Porsche 356 (1951) : Faux semblants !

Par Patrice Vergès. Sur POA, nous avons déjà évoqué la Ford GT40 de Jacky, la Ford 1932 Hot Rod de Jacky, la Chevrolet Corvette Stingray de Jacky, cette fois nous évoquons la Porsche 356 1951 de Jacky.

La silhouette rondouillarde et profilée de la Porsche 356 étonne aujourd’hui

En fait, pour vous dire la vérité, rien que la vérité, la Porsche 356 1951 de Jacky n’est pas une vraie Porsche. Une vraie 1500 de 1951 dans cet état concours coûterait plus de 200 000 euros. N’imaginez surtout pas qu’il s’agit d’une réplique de 356 proposée dans le commerce particulièrement par Intermeccanica. Ni l’une, ni l’autre ! La Porsche 356 de Jacky est unique, née d’une sculpture réalisée il y a 35 ans.

Passé composite

Etienne Bossut est un grand sculpteur du composite dont il faut découvrir les œuvres. Dans les années 80, il a moulé une coque de Porsche 356 en composite à partir d’une vraie de 1951. Puis il a commencé à effectuer une réplique de cette voiture sur une base de VW Coccinelle. Précisons qu’en 1951, la Porsche 356 qui en était extrapolée en était encore très proche. Mais Etienne n’est allé au bout de sa réalisation et c’est Jacky qui l’a continuée afin de la rendre roulante. Notons que Jacky en a possédée une vraie il y a une dizaine d’années, véritable amoureux de sa silhouette ronde de baignoire renversée. Une époque où les 356 pré-A ne coûtaient pas la petite fortune qu’elles valent aujourd’hui.

76 302 Porsche 356 à travers 4 versions ont été produites pendant 16 ans

Fabriquée de 1949 à 1965, la 356 (356eme projet du bureau d’études) a préfiguré la 911. Elle était très proche de la Coccinelle qui avait été dessinée avant-guerre par Ferdinand Porsche. Née avec un flat-four de 1086 cm3 de 40 chevaux, elle a terminé sa vie avec un 2 litres 100 % Porsche de 130 ch sur la version Carrera. En 1951, la 356 commença sa course à la puissance en passant en 1300 cm3 puis en 1500 cm3 avec un moteur 100 % Porsche délivrant 60 chevaux qui l’entraînaient à 160 km/h. C’était au prix d’une tenue de route très pointue qui exigeait des dons de pilotage en brutale survireuse née. C’était une voiture rare et chère puisque seulement 595 versions 1500 ont été produites cette année là sur un total de 1169 Porsche fabriquées. C’est à partir de la 356 A en 1956 que la tenue de route de la Porsche a été humanisé si l’on peut parler ainsi.

La planche de bord est identique à celle de la version 1951 avec une instrumentation signée VDO

Moteur 2 litres

 » Elle est réalisée sur une base de Cox dont le soubassement a été adapté aux dimensions de la 356 de l’époque  » précise Jacky.  » Elle possède des freins à disques qui sont masqués dernière les jantes. Le moteur est un 4 cylindres à plat VW à refroidissement par air qui a été poussé à 2 litres. Alimenté par deux gros carburateurs de 40, il doit développer 140 chevaux, soit bien plus que la 1500 de l’époque. Esthétiquement, j’ai tenu que le bloc se rapproche le plus du moteur Porsche de l’époque avec un faux filtre à huile et même des couvre-culbuteurs gravés Porche. « 

Le 2 litres VW a été adapté (turbine ronde, faux filtre à huile) pour ressembler au maximum au 1500 d’origine

Un travail colossal a été effectué à partir de la base non achevée d’Etienne Bossut par Jacky qui a cherché certaines pièces difficiles à retrouver dans le monde entier aidé dans sa quête par de talentueux mécaniciens. Tout a été pensé dans le moindre détail, à la sortie de l’échappement, au faux double pare-brise du modèle 51 (cintré en une seule pièce en 52), aux sigles et aux feux rouges. Personne n’imagine que la caisse est en composite (en acier sur la vraie) tout comme ses pare-chocs et planche de bord.

