Suzuki S-Cross Phase 2 : Le cœur et la raison

Par Patrice Vergès. Né Suzuki SX4, ce SUV rebaptisé S-Cross affiche davantage de caractère grâce à une esthétique plus agressive. 2000 km parcourus à son volant m’ont fait mieux découvrir des qualités bien trop cachées sous une silhouette encore impersonnelle.

La version Style se distingue par ses jantes bicolores et ses bas de boucliers gris déjà proposés sur la Privilège à l’excellent rapport-qualité prix

Je l’ai déjà évoqué mais j’estime que la couleur d’une voiture est bien plus essentielle qu’auparavant dans son choix. C’est le fait de nouveaux pigments plus pimpants liés au bi-ton très tendance qui accroit la personnalité d’un véhicule. Il y a peu, je n’ai pas reconnu un Renault Captur d’un uniforme gris pisseux en le confondant avec une Clio Estate. Lorsque j’ai découvert ce Suzuki S-Cross d’essai gris minéral foncé impersonnel (plus 530 euros), il m’a semblé fade et triste. Couleur dont l’avantage est de ne pas se salir sous la pluie. Impersonnel malgré les modifications esthétiques de la face avant effectuées, il y a peu, sous la forme d’une calandre (trop ?) chromée à 10 barres plus statutaire et un capot mieux sculpté. L’élégance du dessin des nouveaux phares à leds et des jantes bicolores de 17 pouces le rendent tout de même plus glamour que précédemment.

En 2017, le Suzuki rebaptisé S-Cross a reçu une face avant plus agressive.La calandre à 10 barres chromées ne fait pas dans la discrétion mais c’est le but recherché

5 litres aux 100 !

Bref, je ne m’attendais pas à découvrir un véhicule aussi intéressant au fil des 2000 km parcourus. En plus, le gros S chromé de Suzuki ne cachait pas le nouveau petit 1000 cm 3 cylindres Boosterjet qui m’avait séduit sur le Swift en amoureux de ce genre de moteur. Ce S-Cross était mu par un 4 cylindres diesel Fiat 1,6 l DDiS de 120 ch datant des accords GM/Fiat. Il faut rappeler que l’ancien Suzuki SX4 était également proposé sous la marque Fiat. Seule bonne nouvelle, ce bloc bien connu était accouplé à une boîte auto à 6 rapports à double embrayage.

Malgré sa transmission intégrale Allgrip accroissant son poids de 100 kilos et la boîte auto plus gourmande, sa faible consommation m’a interpelé d’autant que je n’avais pas relevé des chiffres aussi bas sur les Fiat. Sur 2000 km entre routes et autoroutes parsemées d’un peu de ville, l’ordinateur de bord est resté rivé sur chiffre 5 litres aux 1000. C’est peu, très peu pour un engin qui avoue 1350 kilos et qui ne semble pas offrir un Cx d’Alpine. Ensuite, la boîte est agréable, douce, assez réactive bien que j’ai du utiliser parfois les palettes pour rétrograder sur les routes lyonnaises qui me conduisaient aux essais de la nouvelle Polo. Bon point aussi pour la position de conduite très appréciée lorsqu’on parcourt des étapes de 700 km et la l’insonorisation intérieure d’autant qu’à l’extérieur, le Fiat n’est pas le plus discret de la bande.

La planche de bord est facile à vivre. On aurait aimé des rangements de console plus généreux

Sur 2000 km, l’ordinateur de bord n’a jamais varié de ce chiffre : 5 litres aux 100 !

Facile à vivre

Dernier point, le confort est satisfaisant malgré un essieu de torsion à l’arrière appuyé par des sièges accueillants pour les grands gabarits ce qui est rare chez les Japonaises. Lorsque j’ai débuté ce métier il y a 40 ans les voitures japonaises avait des assises plus petites que nos voitures européennes. La légèreté des portes m’a aussi séduit opposée à celles de mon cabriolet perso qui m’imposent de faire de la musculation lorsque ce dernier est garé en devers. Par ailleurs, j’ai pesté contre le volume des vide-poches de la console centrale pas assez accueillants et sur la taille aujourd’hui trop réduite du GPS pas affiché sur toute la surface utile de l’écran tactile afin de conserver les autres commandes.

L’écran tactile est un peu petit par rapport à ce qui se fait aujourd’hui. La radio se commande aussi du volant

Trois niveaux de finition sont proposés. Sur le haut de gamme Style essayé, la radio était d’excellente qualité, il y avait un toit ouvrant électrique tandis que ses sièges chauffants (apprécies) étaient tendus de cuir. J’ai rarement vu du cuir imiter si bien le plastique qui semble d’honnête qualité sur la planche de bord au dessin plus sculpté moins banal que de coutume. Haut de 1,58 m, long de 4,30 m, sa malle offre un volume impressionnant de 430 litres qui grimpe à 1269 litres sièges abaissés dont le dossier est réglable.

Gagne à être connu

Tout cela pour vous dire que ce Suzuki m’a plu. C’est vrai que c’était la version la plus coûteuse de la gamme frisant les 30 000 euros ce qui n’est pas rien. Mais sa polyvalence et sa transmission Allgrip à 4 roues motrices que je n’ai pas testées en font un véhicule pluridisciplinaire. A 19 490 euros, son prix d’attaque, il ne compte que 2 roues motrices entrainées par le 1000 cm3 de 111 ch qui doit être largement suffisant dans la plupart des cas avec une consommation maîtrisée. La version intermédiaire Privilège (phares à led, jantes alliage, boucliers gris, sièges chauffants) débutant à 21 890 euros me semble, de loin, proposer le meilleur rapport qualité-prix. Pour terminer si ce Suzuki risque de passer inaperçu dans la rue, vu sa faible consommation et la réputation de qualité de la marque japonaise, il passera aussi aperçu dans votre budget. S’il est reconnu, il gagne à être connu.

