Saga des voitures moches (18) : Japoniaiseries

Par Patrice Vergès. La soif d’innovation et l’esprit inventif des constructeurs japonais et coréens qui ont toujours défriché de nouveaux segments les a parfois poussés à produire des voitures trop innovantes qui ont dérouté leurs acheteurs.

Le Nissan Cube a mal tourné

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Il faut croire que les Européens et surtout les Français ont mauvais goût. Né en 1998, décliné en plusieurs générations, le Nissan Cube a su séduire une clientèle en quête d’originalité. Il était super branché de rouler au volant de cette boîte à roulettes au Japon dans les années 2000. Face à son étonnant succès, Nissan a décidé de l’importer chez nous en 2010. Son originale silhouette cubique aux surfaces vitrées systématiquement arrondies à leurs extrémités, ses étonnants flancs asymétriques notamment sa curieuse porte arrière favorisant la visibilité, ses gros boucliers, son ambiance intérieurs très « feng shui » ont laissé sceptique les utilisateurs français.

Bâti sur la base de la Micra, il offrait des performances honnêtes, une habitabilité honnête, des prix honnêtes, une garantie honnête de 3 ans mais… Il y a eu un rejet sur sa silhouette qu’on peut trouver un poil trop lourdingue tout de même.  A part certains amateurs recherchant systématiquement l’originalité, il n’a séduit que quelques milliers d’amateurs en trois ans d’importation. Il continue sa belle carrière autant au Japon qu’aux Etats Unis où il est toujours vendu. Quand aujourd’hui, j’aperçois une Kia Soul, j’ai envie de crier « Sors de ce corps, Cube ! »

Mazda 121 la voiture de Mickey !

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On peut dire que la Mazda 121 a lancé la mode des voitures hautes en 1990. Par rapport aux voitures de son segment, elle affichait une douzaine de centimètres supplémentaires en hauteur avec 1,47 m contre 1,35 m en moyenne. Aujourd’hui, c’est la hauteur du segment mais pas en 1990 où les voitures étaient beaucoup plus basses. C’en est presque étonnant ! Le blème, c’est que Mazda les avait concentrés uniquement dans la hauteur du pavillon qui affichait une jolie forme arrondie comme celle de la 2 CV de papa. Son pavillon rondouillard n’était pas laid même s’il semblait démesuré opposé à la hauteur assez réduite des flancs de la partie basse de la carrosserie au demeurant réussie. Mais comme elle avait conservé une assise très basse, on ne comprend pas quel l’intérêt d’une immense garde au toit qui ne servait strictement à rien comme sur la 2 CV de papa.  Mais on en connait les raisons sur la Citroën.

Revenons à la Mazda surnommée « la voiture de Mickey » car elle amusait beaucoup les jeunes enfants dans la rue. Moins les adultes même en version Canvas Top équipée d’un agréable toit ouvrant électrique. En redessinant la 121 devenue Mazda 2, le constructeur d’Hiroshima est revenu à une hauteur plus basse si l’on peut parler ainsi.

Hyundai Atos Prime. Ce n’était pas un cadeau !

Hyundai Atos Facelift 2005

 Au début des années 2000, la petite citadine Hyundai Atos n’a pas séduit certainement à cause de sa silhouette trop haute et trop cubique comme coupée à la serpe. Hyundai a donc adouci ses formes sur la version Prime et abaissé son pavillon de 4 cm (1,58 m) pour lui donner un profil plus élancé et moins cubique. Las, c’est quand le médicament est plus dangereux que la maladie. La Prime était carrément disproportionné hésitant entre deux tendances antinomiques avec un capot trop court et trop pentu s’achevant par une bouche étriquée, un pavillon mollasson à la surface vitrée rondouillarde, des flancs hauts et trop plats le tout monté sur de minuscules roues qui donnaient le sentiment qu’on allait « verser » dans chaque virage. L’Atos Prime n’a vécu que deux ans de 2002 à 2004. On comprend pourquoi !

Nissan Micra C+C. Tu pars ou tu reviens ?

