Toyota Yaris hybride : pourquoi pas ?

Par Patrice Vergès. Lorsque Toyota a dévoilé une version hybride de sa Yaris, j’avoue ne pas y avoir cru. L’écart de prix entre l’essence et l’hybride devenait trop excessif sur une citadine moins coûteuse. Mais grâce au bonus écologique de 2000 euros, la Toyota Yaris Hybride s’est bien vendue puisqu’elle ne coûtait pas plus cher que la version diesel.

Toyota précise que 900 pièces ont été changées par rapport à la précédente Yaris

Toyota précise que 900 pièces ont été changées par rapport à la précédente Yaris

Ventes en progression

Aujourd’hui le bonus écologique a disparu. Pourtant les ventes de la Toyota Yaris Hybride continuent étonnamment à croître et à dépasser la version thermique (55%). Chiffre qui ne devrait pas décroître puisque Toyota ne propose plus la Yaris diesel aux particuliers. Engouement qui prouve qu’il y a eu un déclic de la part de clientèle qui délaisse de plus en plus le diesel dans ce segment. Et ce n’est pas fini avec les nouvelles normes Euro 6 c qui vont être mortelles pour certains diesels.

Ce coloris bleu métallisé électrique est facturé 520 euros tandis que les glaces arrière surteintées et les jantes bicolores sont liées à la finition Chic

Ce coloris bleu métallisé électrique est facturé 520 euros tandis que les glaces arrière surteintées et les jantes bicolores sont liées à la finition Chic

Hélas l’hybridité a un coût. La Toyota Yaris Hybride coûte 2550 euros de plus que la nouvelle version 1500 essence. C’est beaucoup. Au stade de la rentabilité pure, il faut au moins un siècle pour amortir la différence !

Mais il n’y a plus que les journalistes qui raisonnent sur le prix d’une voiture dans sa globalité. Chez Toyota, la majorité des ventes se fait en LOA et le prix d’un véhicule se calcule en loyers mensuels. A partir de 129 euros pour une Yaris essence 1000 cm3 contre 169 euros pour l’hybride. 40 euros par mois, ce n’est même pas le prix d’un abonnement à internet. Cela dit, au total, l’acheteur l’aura payée entre 14 150 euros et plus de 24 000 euros pour une hybride finition Chic avec une belle peinture, un toit ouvrant et la navigation. Pas donné !

Les blocs optiques ont été redessinés, sur celles équipées de leds le bloc lumineux forme la lettre Y comme Yaris

Les blocs optiques ont été redessinés, sur celles équipées de leds le bloc lumineux forme la lettre Y comme Yaris

4,4 l contre 5,5 l aux 100

Et un bon vendeur saura justifier ces 40 euros mensuels en expliquant qu’il doit être possible de les rentabiliser sur la consommation, sur le prix de la carte grise, sur la libre circulation en cas de pollution et en jouant sur la fibre écologique qui sommeille en nous et en insistant sur sa valeur résiduelle plus forte lors de la revente et en spécifiant que l’hybride est équipée d’une boîte auto facturée 1200 euros (une CTV) sur la thermique. Vu sous cet angle positif, l’Hybrid devint bien plus attirante.

Pourtant l’écart de consommation n’est pas terrible. Avec mon collègue du journal Le Parisien, en roulant cool, nous avons lu 4,4 l sur l’ordinateur de bord sur un parcours plus routier qu’urbain contre 5,5 l environ avec la version essence équipée d’un nouveau bloc 4 cylindres 1500 cm3 111 ch dont la consommation a été abaissée de 12 % Un moteur si silencieux au ralenti qu’on ne l’entend plus et qui laisse imaginer qu’elle a un Start-Stop ce qui n’est pas le cas. Disparu car trop coûteux et peu rentable. Sur un parcours essentiellement urbain où la Yaris peut seulement rouler 2 km en mode électrique, l’écart aurait été supérieur. Toyota affirme, qu’en ville, une Yaris fonctionne la moitié du temps en mode 100 % électrique. J’en doute un peu mais dans certaines conditions spécifiques, cela doit être possible.

