Opel Insignia GSI : Premium or not premium ?

Par Patrice Vergès. Pour designer ces deux versions plus musclées de son Insignia, Opel a repris le sigle GSi né dans les années 80 qui devrait bientôt baptiser d’autres modèles plus sportifs de la marque à l’éclair.

La GSi se reconnait à ses jupes latérales, ses chromes et sa carrosserie légèrement surbaissée

 » Chapeau bas !  » a lancé Carlos Tavarés, récent patron de la marque allemande après avoir piloté la nouvelle Insignia GSI sur le circuit du Nurburgring. On sait que le Français est passionné de courses automobile qu’il pratique assidûment. Cette année, il va courir en circuit au volant d’une Opel Calibra 2 litres. Le patron de PSA a été impressionné par les qualités sportives de cette nouvelle version qui se permet, sur les 173 virages du Nurbrurgring, d’être plus rapide que l’ancienne OPC bien que plus puissante d’une bonne soixantaine de chevaux.

Longue de 4,91 m, l’Insignia est une voiture assez encombrante mais son habitabilité est excellente

210 ch en diesel ou 260 ch en essence

En revanche, on est moins impressionné par les émissions de CO2 émises autant par le 2 litres 4 cylindres essence (197g/km) que diesel (186 g/km). Soit 40 à 50 grammes de plus que la concurrence nommée Audi ou BMW ! Opel s’en défend en annonçant avoir anticipé les futures normes de pollution WLTP et prétend qu’on verra apparaître bientôt des chiffres bien plus élevés chez ces constructeurs. Soit. Il est certain que les deux GSi sont aussi très mal placées à cause des Américains qui ne voulaient pas trop investir sur les normes drastiques de dépollution imposées par le marché européen qui ne représentait pas suffisamment de ventes pour eux. Avec PSA aux commandes, la donne sera différente et d’ailleurs Carlos Tavarés s’en était ému récemment.

Planche de bord très épurée, matériaux de qualité, encore quelques touches qui permettent de ne pas utiliser l’écran tactile pour des fonctions simples

Instrumentation qui donne une sensation de qualité perçue. Rien à redire !

En attendant, autant en essence 260 ch qu’en diesel de 210 ch, la GSi est frappée d’un malus de 10 500 €. Gloup ! Malus qui devrait salement éclaircir ses ventes dans l’hexagone. Dommage car elle ne mérite pas. Cela dit, ces deux versions sont environ 10 000 € moins chères que la concurrence lorsqu’on les oppose à une Passat ou Skoda Superb et près de 20 à 25 000 € pour la GSI essence comparée à une Audi A5 Sport Back 252 ch ou une BMW Série 5 voire une Mercedes Classe E de même puissance en 4WD. Mais on me rétorquera qu’Opel n’est une marque prémium même si l’Insignia en a le parfum et les caractéristiques.

Facturés 1800 €, ces sièges optionnels OPC Performances maintiennent bien le corps. Ventilés avec une fonction massage, ils font songer à un hibou

En effet, à 46 730 € en version essence 260 ch ou 47 180 € en 2 litres Bturbo diesel 210 ch, l’Insignia GSi propose quatre roues motrices adaptatives et une suspension pilotée (4 modes de conduite), une boîte auto 8 rapports en série et un sacré équipement. Par rapport à la version Grand Sport normale, elle se différencie par sa carrosserie surbaissée, son becquet arrière, ses jupes latérales, échappements, freins Brembo à 4 pistons et quelques autres bricoles esthétiques auxquelles il faut ajouter des jantes de 20 pouces optionnelles et des sièges intégraux baquet optionnels AGR dont je me passerai volontiers car trop dur pour mes pauvres lombaires fatiguées par 40 ans de conduite.

90 % des acheteurs de la GSi la choisiront chaussée en 20 pouces (plus 950€) les 18 pouces de séries permettent l’utilisation des chaînes

Transmission intégrale !

On connaît ma passion pour la marque au Blitz et je ne vous surprendrais pas avouer trouver l’Insignia fort séduisante autant à l’extérieur qu’à l’intérieur avec une finition de fort bon aloi et un équipement enrichi (affichage tête haute de série, phares Matrix adaptatifs, sellerie cuir AGR ) et une bonne habitabilité. Il est vrai qu’elle culmine à 4,91 m. Dommage que sa visibilité soit aussi médiocre. C’est voir ou conduire !

Il est certain qu’en mode Sport avec les roues de 20 pouces, on ne s’imagine pas au volant de la dernière Citroën Cactus récemment essayée sur les mêmes routes bosselées. C’est une sportive. C’est vrai qu’en mode Tourisme, la voiture apparaît un peu plus souple sans être pour autant moelleuse. Rien à dire sur la tenue de route de ces quatre roues motrices efficaces et largement sécurisantes, sa direction précise, son freinage puissant et sa boîte auto à 8 rapports qui tire relativement court. Ceci expliquant peut-être cela en matière de pollution.

En revanche, si j’ai aimé la sonorité grave du 2 litres essence lorsqu’on sollicite les 260 chevaux, le 2 litres diesel bi-turbo m’a semblé trop présent dans l’habitacle au ralenti pour une voiture aussi cossue. Je n’insisterai pas sur les 250 km/h en pointe atteinte par l’essence mais il est troublant que le diesel moins puissant de 50 chevaux réalise pratiquement les mêmes chronos entre le 0 à 100 km/h avec des meilleures relances évidemment dues aux 480 Nm de couple. Il est vrai que malgré un allégement de 160 kilos, avec deux passagers à bord, la GSi doit frôler les 1900 kilos.

