La Seat León X-Perience mérite-t-elle d’investir 35 000 € ?

Par Patrice Vergès. La question est abrupte mais très élémentaire. Un acheteur est-il prêt à dépenser 35 000 euros pour une voiture, aussi bonne soit-elle, badgée Seat ?

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 Sur routes hivernales, la Seat X-Perience comme toutes les 4 WD apporte un gain notable en sécurité

Pourquoi ça tombe toujours sur moi d’essayer des voitures du groupe VW ? Après le Touareg, voici la Seat X-Perience avant la Golf GTE. Produits qu’on retrouve sensiblement à l’identique au sein des marques du groupe et dont il est difficile de cerner la spécificité et l’identité. Pourquoi acheter l’une plutôt que l’autre ? Seat est la marque la moins identifiable des quatre et justement c’est elle qui vend le moins avec environ 370 000 voitures par an, loin derrière Skoda ou Audi et encore plus de VW.

Plus sexy

Seat essaie de monter en gamme et en image sans mordre celle des autres.  Un exercice infiniment ardu pour le constructeur ibérique qui ne semble pas être l’enfant préféré de la famille. Quelle est la valeur ajoutée de la Seat León X-Perience bâtie sur le break ST équipé d’une transmission intégrale Haldex déjà vue sur la Golf FourMotion et la Skoda Octavia Scout ?

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Sur la neige, ses capacités d’adhérence lui permettent d’emprunter les chemins et de sortir de tous les mauvais pas

Certainement moins de raideur dans sa silhouette et plus de chaleur dans la finition (Octavia), moins d’ostentation (Audi) et plus de latinité dans la présentation (Golf) et globalement plus d’émotion. Le résultat n’est pas si mal. La voiture a de l’allure avec un design extérieur bien sculpté et une planche de bord au dessin plus aérien. Brièvement, elle se distingue de la ST classique par sa garde au sol surélevée de 2,7 cm, ses élargisseurs de passage de roues ainsi que des boucliers différents qui lui donnent un physique plus agressif surtout si on succombe aux roues de 18 pouces facturées 420 euros. Entre parenthèse, j’adore son nom qui me fait penser au groupe Jimi Hendrix Expérience des sixties.

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La planche de bord est sympathique. Dommage que les rétros extérieurs offrent une rétrovision réduite

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Ses sièges surélevés de plus de 6 cm par rapport à la ST améliorent l’accessibilité et la visibilité

Amusante à conduire

Sa transmission intégrale (Haldex) encore améliorée lui permet de passer de 2 à 4 roues motrices en quelques millisecondes. Sur la neige et la glace, elle nous séduit par son adhérence comme l’auraient certainement fait la Skoda ou la Golf voire l’Audi équipée d’une transmission plus sophistiquée Torsen. Enfin, sur routes sèches, on peut presque parler de voiture sportive tant elle réagit bien en s’inscrivant avec gourmandise dans les virages serrées auxquels elle s’enroule avec habileté grâce à sa direction réactive et légère qui fait oublier ses 1500 kilos à vide. Cette transmission permanente de 5eme génération a été encore améliorée dans ses analyses comportementales. Dans le cas de la Seat, elle serait paramétrée pour apporter davantage de plaisir de conduite que chez les autres.

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La capacité de son coffre qui varie de 587 à 1470 litres est inférieure à celle de la Skoda Octavia

110 à 184 ch en TDI

La plus vendue devrait être la motorisation 2 litres TDI 150 ch bien connue qui anime tout le groupe VW. Un moteur tonique à tous les régimes, économique et silencieux.  Reste à évoquer les tarifs. La León X-Perience est proposée en une unique version bien pourvue pouvant être enrichie à l’aide de packs aux prix plus raisonnables que ceux des cousins d’Audi. La gamme débute à moins de 30 000 euros pour la TDI 1600 cm3 110 ch pour grimper à près de 40 000 en TDI 184 ch équipée en série de la boîte DSG, agrémentée de divers packs comme les jantes 18 pouces, d’un GPS plus lisible ou d’un intérieur cuir.

