Souvenirs d’Autos (156) : Marcel Dassault, la Rolls et le plaid.

Par le Commandant Chatel. Août 1977, je travaille à Information et Publicité, la régie commerciale de RTL et je participe au lancement du nouveau parfum de Fabergé « Babe » pendant 3 jours.

 

Toute l’opération se déroule dans le sublime hôtel particulier de « Jour de France » au rond-point des Champs-Élysées.

J’ai un peu la tête qui tourne quand je vois une sublime Cadillac Fleetwood longue de 6 mètres d’où sortent les deux stars qui vont donner une suite de « rendez-vous privés » à des journalistes.

Il s’agit de Cary Grant. Il ne jouait plus la comédie et était devenu un des directeurs de chez Fabergé.

Et de Margaux Hemingway qui était le mannequin-vedette choisi pour Babe (on ne disait pas Top-Model à l’époque).

Lui n’était plus très jeune, mais toujours superbement élégant dans des costumes parfaitement coupé.

Elle me semblait belle comme un cœur, sexy en diable et originale avec ses sourcils très fournis.

Je suis chargé de les guider dans un dédale de couloirs et ils se fendent même d’un petit remerciement. Ça dure comme ça quelques jours où les journalistes déboulent à la queue-leu-leu.

Puis, le dernier jour, alors que j’ai sympathisé avec le gardien du bâtiment, je vois débouler une Rolls Royce Silver Shadow rutilante.

  • C’est Monsieur Dassault, me dit-il.

En effet, à l’arrière, je vois un petit monsieur, chapeau enfoncé sur la tête et un plaid écossais sur les jambes et le torse.

Comme il fait une chaleur à crever, je fais une petite vanne idiote au sujet du plaid.

Le gardien me calme directement en me disant (sans agressivité):

  • Monsieur Dassault a eu si froid en déportation qu’il ne s’est jamais réchauffé.

Je me sens idiot, je me sens ridicule, je me sens vulgaire… et je regrette.

Je retourne faire mon boulot, c’est à dire guider Cary Grant et Margaux Hemingway en prenant garde à garder mes plaisanteries idiotes pour moi.

 

Cette rubrique est la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion. On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA ! Merci.

L’avis des Petits Observateurs !

12 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (156) : Marcel Dassault, la Rolls et le plaid. »

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  1. Jean-François Bertrand

    Pour info c’était principalement des Silver Wraith avec séparation et clim séparées entre l’avant et l’arrière qu’il commandait pour ne pas indisposer son chauffeur avec la chaleur dont il avait besoin pour sa personne.

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  2. Oliver

    Merci Commandant Chatel.
    Encore une jolie histoire de Rolls pour mon plus grand plaisir ( Malgré la gaffe!)
    Et de jolies femmes….
    Joyeux Noël à vous et à toute l’équipe.

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  3. Piat Georges

    A la fin de l’année, Monsieur Dassault visitait certains de ses ouvriers, avec des cadeaux pour les enfants. Le coffre de la Mercedes 600 était rempli de cadeaux. Une sorte de Père Noël et surtout un sacré Monsieur à la voix si particulière…

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  4. Mustang98

    Rhôôô ben là Mon Commandant, ça a dû être un de ces moments d’immense solitude, comme seuls savent en procurer les mots qui sortent plus vite qu’ils n’auraient dû !!!
    Merci pour ce souvenir d’autos qui vous emplit d’une épaisse humanité.
    Cdlt.

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  5. Frédéric à Montréal

    Souvenirs d’autos, élément absolument indispensable de POA, même quand le rapport avec l’automobile est plutôt ténu.
    Car ces tranches de vie sont toujours intéressantes et émouvantes.
    Merci, commandant Chatel!

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  6. Thierry

    Quand j’étais môme, mon père travaillant dans la « Distribution de Presse », nous avions toutes les publications à la maison, Point de Vue & Images du Monde, Paris Match etc …
    Je lisais donc les billets de Marcel Dassault dans « Jour de France » ce n’était pas le « Café Garage », mais le « Café du Commerce » ! Le papier qui composait Jour de France était superbement épais et glacé.

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