Les feux rouges inédits liés à un nouveau dessin du hayon et à un bouclier différent élargissent visuellement la voiture

Les feux rouges inédits liés à un nouveau dessin du hayon et à un bouclier différent élargissent visuellement la voiture

Pas d’évolution technologique

Le journaliste auto fait la grimace lorsqu’il apprend que depuis 15 ans et aprés 10 millions de voitures produites, Toyota n’a pas amélioré son hybridité. La Yaris fait toujours appel à des batteries au plomb et à un train épicycloïdal pour transmettre la puissance dont le vice majeur est de méchamment mouliner dès qu’on s’excite sur l’accélérateur. C’est une erreur car une hybride favorise une conduite plus apaisée. D’ailleurs, les possesseurs de Yaris Hybrid ont moins d’accidents que les conducteurs de thermiques. On aurait aimé plus d’innovations qui arriveront certainement avec la nouvelle Auris. Mais cet amortissement permet justement à Toyota de la proposer à des tarifs plus compétitifs. Serait-on acheteur d’une Yaris plus coûteuse de 2000 euros et plus moderne au plan de l’hybridité ? Il ne faut pas oublier qu’il en sort une toutes les 72 secondes des chaînes de l’usine de Valencienne.

L'instrumentation a été revue avec des compteurs de même diamètre, les aérateurs sont aussi nouveaux tandis que les matériaux sont de meilleur qualité

L’instrumentation a été revue avec des compteurs de même diamètre, les aérateurs sont aussi nouveaux tandis que les matériaux sont de meilleur qualité

En conduisant sans forcer, nous avons lu 4,4 l sur l'ordinateur de bord. Certains confrères ont réalisés des consommations inférieures à 4 litres !

En conduisant sans forcer, nous avons lu 4,4 l sur l’ordinateur de bord. Certains confrères ont réalisés des consommations inférieures à 4 litres !

900 pièces modifiées

Si la Yaris hybride n’a pas évolué en plan technologique en conservant l’ancien 1500 cm3 délivrant 100 ch cumulés, elle a encore modifié son look. Au total près de 900 pièces ont été changées. Deuxième restylage depuis son lancement en 2011. Moins la partie avant toujours aussi agressive, davantage la partie arrière aux feux type C-HR qui l’élargit au plain visuel. Les modification ont surtout porté sur la confort de la suspension, direction, la finition avec une planche de bord plus valorisante, une sellerie plus chaleureuse et surtout avec une amélioration de l’isolation qui a fait de d’honorables progrès notamment sur l’hybride dont l’insonorisation a été davantage soignée au niveau du moteur (admission, échappement, joints moteur).

Le résultat est globalement positif. Si j’avais à choisir entre l’essence 1500 et l’hybride, je serai rudement embêté même si je n’ai pas une fibre écologique très exacerbée. Comme disait le regretté Pierre Desproges ; le doute m’habite.

Les sièges sont bien dessinés mais la position de conduite n'a pas séduit tous les essayeurs. La Chic adopte des sièges mi-cuir mi-tissus

Les sièges sont bien dessinés mais la position de conduite n’a pas séduit tous les essayeurs. La Chic adopte des sièges mi-cuir mi-tissus

La face avant a été revue avec une calandre en nid d'abeille habillée d'un nouveau bouclier

La face avant a été revue avec une calandre en nid d’abeille habillée d’un nouveau bouclier

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17 commentaires au sujet de « Toyota Yaris hybride : pourquoi pas ? »

  1. JP

    L’automobile ce n’est pas que des facteurs objectifs mais aussi du rêve. Et pour certains le rêve c’est l’hybride ! (Tecnologie de pointe, image de cette motorisation…) Même le président était bluffé par la motorisation de la prius 4.

    Voila pourquoi ça se vend. Au delà des critères objectifs. Et pour la moulinette, c’est pour optimiser la consommation. On peut pas avoir le beurre et la crémière…

    Sinon c’est le top POA. Une proposition bien différente aussi dans les medias automobile.