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 La Nissan Micra 3e génération (K12 pour les intimes) qui a vécu de 2002 à 2010 a étonné par sa silhouette dérangeante qui n’a pas fait l’unanimité obligeant ce constructeur à revenir à une ligne moins clivante pour celle qui la remplace aujourd’hui. Réalisée sur la base Clio, si cette Micra était originale, elle n’était pas moche. Loin de là. En revanche, le coupé cabriolet C+C qui en fut dérivé 3 ans plus tard l’était. Un arrière interminable prolongé de 9 cm pour accueillir le toit replié, un pavillon trop ramassé, une lunette à la 308 CC trop arrondie pour s’inscrire dans la rotation circulaire du toit, une ceinture de caisse trop molle en faisaient une voiture étonnamment déséquilibrée. On ne savait jamais si cette C+C arrivait ou bien partait ! Pourtant, elle ne manquait pas de points positifs avec une rigidité supérieure à la 206 CC, son toit vitré transparent réalisé par Karmann et son coffre qui était le plus vaste de sa catégorie avec 547 litres toit déplié. Hélas, son physique lui a été fatal et Nissan a rapidement arrêté sa production.

 

 

 

L’avis des Petits Observateurs !

9 commentaires au sujet de « Saga des voitures moches (18) : Japoniaiseries »

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  1. Valentin

    De tous les européens, l’automobiliste français est probablement celui qui attache encore le plus d’importance au côté statutaire du véhicule ou de la marque.
    C’est sans doute le marché où un véhicule peu conventionnel a le plus de mal à percer.

    Pour un étranger, c’est ce qui donne tout le sel de POA.
    Vous regardez encore l’automobile (y compris actuelle) comme le monde la voyait il y a 40 ou 50 ans. Et le monde de cette époque était celui de mes chers disparus…
    Une sorte de madeleine doublée d’une niche anthropologique automobile… 🙂

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  2. Antoine Franc

    Bonjour à toute l’équipe !

    Mon premier message sur POA !

    Je m’insurge 🙂
    Le cube n’est pas une voiture moche, mais originale et très attachante. 67000 kms et 5 ans presque après l’achat, j’ai toujours la banane au volant. Quand vous voulez je vous fait (re)découvrir mon cube en version « Concept » avec le velours en moumoute marron sur les sièges.

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    1. Meaulne

      effictivement une voirture très attachante , très pratique et très logeable … j’en ai une depuis 5000km ,, . on est vraiment bien dedans, un peu comme dans une charentaise sauf qu’en 2016 on a pas honte de sortir avec !!
      c’est moins anonyme que de rouler dans ces neo-mini ou fiat 500 que l’on croise à des millers d’exemplaire à chaque déplacement

    1. Renaud Roubaudi

      Pour moi la 121 est une réussite de style et le Cube est très intéressant dans sa démacrhe. Le succès commercial ou non ne change rien à l’affaire, les designers ont osé une approche originale et c’est cela le principal.

  3. Navigator84

    La première Cube n’avait en rien l’originalité des deux suivantes. Et la dernière Cube a tellement fait un flop commercial au Japon que Nissan a dû l’exporter en Europe et en Amérique du Nord pour assurer un volume, mais cela ne fut guère couronné de succès.

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  4. pierre

    effectivement , la renaissance de la Cube dans le …Soul a permis à KIA de renouer avec l’originalité, et les ventes, quand la première a échouée en Europe…………….comme quoi il faut souvent « naitre » au bon moment !

    quand à la Micra CC ce modéle était bien plus réussie techniquement que les 206 CC, car bien mieux fabriquée et fiable (les rossignols qui agrémentait les kilometres de la si médiocre 206 etaient sur la micra inconnus ), avec en prime un toit en verre transparent et une fiabilité mécanique supérieure.
    Cette Micra, meme si sa coupe était surprenante, a été une très bonne voiture urbaine bien plus originale que les 3 portes habituelles de ce segment.

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  5. Laurent

    Garde au toit énorme, pare brise peu incliné, montant arrière droit, grande surface vitrée, calandre verticale, voiture un peu jouet ne ressemblant à aucune autre, un peu Kia, j’ai repensé à la Nissan Cube qui avait retenu mon attention à l’époque en voyant les premières images de la Jeep Renegade.

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