Superbes sièges baquet de type Speedster tendus de cuir par un véritable artiste

En fait, le pare-brise est en une seule partie avec une barre centrale fictive

Tendu de cuir rouge

Il en est de même de l’habitacle et de la planche de bord qui font appel à de vrais accessoires de 356 (compteur VDO Palo Alto recalibré). La plupart des boutons sont fictifs tout comme le poste de TSF signé Phillips. Jacky a du modifier la forme de la poutre centrale VW pour remettre le levier de vitesses dans sa position initiale.  » Le bois des portes est en polyester peint par une artiste spécialisé dans le faux bois. Les sièges baquet sont de type Speedster (coque en composite) et tout l’intérieur est tendu de cuir réalisé par le talentueux Jean Philipe Duval » me montre Jacky qui a exposé sa voiture dans un rassemblement Porsche. Personne ne s’est rendu compte qu’il s’agit d’une réplique comme il a tenu à le préciser. Beaucoup se sont extasiés sur sa voiture qui lui revient environ quatre fois moins cher que le prix auquel se négocie une 356 de 1951.

Le panneau en bois des portes est en… polyester peint à la main par une spécialiste du faux bois

Docteur Jeckyll et monsieur Hyde

 » Elle marche fort avec 140 chevaux pour seulement 850 kilos environ. Mais J’ai encore des problèmes de tenue de route. J’ai du mal à dépasser les 130 km/h, vitesse où elle commence à louvoyer certainement à cause des pneumatiques que j’ai voulu d’époque qu’il faut surgonfler à plus de 2,4 kilos et d’une direction trop démultipliée. C’est à améliorer ». Sa 356 est plus que jamais dans l’esprit de l’époque dont l’Auto Journal disait à travers la belle plume du grand André Costa.  » La Porsche est une voiture à double face avec laquelle il est préférable de ne pas plaisanter. Pour certains, ce ne sera qu’un engin fascinant, pour d’autres une voiture dangereuse qui, tôt ou tard, leur jouera un mauvais tour « .

La radio Phillips ne fonctionne pas puisque ce n’est pas une vraie radio

Vrai amoureux de l’auto, Jacky a toujours possédé des voitures hors du commun

Etienne Bossut le créateur de cette sculpture automobile

Photo pleine de charme de la 356

L’avis des Petits Observateurs !

15 commentaires au sujet de « Porsche 356 (1951) : Faux semblants ! »

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  1. Norbert Boutboul

    Oué …. « n’imaginez pas que c’est une réplique » … mais c’est bien une réplique, mais comme c’est celle de Jacky elle est plus mieux que les autres … Sourire.
    Ça reste une coque polyester moulée et vissée sur un châssis de Cox, propulsée par un moteur de Cox et une carte grise de Cox (donc non homologuée, comme la plupart des répliques). Mais avec des badges Porsche « pour faire croire que … ». Ah le fantasme du fake …. Quand c’est un faux sac Hermès c’est une contrefaçon, quand c’est une fausse 356, c’est une sculpture automobile. Cherchez l’erreur…
    Jacky aurait pu pousser la réplication de l’esprit d’epoque en installant un vrai moteur de Pre-A. Dommage de ne pas avoir été au bout de l’exercice …
    Bien entendu, cette réplique est magnifique, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Mais elle n’a que l’allure d’une 356. Elle n’en a ni la saveur, ni la patine, ni l’authenticité, ni l’histoire, ni d’ailleurs les performances puisqu’elle « louvoie à 130 km/h ».
    Ni Cox, ni 356 … aussi originale et unique qu’elle soit, elle reste une réplique en plastique…