  2. circonspect

     » La Yaris fait toujours appel à des batteries au plomb et à un train épicycloïdal pour transmettre la puissance dont le vice majeur est de méchamment mouliner dès qu’on s’excite sur l’accélérateur  »
    Que d’erreurs et d’approximations dans cette phrase .
    D’abord la chimie de la batterie de traction est de type NiMH et n’est pas une technique obsolète . Elle s’avère particulièrement adaptée à la motorisation hybride par sa capacité à absorber les cycles décharge/charge , et sa grande fiabilité . Les batteries de Prius de plus de 10 ans sont dans la très grande majorité des cas toujours en excellente santé .
    Ensuite , la sempiternelle référence à la sensation de moulinage, est due au fait que quand on appuie brusquement sur l’accélérateur , le moteur gronde – comme sur n’importe quelle voiture thermique – et fait passer l’environnement sonore du silence au bruit , sans transition , ce qui surprend . Mais cet événement ne dure que quelques secondes le temps que s’établissent les équilibres entre les moteurs thermiques et électriques . Mais la vraie question à se poser est celle des reprises . Celles-ci sont plutôt dans la moyenne supérieure de la catégorie ; donc ce désagrément momentané , mais sans aucune vibration désagréable . n’affecte en rien l’efficacité des performances.
    Enfin , le dénigrement du train épicycloïdal , est purement idéologique . Cette technologie a fait la preuve d’une incroyable fiabilité , d’une très grande compacité (la taille du train épicycloïdal d’une Prius est comparable à une canette de Coca ), et surtout permet de se libérer d’un certain nombre d’accessoires générateurs de pannes récurrentes sur les motorisation classiques. Je cite :
    – pas de boite de vitesse
    – pas d’embrayage
    -pas de démarreur
    – pas d’alternateur

    auxquels j’ajoute une spécificité des Toyota hybrides , pas de turbo ; et enfin un effet bénéfique due à la récupération d’énergie , une longévité exceptionnelle des disques et plaquettes de frein et des pneus ( grâce à la douceur de fonctionnement de la transmission ).

    1. Patrick

      Sur le papier le train épicycloïdal c’est peut être génial comme le moteur rotatif décevant dans la vraie vie. J’ai vendu rapidement ma Lexus 200 à cause, en partie de ce bruit de moulin à café lorsqu’on accélérait et de son habitabilité trop réduite. On sent que les acheteurs de Toyota hybride veulent justifier le bien fondé de leur achat ! Moi, je me suis bien trompé avec la lexus !

    2. Ed

      Je ne vois pas le rapport entre l’usure des pneus et une hybride….
      Pour avoir testé plusieurs fois les Yaris Hybrid de mon travail en région parisienne, elle a de belles qualités, silence, douceur de fonctionnement en mode cool, mais au final tout est gâché par cette horrible boite CVT, la moindre accélération et le moteur mouline et grogne sans pour autant donner l’impression d’accélérer comme il se doit. Sur le périphérique et dans les côtes c’est une horreur. Concernant la conso, l’ordinateur de bord donne 5.5… ce qui ne me paraît pas fantastique par rapport à ses concurrentes essences.

  3. Nabuchodonosor

    Lorsque l’on appuie sur le champignon le moulin semble s’emballer car il n’est pas en charge sur l’un des pignons de la boîte vu qu’il n’y a pas de boîte, un peu comme si l’auto était suspendue en l’air, le moteur monte donc facilement dans les tours avant que la transmission CVT ne régule en fonction du besoin, soit de la demande de votre pied. Je crois comprendre qu’il s’agit de deux cônes inversés, l’un à la sortie du moteur, l’autre raccordé au roues motrices, reliés par une courroie qui s’ajuste indéfiniment comme une infinité de pignons… le système est donc simple, économique, durable, en un mot efficient. Il n’est cependant pas adapté aux Schumacher du dimanche sponsorisés par un groupe pétrolier…
    Quant aux batteries Nimh ( Nickel-métal… le dernier ferme la porte), je peux vous dire qu’elles sont éprouvés. Un chauffeur de taxi serait plus prolixe encore, mais pour ce qui me concerne 300 000 km en 10 ans sans le moindre pépin auront forgé mon opinion.
    :-)