A moins de 30 000 euros, la version TDI 150 ch est déjà suffisamment tentante pour la majorité des automobilistes. Pas la peine de préciser qu’à équipement égal, la X-Perience est moins chère qu’une Audi, car celui qui désire une Audi n’achètera jamais une Seat malgré l’écart de prix. C’est parfois le concessionnaire qui bouleversera son apriori avec une valeur de reprise plus intéressante. Pour clore, la réponse à la question du début est oui ; il est raisonnable d’investir autour de 30 000 euros dans une voiture aussi plaisante à conduire et autant sécurisante. Quant au nom, achète-on une voiture pour soi ou pour les autres ?

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La version essayée était chaussée de roues de 18 pouces plus flatteuses à l’œil

Rencontre en janvier 2014 avec la Seat Leon ST / épisode 1

Rencontre en janvier 2014 avec la Seat Leon ST / épisode 2

 

L’avis des Petits Observateurs !

11 commentaires au sujet de « La Seat León X-Perience mérite-t-elle d’investir 35 000 € ? »

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  1. stan

    Merci Patrice de lancer un débat qui me trotte dans la tête depuis un certain temps car possesseur d une A3 8V Sportback quattro s tronic 184…
    Depuis sa sortie, cette SEAT LEON frise selon moi la perfection dans son segment.
    Elle dispose des mêmes atouts que l Audi A 8V et la Golf sur le plan dynamique (même chassis) et technologies strictement identiques : Haldex de 5 ème génération, boîte DSG et moteurs.
    Et sa ligne n a pas grand chose à envier à l AUDI et à fortiori à la GOLF 7.
    Le plus étonnant dans l histoire est que VAG a donné dès 2013 la primeur des moteurs les plus puissants à la SEAT sortie en même temps que la Golf 7 et l’ AUDI A3 8V.
    Alors, la diffusion de cette voiture en FRANCE dépend amha bien davantage de la qualité de son réseau de distribution que de la voiture elle même.
    Dans mon coin, le concessionnaire est implanté depuis longtemps et il est très commerçant, la LEON fait un carton et donc un tord énorme à l AUDI et à la GOLF ; on y croise bien davantage de LEON que de GOLF 7 ou AUDI A3 8V. Elles sont d ailleurs très souvent badgés FR et très optionnées.
    La clientele est plutôt jeune et consciente d’acheter une Audi au prix d une SEAT… avec un frein à mains imposant comme seule vraie différence…
    Je ne serai pas étonné qu avec une gamme plus étendue et un réseau rapproché de celui des gros concessionnaires VAG, SEAT grignote à terme des parts de marché à nos frenchies.
    Je crois d ailleurs que 2014 est une année de progression à 2 chiffres pour SEAT en EUROPE grâce à la seule LEON…
    @+
    Stan

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  2. Yvon

    J’ai eu dans les années 90 une Seat Ibiza que j’avais achetée car elle était moins chère qu’une R5 ou 205. Elle n’en avait pas la fiabilité mais elle donnait beaucoup pour son prix et était agréable à conduire. Aujourd’hui les Seat sont aussi chères que les Renault et Peugeot mais ont conservé cette image de voiture bon marché qui n’est plus en adéquation avec leurs produits. Mais pas dans l’esprit des gens. C’est dommage!

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  3. Jean Pierre

    Cherchez l’erreur. Seat vend 350 000 voitures par an, Skoda plus d’un million, Audi 1,8 million. La marque espagnole n’a pas su trouver son identité trop proche de VW pour un tarif à peine inférieur et une valeur de revente incomparable comme le dit un précédent lecteur. VW aurait du la cantonner dans le low cost comme Renault a si bien réussi avec Dacia

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  4. Samuel (POA Belgique)

    Très honnêtement, à choisir : je prends la Skoda Superb Combi Offroad … places royales à l’arrière, coffre plus vaste, aspect bien plus statutaire (au moins ne fait-elle pas « break allongé ») pour un tarif, ristournes actuelles déduites, à peine plus élevé à équipements équivalents.

