Souvenirs d’Autos (150) : Un drôle de bruit en Citroën Traction Cabriolet

Une rubrique pilotée par le Commandant Chatel. Ah… Georges Piat et ses histoires de bagnole. Je les aime !!

Voici une petite histoire racontée par mon père, il y a bien longtemps.

Belle matinée ensoleillée, juillet 1953, place de l’Odéon, Paris. Petite info, je ne suis pas encore né.

Diplôme d’ingénieur en poche, mon père vient chercher Suzanne, la jeune personne qui allait donc devenir ma mère, à la Sorbonne. Il roule au volant d’une superbe Traction cabriolet gris métal, intérieur cuir bleu. Une belle voiture d’occasion cédée par un riche exploitant forestier de Troyes, dans l’Aube.

Comme on peut le voir sur l’image, la voiture possède un « rumble seat », c’est à dire, une banquette arrière située dans un petit coffre qui s’ouvre dans le sens inverse de la marche, le couvercle ouvert faisant office de dossier (appelé également « siège belle-mère »).

La voiture glisse le long du trottoir, en direction de la Forêt de Fontainebleau. Mes parents ont prévu un week-end de camping sauvage avec feu de camp (et oui, on pouvait autrefois !). Mais avant cela, il s’arrêtent en banlieue pour prendre au passage un copain, Vava, avec son matériel de camping.

Le week-end se déroule sans histoire. Mais au moment de repartir, après pliage des tentes, un énorme orage arrive. Vava a repris sa place à l’arrière et mon père décide de refermer la capote. Vava se sentira un peu seul mais c’est mieux que de rentrer à pied !

La pluie commence à tomber et mon père, qui a un peu oublié le copain, accélère le train. La pluie redouble maintenant et ma mère entend un bruit bizarre, un bruit sourd qui vient du toit.

Cela se calme un peu et recommence… Cela ne vient pas du moteur…
Mes parents ont mis du temps à comprendre qu’il s’agissait du pauvre Vava, trempé comme une soupe qui tapait sur la capote pour faire ralentir l’allure.

Effectivement, de retour à Paris, le malheureux n’avait plus un poil de sec!

Ben oui, on oublie tout quand on est amoureux… Et puis, je n’aurais pas pu raconter cette histoire !

Cette rubrique est aussi la vôtre !

Racontez vos anecdotes au Commandant Chatel par mail (thibautchatel@icloud.com), il se chargera de les publier. N’oubliez pas que pour « Souvenirs d’Autos » nous cherchons de l’anecdote, de l’humain, de l’humour, de l’émotion.  On oublie un peu l’arbre à came et le Weber double-corps… Et si possible, joignez à votre histoire des photos…. On adore ça chez POA !Merci.

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

8 commentaires au sujet de « Souvenirs d’Autos (150) : Un drôle de bruit en Citroën Traction Cabriolet »

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  1. Maître Capello

    Ah, on n’en fait plus des comme ça, des comme votre Vava qui amènent le matos, le casse-croûte et acceptent de voyager dans le coffre, enfin sur le strapontin (traduction de rumble seat selon le Larousse), puis encore lorsque les amoureux lui tirent le rideau devant le nez. Au fait Georges, votre grand-mère maternelle ne s’appelait-elle pas Eva ?

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  2. chapman

    Je ne me suis jamais approché suffisamment près d’une traction cabriolet pour comprendre la procédure pour monter à bord de cette fameuse banquette coffre. Une chose est sure, jamais ma belle mère n’aurait accepté ni même été capable de grimper !

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    1. Thierry Lemettre

      De memoire, il doit y avoir un petit marche pied rond sur le pare choc arriere et sur l aile arriere droite, afin d escalader jusqu a la banquette « belle mere » ! Charmante histoire !

  3. Thierry

    C’est touchant et mignon …. une histoire certainement racontée des dizaines de fois en présence de la victime !! Merci Commandant, bonne soirée.

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  4. Nabuchodonosor

    Ahahah excellente histoire, en d’autres circonstances on aurait pu dire de Vava qu’il tint la chandelle, mais là, avec toute cette flotte qui tombait…
    Georges dites-nous, vous fûtes conçu dans le cabriolet ? Ce ne serait que lui rendre grâce il est tellement beau… Et puis la banquette belle-maman, aaah…
    De la poésie comme on l’aime…
    🙂

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