Tenue de route saine, confort agréable, peu fatiguant sur route. Rien a médire

Le S-Cross profitant de ses 4,30 offre un bon volume de chargement

Les passagers assis à l’arrière ont un bon volume pour les jambes

L’avis des Petits Observateurs !

13 commentaires au sujet de « Suzuki S-Cross Phase 2 : Le cœur et la raison »

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  1. Gwenvaël Alexandre

    Une voiture simple et cohérente semble t-il.
    Le dessin des sièges me font penser à ceux de la Clio III :-O
    En cuir, c’est d’autant plus flagrant, les appuis-tête aussi (comme sur la version Initiale), ce ne sont pas les mêmes,
    mais la ressemblance est frappante !
    Merci pour cet article, c’est toujours un plaisir de les lire.
    Tout mes meilleurs voeux pour cette année 2018, Maître Vergès ! 🙂

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  2. Mustang98

    Oh pôvre ! Qu’elle est vilaine cette auto, avec cette calandre en façon de fanons de baleine qui semble singer les Buicks des confins des années 40 et 50, la beauté du chrome en moins…
    Mais comme disait Buitoni ;  » L’important c’est ce qu’il y a dans la boîte… »
    Et là, ma foi, c’est assez commun, voire standard… Presque kitch tant ça veut paraître pour ce que ça ne peut être…
    Pareil tableau exige qu’à tout le moins ça fonctionne ! Et sur ce point, Suzuki est du genre sérieux.
    Mais c’est à peu près tout…
    Houp là ! Je suis parti un peu vite… J’aurais dû commencer par présenter mes bons Voeux, 2018 à Mister Vergès bien sûr, mais aussi à tous les Observateurs ici présents ou pas…

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  3. Dubby Tatiff

    Je n’arrive plus à détacher mon regard de la trappe cachant l’anneau de remorquage dans le bouclier avant.

    J’avoue être fasciné par la forme particulière de talent du type qui a réussit à la placer au pire endroit possible, où se joignent toutes les complications du dessin du bouclier. Quelles purent être ses motivations ? Une private joke ou un challenge malicieux entre collègues de bureau démotivés, une vengeance contre un chef designer lui ayant refusé une augmentation ou bien la mise en pratique d’une idée, une manœuvre subversive pour éprouver la patience d’un sous traitant en plasturgie, une tentative de générer le plus de crises de nerfs chez les peintres du réseau de concessionnaires Sukuki ? On ne le saura probablement jamais.

    😉

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    1. Dubby Tatiff

      Ca y est je viens comprendre en regardant des photos sur le net : il s’agit d’un facelift. Le précédent modèle avait un bouclier sans fioritures et une trappe toute simple car bien positionnée par rapport au dessin du bouclier. Je me coucherai l’esprit tranquille.

    2. Nabuchodonosor

      Je crois que votre observation mérite d’être nominée aux Awards de l’observation 2018.
      Ce cabochon a au moins le mérite de ne pas pouvoir se monter à l’envers. Le designer doit être un transfuge de chez Mattel qui œuvrait auparavant dans les puzzles pour 1-3 ans…
      🙂

  4. Nabuchodonosor

    Patrice, permettez-moi avant tout de satisfaire à une tradition en vous présentant tous mes bons vœux pour l’année 2018 qui s’ouvre. Que peut-on vous souhaiter qui ne nous soit profitable également, faut pas charrier tout de même, qu’une nouvelle salve d’essais automobiles cette année ? Chiche ? C’est un plaisir sans cesse renouvelé de vous lire et puis, grâce à vous j’aurai déjà été propriétaire de quelques merveilles si seulement mon banquier, qui a probablement d’autres lectures moins enrichissantes sur le plan culturel s’entend, ne s’y était pas opposé…
    Pour en revenir à cette SX4 rebaptisée pour les besoins du marché, je la crois honnête et sans esbroufe, comme la plupart de ses congénères drivées par un groupe venant du soleil levant, mais je regrette que son design soit du réchauffé, que la patte Italdesign y ait disparue, et que les virtuoses du Centro Stile de Robassomero jouant sous la baguette de Testuya Ozasa n’y aient été mieux impliqués, cela aurait au moins aidé à faire passer la croûte de cuir ou les barrettes chromées façon Jeep ou Land Cruiser… Mais bon c’est peut-être le prix à payer pour en obtenir l’échange moyennant un prix très contenu… Grand père me disait souvent : « Tu vois petit, pendant la guerre on ne mangeait pas tous les jours et le soir il arrivait même qu’on fasse réchauffer les restes… ».

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  5. Jean

    le physique n’est pas très sexy mais on sait que les Suzuki sont de bonnes filles qui n’ont pas peur d’avaler les kilométres comme ma Swift qui frise les 200 000 km sans lever le capot. Un S-Cross pourquoi pas mais en 3 cylindres essence !

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  6. Chapman

    Je me souviens de ce que notre cher président Roubaudi disait de ce modèle il y a deux ans. C’est un peu le syndrome de la bonne copine. Ce n’est pas celle après laquelle on court mais on a tord….. En fait elle ne nous veut que du bien.
    J’en possède une essence boîte auto depuis deux ans….. Et je l’aime comme une sœur !!
    🙂

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    1. Piat Georges

      Je crois que Renaud parlait du Vitara mais cela n’a pas d’importance vu que Suzuki semble apporter le même soin à tous ses modèles.
      Bonne année à tous. Georges.