    1. Nabuchodonosor

      Sur une infinité de pignons.
      Le moulin qui voit son compte pénibilité réduit à zéro vous en sera reconnaissant !
      :-)

  4. ThierryH

    Pourquoi nous parler encore et toujours du moulinage alors que ce dernier n’intervient que moins de 1% du temps de roulage ?
    De même, pourquoi donner des valeurs de consommation sur un parcours à dominante route alors que c’est une citadine ?
    La différence de consommation entre la 1500cc et l’hybride doit être largement plus grande en ville et donc l’amortissement doit être beaucoup plus rapide.

    1. Jean

      1 % ! Vous ne devez jamais rétrograder ! j’ai essayé une Auris hybride que je n’ai pas achetée à cause de sa boîte de vitesses qui n’arrête pas de mouliner dès qu’on appuyais sur accélérateur. Tant que Toyota n’équipera pas ses voitures hybrides d’une vraie boîte auto, je n’en achèterai pas. Mais comme le dit cet article, ce sera plus cher !

    2. ThierryH

      Rétrograder alors qu’il n’y a pas de boite de vitesses, c’est difficile !
      Les moteurs hybrides de Toyota ne sont pas fait pour la conduite sportive. Le fameux « moulinage » n’arrive que lorsque l’on veut accélérer franchement. Ce qui est rare en ville. Et en dehors, ça mouline le temps d’arriver à la vitesse de croisière et ça se calme après. Donc, oui, 1 % du temps de roulage.
      Toyota ne peut pas mettre de boite de vitesses sur ses hybrides car c’est justement grâce au train épicycloïdale qu’il lui est possible d’aller beaucoup plus loin que la concurrence en terme d’abaissement de la consommation.

  5. Chapman

    Je suis séduit avant tout par la douceur de fonctionnement d’une auto. Les hybrides ont cette qualité. Je n’en possède pas encore une mais cela arrivera probablement lors d’un prochain changement. J’opterais alors pour une hybride rechargeable, plus adaptée à ma situation campagnarde. Pour la douceur aujourd’hui j’ai une boite CVT (détestée par les essayeurs) que j’adore car elle calme mes emportements par sa douceur de fonctionnement.
    Mon entreprise m’avait loué une Yaris D4D pour un stage il y a quelques années……j’avais détesté sa brutalité.
    Mais je suis de parti pris, je déteste le diesel…….depuis toujours.
    😉

  6. Claude

    je ne ne voyais pas l’intérêt d’acheter une Yaris en hybride; A la lecture de cet article, je comprends mieux son succès. On oublie qu’un bon vendeur peut tout vendre !

    1. Guillaume

      J’en ai une, le vrai paradoxe, c’est qu’on argumente en terme de LOA alors qu’en fait ce genre de véhicule est surtout interessant sur le long terme. un TCO proche d’une dacia en fait.
      Pas d’alternateur, pas de demarreur, un moteur essence atmo a chaine. Un système hybride qui ne nécessite pas d’embrayage actif (il y en a un mais il est juste la pour absorber les vibrations)
      Bref, pas de courroie de distribution, pas de courroie d’accessoire, pas d’embrayage, Une évolution du bloc éprouvé dans la prius 2, batterie de traction nimh (trés peu de défaillance a ma connaissance), des petits pneu (15 pouces c’est – de 150 € pour une paire de michelin monté).

      C’est pas un citadine c’est un char d’assault…

    2. Alan Lambert

      D’accord avec @Guillaume, c’est sur le long terme que l’on économise le plus (j’ai une prius 3 depuis Août)
      On peut ajouter aussi que la carte grise est gratuite dans la plupart des départements (même en occasion!) Et la réduction de 100€ la première année en assurance (maaf) et elles sont peu coûteuse en assurance généralement car la puissance fiscale du moteur essence n’est pas élevée (prius 3 136ch, 5cv fiscaux car moteur essence de seulement 98ch)