effet, petit homme en formation nous reproduirions un jour, assurément,
      les gestes, les mimiques mais aussi les observations de vive voie de papa
      et parfois pas toujours de la plus belle des façons.
      Egalitarisme ? Mais que nenni voyons!
      _Aah? Bien! Je sens arriver la bronca, la levée de boucliers.
      Je pense que je vais devoir réécrire tantôt la chute de ce commentaire .
      Cdlt.

  4. Gran Turisto

    La lunule harmandesque et son florilège de boutons de la CX Pallas de Tonton et ses sièges cuir à la température du magma… Le tachymètre gradué jusqu’à 180 et l’indigence de commodos de la 304s de Papa: oui, elle roulait à 180, quand on a 6 ans, toutes les voitures (de Papa) vont à la vitesse indiquée sur le compteur, sinon ils ne le mettraient pas!… Celui du père de mon copain Yann, ce frimeur, gradué jusqu’à 220 dans son Alfa 6 (alors qu’il essayait de me faire croire qu’en vrai, ils roulaient toujours à 260, pfff…) Le plaisir solitaire induit par la perfection du poste de pilotage, des compteurs (et de la petite horloge!) de ma première e30… Plus récemment, le bleu appaisant des VW, la cinématique d’ouverture des aérateurs d’une Jag XF… Mille et une raison de s’extasier ou de fuir à la vue d’un tableau de bord (ou de son absence avec ces ersatz d’affichages centraux dans certains monospaces – Vade Retro Monospas! ;-)) Primordial dans la voiture, au-delà de l’ergonomie, il peut offrir un côté « précieux » ou un caractère affirmé, comme une belle pièce d’horlogerie. Pas sûr de retrouver ces caractéristiques et cette intemporalité dans les écrans d’aujourd’hui et comme pour moi, c’est un élément décisif…
    Merci hebdomadaire pour une SDA qui ne manque jamais de nous replonger dans nos propres souvenirs.

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  5. Hakim Mansouri

    Le tableau de bord est avant tout une invitation au voyage, c’est le prélude au plaisir de conduite. Je comprends petit que vous ayez eu une fascination pour le tableau de bord, qui n’a pas été subjugué par la vitesse maximale affichée sur le compteur ? Aujourd’hui, normes oblige, il y a moins de diversités dans les tableaux de bord. La digitalisation va peut être permettre de prendre un peu plus de libertés, à moins que ce soit le contraire. Nous verrons bien.

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  6. Georges Piat

    Je suis très heureux que le sujet soit abordé car pour moi, un tableau de bord c’est quelque chose de capital. Par contre, s’il est loupé, et il y en a pas mal, je suis fichu de ne pas acheter la bagnole.
    Et la nuit, la magie augmente. Toutes ces petites lumières. Je dois être toujours un gamin quelque part…

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    1. Grégory Lopez

      C’est quand même ça qu’on a sous les yeux tout le temps quand on conduit. Et en effet il y a surement de bonnes voitures que je n’achèterai jamais pour ça.
      On a de la chance, entre Peugoet, Citroën et DS on a d’excellents designers de tableaux de bord en France en ce moment et qui sont tous très différents. (je ne parlerai pas de Renault).

      Bien entendu tout ceci n’est qu’une question de goût, l’important est que chacun y trouve son compte.

  7. Arnold

    En effet, de quoi faire briller les yeux d’un petit garcon….pour moi, plus modestement, c’était un ami
    de ma mère maroquinier et pendant les vacances j’étais à l’arrière du break Taunus, une « petite américaine » de l’époque, le grand volant
    en bakelite, vertical, proche du buste, les sièges en simili bien brûlants et puis ce pauvre 1.6 à la peine
    pour doubler. qui procurait ce mouvement en avant du conducteur lors des dépassements essayant sans
    doute de suppléer le manque de puissance pour dépasser plus vite!
    Pas beaucoup de boutons de commande sur cette auto, alors j’attendais avec impatience le moment ou il devrait
    rallumer son meccarillos en utilisant l’allume-cigare, misant sur le moment précis ou il y aurait le « clac » de sortie et
    que je me retrouverais dans la fumée de ce truc horrible.
    Similitude qui m’a donné envie de jeter quelques mots en commentaire……..mon « papa » avait aussi une major,
    jaune! Je garde juste en souvenir la tige du levier de vitesse si fine, pour le reste, ce sont de mauvais souvenirs.

    Au plaisir…….

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    1. Vincent DK5

      Ha les tableaux de bords… La poignée épaisse de la porte de la 19 familiale de mon enfance (trop petit pour voir, sauf à l’arret, le tableau de bord) fade et daté aujourd’hui, intriguant alors. Bercé au Renault de la supercinq a son bruit de crecelle, au Master et son option haut parleur « boule » sur la planche de bord.
      Seule exception: La 504 pick up. Magie, trois place de front, la vue sur l’horloge centrale, le levier de vitesse au volant et le mélange marron-chrome (je gardis longtemps cette croyance que les Peugeot avaient toutes cette ambiance marron, à l’image des 309 et 104)
      Grosse claque avec l’audi A6 mk2, et ses éclairages indirects de poignées de portes chromées, ses commandes d’eclairage au plafond type aviation, ses assemblages au dixieme (n’est ce pas Monsieur Fréour ?)