Malgré ses 4 roues motrices, grâce à sa carrosserie très allégée, la GSi reste légère à conduire et formidablement efficace

Selon les 3 modes de conduite choisies, la direction et la suspension se durcissent. En plus, en 4eme mode Compétition, l’ESP autorise des angles de dérive plus importants lié à la suppression de l’anti patinage

Bonnes ventes

Enfin pour ceux qui regrettent que cette version sportive soit trop chère pour leur bourse, qu’ils n’oublient pas que la gamme débute à 27 450 € en 140 ch ; un rapport-prix qualité exceptionnel. Je ne suis pas le seul de m’en être rendu compte puisqu’Opel a enregistré 118 000 commandes d’Insignia sur la première année pleine. Un très bon chiffre dans le segment en déconfiture des berlines 3 volumes. Il n’y a pas que les SUV dans la vie !

C’est sur la Kadett de 1985 que le sigle GSi a vu le jour chez Opel. Sur la Commodore c’était GSE pour injection

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « Opel Insignia GSI : Premium or not premium ? »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Vince Marten

    Très belle voiture, j’adore les sièges, appréciée à sa juste valeur par le nouveau patron d’Opel, qui de plus est, court sur une Calibra, c’est plutôt encourageant tout ça
    M Tavarès, vous savez maintenant ce qu’il vous reste à faire, prendre le meilleur d’Opel et de Peugeot pour faire renaître cette fameuse Calibra.
    Une base de nouvelle 508, transmission intégrale et intérieur de cette Insigna GSI, voilà qui redonnerait du lustre à Opel

    Répondre
  2. Christophe BONNIN

    J’ai lu quelques articles de presse « généraliste » sur cette version. Pour le moment, Opel est plutôt moqué de cette version malussée à 10 500 euros pour un simple 4 Cyl 2L Turbo. Beaucoup se demandent comment Opel a fait pour en arriver là avec cette version et se demandent bien à quoi cela sert d’importer une telle version chez nous. D’autres pensent que c’est l’ancienne maison GM qui n’a jamais voulu investir dans la dépollution des moteurs pour un si petit marché qu’est l’europe. Peut être. Ils soulignent aussi que Mercedes, BMW ou Audi savent faire bien mieux qu’Opel en terme de Malus.

    C’est vrai que coté Etats Unis, La Mustang 2,3l Ecoboost 2018 qui nous revient moins puissante et est, elle aussi, malussée à 10 500 euros.

    Maintenant… Est ce que les simple 4 Cyl 2.l Turbo des constructeurs européen de références échapperont réellement bien longtemps aux Malus Maximum… Ou bien n’est ce pas simplement le début d’une tendance qui va se généraliser très rapidement ? Nous le saurons bientôt.

    PS : Avec un lion Peugeot sur la calandre et quelques effets de style, cette Insigna ferait une belle 608.

    Répondre
  3. Hugo

    Je croyais que c’était une Mazda 6 d’ancienne génération. Avec le retour de signature incarné sur la ligne latérale tel une balafre d’un objet contondant. L’habitacle n’a aucune prise de risque stylistique mais ç’est propre et ça fait statutaire et sérieux. Il aurait pu se démarquer par une dominante taupe, vert anis, beige, ocre, ou sienne pour changer du NOIRRR… À part cela il y’a tous les autres codes de la berline impersonnelle.

    Répondre
  4. Mustang98

    J’ai pu essayer il y a quelques années, la 1ère Insignia et j’en avais été agréablement surpris. Visiblement celle-là est digne de sa devancière et c’est très bien.
    De plus, le rachat d’Opel par PSA est peut-être le signe d’un possible retour du constructeur sur le haut de gamme intermédiaire, où le savoir-faire est là et si PSA peut profiter de la
    faiblesse de l’€ pour l’économie allemande, quand sa force le condamne pour l’économie française, je ne crois pas que nous bouderons notre plaisir !

    Répondre
  5. Francois

    Bonjour,
    Belle auto, extérieur et intérieur assez réussis et qui semblent qualitatifs. S’il n’y avait pas ce gros malus ce serait une belle réussite…ça devrait pourtant se corriger en retravaillant un peu le moteur, les rapports de boites et autres petites subtilités sans perdre sur les performances…Chez PSA ils savent très bien faire ça… Cette Opel semble bien née et devrait trouver sa place sur le marché ….Etait elle premium ? J’aurais tendance à dire oui car le fossé qui séparait les marques généralistes des premium devient de plus en plus petit… On assiste aujourd’hui a un niveau de qualité et de finition en très forte hausse chez les généralistes alors que dans le même temps les marques premium semblent marquer le pas dans ces domaines.. Compte tenu des tarifs, des équipements et de prestations routières cette Insignia semble être une acquisition tout a fait cohérente…qui n’a rien a envier aux premium sauf l’image de marque pour le moment.
    Francois

    Répondre
    1. Georges

      Tout à fait d’accord avec le commentaire de Damien . Opel n’ arien à envier aux marques premium !

  6. damien

    Opel, ça reste une énigme pour moi. Des voitures parfois au top du top et d’autres vraiment cheap. Je me souviens de ma première Corsa neuve. Un veau sans vitres électriques ni fermeture centralisée des portes. Et pourtant j’ai fait des trajets Clermont/Paris très régulièrement sans aucun problème et je l’ai revendue dans un parfait état.
    Chaque fois que je vois une Opel, je suis partagé entre l’aspect général qui ne me raconte pas grand chose et le souvenir de vrais qualités tout à fait objectives.
    Quant aux motorisations démesurées….aucun intérêt sauf ceux qui disposent d’un circuit privé, ou qui aiment forcer sur 300 mètres en sortie de péage…

    Répondre