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    1. jacky morel

      Mon cher Norbert, je suis désolé d’avoir choqué votre esprit puriste. Je pense que vous êtes probablement l’heureux propriétaire d’une vraie pré A pour tenir des propos aussi durs envers cette petite auto, qui n’a aucune prétention à part de faire plaisir à Etienne Bossut et à moi-même. Elle est d’ailleurs toujours bien présentée comme une copie (je préfère ce mot à réplique trop galvaudé) bien que nombre de « spécialistes » de 356 ne l’ai pas remarqué tellement elle est fidèle. Vous ignoriez peut être que j’ai été également propriétaire de la pré A 10808 d’août 1951, immatriculée 1951 RS 33 si vous voulez vérifier, restaurée il y a une quinzaine d’années en partant d’une voiture très endommagée (photo sur demande). Malheureusement, des snobs avides de placements ont tellement fait monter les prix, 200 000 euros pour une belle pré A, de ces « Coccinelle » recarrossées (oui ce n’est que ça aussi une pré A !), qu’il devient dangereux d’exposer de telles sommes à la circulation moderne tant elles sont inconduisibles. Rassurez-vous, je ne l’ai pas vendue ce prix, je l’ai vendue 40 000 à un ami anglais il y a quelques années. Le sculpteur Etienne Bossut n’est pas n’importe qui dans le milieu de l’art. Une rétrospective de son oeuvre (y compris cette 356 qui est donc bien classée comme une de ses oeuvres) sera d’ailleurs exposée au FRAC de Franche Comté, du 2 février au 13 mai 2018. Etienne a moulé une vraie 51, intérieur-extérieur et il l’a assemblée et construite patiemment pendant trente ans avant de me la vendre non terminée. Oui le châssis est celui d’une VW mais la poutre a été modifiée afin de singer celle de la Porsche, le frein à main a été déplacé sous le tableau de bord, le levier avancé. Oui elle a un moteur de VW mais c’est un deux litres de 130 chevaux habillé comme un 356. Oui elle a des freins à disques mais ils sont camouflés derrière des cerclos imitant les jantes d’origine. Et alors ? En quoi installer un poussif moteur de pré A aurait-il changer le fait que les aigris jaloux la traite de réplique ? Et contrairement à ce que vous affirmez diffamatoirement, cette voiture est homologuée et sa carte grise porte même la mention « type et marque modifiée ». Quand on ne sait pas, on la ferme. Si elle louvoie pour l’instant, c’est parce que sa mise au point n’est pas terminée. Ne vous inquiétez pas, le jour où ce sera fait, elle tiendra parfaitement la route. Comme ma Coccinelle de la VW Cup qui, lors d’un comparatif sur le circuit de Lohéac en 2005 et alors que toutes les autos présentes étaient pilotées par Jean Pierre Malcher (triple champion de France de production entre autre), a collé 4 secondes au tour (sur un kilomètre !) à une Carrera 2.7 RS et 7 secondes à la 911 championne de France de VHC…Il n’y a pas que les Porsche dans la vie, cher monsieur…!

  2. Michel

    Ce reportage vient en parallèle de l’annonce de la cessation d’activité de PGO, qui eux aussi on commencé leur atelier en commercialisant des répliques de 356
    Dur d’etre un petit constructeur en France

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  3. Dubby Tatiff

    J’espère que Michael Oualid ne vas pas tomber sur ces photos sinon il ne va pas pouvoir retenir un râle de plaisir au bureau en regardant les contre portes d’une simplicité absolue. La fonction dicte le design et non pas l’inverse ! Sa profession de foi.

    … Quoiqu’à la réflexion, le haut en faux bois est déjà ostentatoire et futile 😉

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    1. Lieutenant Columbo

      « Née d’une sculpteure réalisée il y a 35 ans ». Je crains qu’il n’y ait prescription mon Cdt…
      Et puis l’immat’ est déjà « collection ».
      Pensez, mon Cdt, je n’aurais pas laissé passer ça…
      😉

  4. Nabuchodonosor

    « … sa silhouette ronde de baignoire renversée ». Du Djuuu’ je n’y avais encore jamais songé…
    Et, va savoir si « Ferry » n’avait pas fait ses premiers tests aérodynamiques en descendant le Neckar ?!?

    Très belle œuvre en tous cas, félicitations Jacky.
    Cela mérite bien une petite chanson :
     » Etre une heure, une heure seulement…scrrrongneugneu » Baf-Pifpaf-ReBaf Stop ! Non Nabu tu ne chanteras pas.
    🙂
    Nassurancetourix

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    1. jacky morel

      Le soubassement de la coque, où se boulonne le châssis, a été modifié afin que la voiture paraisse plus basse…

    2. Dubby Tatiff

      Je n’avais donc pas berluré.
      Mais je comprends mal. Si le néophyte que je suis s’en aperçoit, comment se fait-il que les aficionados la confondent avec un modèle original ? Certaines pré A véritables étaient-elles abaissées de la sorte ?

  5. Mustang98

    Même en version « Canada Dry », c’est de la belle ouvrage ! Et puis qu’il semble qu’il y ait l’ivresse, qu’importe au final, le flacon…

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