    Par contre, s’il faut choisir un design, je choisis la Volvo V60 version baroudeur, avec son coffre de compacte…

    Mais, j’avoue, je n’ai jamais adhéré à Seat… Bref, à mon sens, c’est une question de goûts car les produits se valent (qui a dit « clones wars »??)

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  5. Stéphane.nc

    Bonjour Patrice

    Très bon article qui pose de bonnes et justes questions sur les limites (?) et les contraintes de gestion d’un portefeuille de marques étendu.

    Quant à l’échange -agréable à suivre-de Renaud et de Cédric sur la standardisation et la normalisation des équipements je ne résiste pas à mon penchant « contrarian » en me demandant si dans des voitures qui se ressemblent de plus en plus avec des prestations sommes toutes proches, sur un réseau routier de plus en plus contrôlé , l’ultime plaisir ne résiderait pas dans la découverte des spécificités de chaque modèle. Personnellement j’aime bien en louant des voitures différentes decouvrir les differentes commandes et fonctionnalités . Je ne trouve pour ma part pas que VAG établisse les standards préférant l’ergonomie BMW exemple.
    Et puis combien de conducteurs utilisent 100% des technologies embarquées ?

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    1. chapman

      cette réflexion sur la standardisation trouve un écho chez moi, je regrette le temps ou il fallait plusieurs milliers de kilomètres pour se mettre la voiture en main. D’une part je trouvais ça amusant et même parfois valorisant, en regard de la difficulté. Prenez l’exemple de la Citroën DS; dieu sait que son éloge n’est plus à faire et pourtant avec son levier de vitesse, son bouton de frein et sa théorie de commandes disposées au petit bonheur sur le tableau de bord, elle nous a fait transpirer la bougresse! (pardonnez cette familiarité, c’est de l’amour, rien que de l’amour)

  6. Teddy

    La question finale est excellente. Malgré le fait que cette Seat soit une bonne voiture (du moins autant que ses homologues tchèque et allemandes), je suis persuadé que beaucoup de conducteurs sont attachés à l’image qu’ils renvoient au volant de leur voiture. Bien que la Leon dégage une impression de qualité, son logo n’est pas assez « prestigieux ». Mais je pense qu’il faut oser franchir le pas, pour faire changer les a priori et valoriser l’image de cette marque qui équivaut à mon sens à Volkswagen (avec une pointe (certes légère) d’originalité en plus).

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  7. Serge Babot

    Vous posez la bonne question mais je crois qu’on ne peut pas opposer la Seat à l’Audi à la technologie plus sophistiquée. Je pense qu’il faut la comparer à la Golf et la Skoda bien plus vaste. Pour ma part, je prendrais la Golf qui aura une valeur de revente bien supérieure à celle des Skoda et surtout Seat

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    1. stan

      Dsl de vous contredire mais l A3 8V sortie en 2012 dispose exactement de la même technologie (c est un Haldex de 5ème génération parfaitement identique à celui monté sur la SEAT) ; le système Torsen est réservé aux A4 et >. Il a notamment l’avantage de ne pas faire trop grimper la conso.
      Je sais de quoi je parle car je conduis à titre professionnel une A3 8V quattro s tronic 184. C est une voiture exceptionnelle à conduire sur route glissante car legere et avec des pneus (Michelin Alpin 4) pas trop larges. Cette SEAT a donc amha les mêmes qualités routières que mon AUDI qui est au demeurant bcp plus chere…

  8. Thibaut Chatel

    Merci Patrice. Je la trouve belle cette auto.
    On est loin des années 60 quand en Espagne on retrouvait des Fiat 600 (et autres modèles) qui s’appelaient Seat. Surtout avec ce système 4 roues motrices qui semble parfaitement au point.

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